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10/11/2018

COMMEMORATIONS.... REPENTANCE ?

23162.png.jpgChaque guerre des XIXè et XXe siècles a eu pour origine l'incompétence politique des socialistes au pouvoir. Chaque enfant de France, mort pour elle, a été sacrifié et assassiné par des hommes d'Etat qui, JAMAIS, n'ont payé le prix de leurs crimes. Rien ne sert de commémorer ou d'en appeler au devoir de mémoire tant que la vérité ne sera pas prise en compte.


Comme l'écrivait un Sage : "La vérité ne doit s'incliner devant aucune société. C'est la société qui doit s'incliner ou périr".


commémoration,histoire,repentance,11 novembreIl serait urgent de reconnaître cette vérité que l'on occulte sous les amnésies du temps et de se dire, comme Fénelon, que "La guerre est un mal qui déshonore le genre humain".
Les chrysanthèmes, les bleuets, les sonneries aux morts et les mots politiques creux et mensongers ne guériront jamais les pertes cruelles subies, sempiternellement, par toutes les familles de France.
Vouloir le pouvoir, sans en assumer la responsabilité, c'est oeuvrer à la destruction de son pays.


Et si "La vérité fait quelquefois des brèches, le mensonge fait toujours des ruines" (Jean Rostand), voilà où nous ont conduits deux siècles et demi de soi-disant "démocratie" soutenue par le pilier tout aussi mensonger de la devise "LIBERTE (provisoire), EGALITE (aléatoire), FRATERNITE (dérisoire) qui, malgré sa présence aux frontons des temples et des discours républicains est resté un chef d'oeuvre de PUBLICITE MENSONGERE.

Sonja G.

31/10/2015

NEC PLURIBUS IMPAR

00.jpgLa devise de Louis XIV a pu être comprise dans des sens différents dont les traductions se télescopent telles que :

- Au-dessus de tous

- A nul autre pareil

- S'agrandir

-Avoir conscience de la primauté ...

Elles ont toutes été empreintes, pour les esprits chagrins, d'une notion de "supériorité" fort mal interprétée, d'orgueil indécent et probablement de mépris pour le reste de l'humanité.

LOUIS XIV en avait expliqué le sens au Dauphin sous cette forme de réflexion : "suffisant seul à tant de choses, je suffirais sans doute encore à gouverner d'autres empires, comme le soleil, d'autres mondes, s'ils étaient également exposés à ses rayons".

Sa vision de "grandeur" pour le pays et pour la Monarchie ne laisse pourtant aucun doute sur sa nature glorieuse, sa politique rigoureuse et comme l'ont brocardé à satiété les voyous républicains (de toutes les tendances) : "une certaine idée de la France..."

Roi ou Soleil, Roi-Soleil, par son règne, il partage également la lumière en tous lieux, produit la vie, la joie et l'action dans une course constante et invariable, dont il ne s'écarte jamais et ne se détourne point.

S'agrandir, avoir conscience de la primauté... la devise NEC PLURIBUS IMPAR comme le nom Roi-Soleil traduisent ni plus, ni moins que le sens des DEVOIRS D'UN PRINCE.

Pas des DROITS comme la majorité des présidences non ! des DEVOIRS.... ceux d'un père à l'égard de sa famille, ceux d'un roi à l'égard de son "bon" peuple.

Les mots ont un sens auquel, entre autres, la vulgarité d'esprit s'est attaquée ; lorsqu'on le dégrade, l'idée elle-même s'estompe et finit par disparaître sans que le dommage causé soit réellement visible de prime abord. Hier nous avons abordé celui des mots gouvernement, gouvernance et règne et mis en exergue leurs différences fondamentales, subtilement dissimulées pourtant afin d'en recouvrir la réalité.

On aura tendance à prétendre que la devise "Au-dessus de tous" couvre tout l'orgueil de la Monarchie, c'est oublier un peu vite que 1200 années de REGNE ont construit la France et qu'il a suffi de 200 années de gouvernement et 20 années de gouvernance (sans fierté sans panache et sans honneur) pour mettre à bas cette oeuvre rayonnante qui a permis à la Monarchie de placer notre pays au premier rang mondial dans tous les domaines.

Sonja

26/01/2015

Stofflet, le 26 janvier 1796...

"Braves amis, le moment est venu de vous montrer. Dieu, le roi, le cri de la conscience, celui de l'honneur et la voix de vos chefs vous appellent au combat !! Plus de paix ni de trêve avec la république, elle a conspiré la ruine entière du pays que vous habitez.".

Telle est la proclamation qu'a adressé le général Stofflet à ses partisans, en leur demandant de se réunir prés de Jallais, sur les landes de Cabournes. Seront-ils nombreux à répondre à son appel ? Rien n'est moins sûr, car la politique de pacification menée par Hoche a fait la preuve de son efficacité. La liberté religieuse et l'abolition de la conscription ont satisfait les paysans, qui hésitent d'autant plus à reprendre les armes qu'ils savent que Hoche contrôle étroitement la région sur le plan militaire. Stofflet lui-même pense que cette nouvelle insurrection n'a guère de chance de réussir.

 "Nous marchons à l'échafaud, mais c'est égal. Vive le roi quand même ! "

Aurait-il dit à ses proches après avoir pris sa décision. Le retour du comte d'Artois en Angleterre, après les espoirs soulevés par sa venue à l'Ile d'Yeu, a découragé bien des bonnes volontés. C'est pourtant sur l'ordre du prince et de son frère, transmis par le comte Colbert de Maulévrier, que Stofflet fidèle, a rompu ce 26 janvier 1796 la paix conclue avec la République...

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11/11/2014

Charles de Habsbourg-Lorraine, le dernier empereur d'Autriche

113.jpg‘Depuis mon arrivée au trône, je me suis efforcé sans cesse de faire échapper mes peuples aux horreurs de la guerre, à la déclaration de laquelle je ne porte aucune responsabilité. {…} Toujours rempli, avant comme après, d’un amour immuable pour mes peuples, je ne veux pas que ma personne soit un obstacle à leur libre développement. {…} Je renonce à la part qui me revient dans la conduite des affaires de l’État. Le bonheur de mes peuples a toujours été l’objet de mes souhaits les plus ardents. Seule la paix intérieure peut guérir les blessures de cette guerre.’

Telle est la dernière déclaration du Bienheureux Charles de Habsbourg, en tant qu’empereur d’Autriche-Hongrie. Datée du … 11 novembre 1918, elle met fin à son autorité politique, signe l’arrêt de mort d’une dynastie sept fois centenaire. L’empereur l’a paraphée au crayon, sous la pression fébrile des lâches ministres de paille qui l’entourent, intéressés par leur seule survie politique. Ceux-ci ont largement surestimé l’ampleur de l’insurrection populaire, coupablement minimisé les forces vives favorables au maintient de la double monarchie.

Toujours empereur et impératrice, puisque n’ayant au sens strict du terme pas abdiqué, Charles et Zita vont réagir avec toute la dignité due à leur rang à l’injuste spoliation politique, historique et économique dont ils sont les victimes. Réfugiée au château d’Eckartsau, à une heure de Vienne, la famille impériale se tient à distance du jeu politique de la toute fraîche République de l’Autriche allemande et des tribulations hongroises. Pourtant, sa simple présence dérange. Ses ennemis continuent de la craindre : un geste de l’empereur pourrait suffire à rallier ses nombreux partisans. Il faut mettre la famille impériale hors d’état de nuire. Contraints, Charles et Zita quittent l’Autriche pour la Suisse.

Charles et Zita vont réagir avec toute la dignité due à leur rang à l’injuste spoliation politique, historique et économique dont ils sont les victimes.

De son exil suisse, l’empereur œuvre avec tous les moyens à sa disposition pour le non-rattachement de l’Autriche à l’Allemagne. Avec succès. Privé injustement de son trône, il se dépense sans compter et sans rancœur pour le bien de son peuple, adoptant un attitude dont peu d’hommes politiques de l’époque, et encore moins de la nôtre, peuvent se targuer.

 

Source : ICI

19/10/2014

La révolution orléaniste de 1830

Les causes de l’insurrection de 1832

caricature.jpgEn 1830, le roi légitime Charles X est renversé par Louis-Philippe, rejeton de la branche cadette d’Orléans porté par la haute-finance. Si dans la monarchie traditionnelle, le roi tient son autorité de Dieu et l’exerce pour le bien commun, l’usurpateur Louis-Philippe ne peut invoquer cette transcendance, aussi se réclame-t-il de la Révolution dont il revendique l’héritage et poursuit les persécutions contre l’Église et tous les fidèles de la France traditionnelle. Subversion, conscription, assassinats, barbaries, viols des sépultures et autres crimes planifiés par le nouveau pouvoir politique placent alors la population en état de légitime défense et suscitent l’insurrection contre-révolutionnaire de 1832.

25/08/2014

Saint-Louis, Roi de France

St-Louis.jpgLouis IX, né en 1214 et devenu roi de France à l'âge de douze ans, fut très pieusement élevé par la reine Blanche, sa mère, qui lui apprit à préférer mourir plutôt que de commettre un péché mortel. Il aimait à s'appeler Louis de Poissy, lieu où il avait été baptisé, pour marquer que son titre de chrétien était son plus glorieux titre de noblesse. « Méprisant les délices du monde, il ne chercha à plaire qu'à Jésus-Christ, le vrai Roi » et fut, dit Bossuet, « le roi le plus saint et le plus juste qui ait jamais porté la couronne ». Assidu aux offices de l'Église, il les faisait célébrer solennellement dans son palais où il entendait quotidiennement deux messes. A minuit, il se levait pour les Matines et commençait par l'office de Prime sa royale journée. Il introduisit dans sa chapelle la coutume de fléchir le genou à ces mots du Credo Et Homo factus est, et de se prosterner à l'endroit de la Passion où il est dit que Jésus-Christ expira; ces deux pieuses pratiques ont été ensuite adoptées par l'Église. « Comme il avait oui dire que quelques-uns des nobles murmuraient de ce qu'il entendait tant de messes et tant de sermons, dit Joinville, il répondit que s'il employait le double de temps à jouer aux dés ou à courir par les forêts pour la chasse, personne n'y trouverait sujet de parler ». Sa piété ne l'empêcha jamais d'ailleurs de donner la plus grande partie de son temps aux affaires de son royaume.

A la suite d'une maladie, il fit vœu d'entreprendre une croisade pour reconquérir Jérusalem. D'abord victorieux, il tomba ensuite entre les mains des Sarrasins. Lorsqu'on lui eut rendu la liberté, il demeura encore quatre ans en Orient pour secourir les chrétiens. Revenu en France, il s'appliqua à de nombreuses fondations pieuses et fit élever la Sainte-Chapelle, comme insigne reliquaire de la sainte couronne d'épines et de l'importante parcelle de la vraie croix que lui avait offertes Baudouin II, empereur de Constantinople. D'une grande austérité pour lui-même et d'une grande charité pour les autres, il disait: « Mieux vaut pour un roi se ruiner en aumônes pour l'amour de Dieu qu'en faste et vaine gloire ». « Maintes fois, dit Joinville, il advint qu'en été il allait s'asseoir au bois de Vincennes après sa messe, et s'accotait à un chêne, et nous faisait asseoir autour de lui. Et tous ceux qui avaient affaire venaient lui parler ». Sergent du Christ, il portait continuellement la croix pour marquer que son vœu restait à accomplir, il entreprit en 1270 une nouvelle croisade, mais une épidémie décima son armée en Afrique et l'atteignit lui-même. Les bras en croix et couché sur la cendre, il rendit à Dieu son âme en 1270, à l'heure même où le Christ mourut sur sa croix. La veille de sa mort, on l'entendait répéter: « Nous irons à Jérusalem ». C'est dans la Jérusalem céleste, conquise par sa patience au milieu de ses adversités, qu'il devait régner avec le Roi des rois.

Source : Forum du Royaume de France

 

Saint-Louis est également le Saint Patron de la ville de Saarlouis en Allemagne, ville frontalière de la Lorraine bien connue pour les célèbres fortifications de Vauban. Chaque année l'inégalé Roi de France très Chrétien, y est honoré.

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14/12/2013

La contre-révolution en Lorraine sous l'empire

Dans son remarquable ouvrage sur le diocèse de Nancy. M. l'abbé Eugène Martin n'a rien omis et si je me permets aujourd'hui de glaner derrière lui, c'est seulement parce que j'ai pensé, en apportant quelques documents inédits, intéresser ceux qui ont la curiosité de connaître cette concordat.jpgépoque passionnante en France du culte catholique.

Le Préfet de la Meurthe en 1802 était Marquis : nommé à Nancy depuis le 2 mars 1800, il commençait à bien saisir l'esprit de ses administrés. Il devait sa nomination tant à ses sentiments modérés pendant la Révolution, qu'aux services qu'il avait rendus, lors de sa brève mission dans les quatre nouveaux départements de la rive gauche du Rhin, où il s'était révélé un administrateur de premier ordre. Dès son arrivée dans la Meurthe, il s'était efforcé de pacifier les esprits. Son prédécesseur sous le Directoire, le commissaire du pouvoir exécutif Saulnier, homme fort intelligent, mais très autoritaire, s'était montré souvent brutal surtout à l'égard des émigrés rentrés et des prêtres réfractaires qu'il avait poursuivi avec la dernière rigueur. Les populations étaient restés profondément attachés au catholicisme romain, même pendant le régime anti-religieux du Directoire et les efforts des commissaires du pouvoir exécutif pour faire admettre le culte décadaire et le calendrier républicain n'avaient pu triompher de leur obstination.

Avant de faire reconnaître le nouveau clergé concordataire, Marquis dans son « oeuvre d'apaisement ».., avait dû d'abord extirper les derniers germes du catholicisme intransigeant que maintenait à Nancy l'ancien Evêque La Fare, demeurés en relation avec quelques prêtres lorrains.

Su moment où Bonaparte reconstituait l'Eglise de France, il entendait que les prêtres devinssent de véritables fonctionnaires rentrant dans la hiérarchie de l'Etat : aussi s'il favorisait les uns, se montrait-il sévère envers ceux qui contrariaient sa politique.

Les rapports des préfets ne lui suffisaient pas : il les faisait compléter par les renseignements qui lui parvenaient de diverses sources. Ainsi sur un simple avis du législateur Faure (de la Haute Loire), qui transmettait une dénonciation concernant les prêtres rentrés dans le département de la Meurthe, le Ministre de la police Fouché demandait au Préfet des renseignements détaillés et lui prescrivait une enquête sévère (19 janvier 1802).

fouche.jpegIl y avait alors à Nancy un petit nombre de royalistes et de prêtres réfractaires qui se réunissaient dans la chapelle de l'hospice St-Julien et qui, suivant les rapports des agents secrets, étaient en relation avec les conspirateurs de Paris. « Au commencement de ventôse (février), disait-on, ce parti paraissait très satisfait et se flattait d'avoir acquis une grande influence sur les personnages les plus importants du gouvernement et d'avoir des amis dans le Sénat conservateur et le conseil d'Etat. Il comptait aussi beaucoup sur la nouvelle organisation du clergé qui, d'après ces calculs, devait être presque exclusivement composé de prêtre réfractaires et en conséquences dévoués à la cause des royalistes. »

Les personnes qui étaient désignées comme faisant partie de la « coterie papiste » et que le Préfet avait reçu l'ordre de surveiller depuis le 18 février, étaient les suivantes :

 

1. Vaubecourt-Nettancourt, ex-comte, prévenu d'émigration sous surveillance, ci-devant lieutenant-général des armées, âgé, peu de moyens, paraissant jouir d'une grande considération de la part des autres et vraisemblablement à cause de sa naissance et de son ancien titre ;

2. Ludre (Gabriel-Florent), ex-marquis, autrefois un des propriétaires les plus considérables du département, mais dont la presque totalité des biens a été vendue et sa femme, Madame de Ludre, qui l'a suivie dans l'émigration, non inscrite cependant sur la liste des émigrés ;

3. D'Hofflize (Christophe-Thiébaut), ex-chevalier, ancien capitaine de carabiniers, prévenu d'émigration sous surveillance ;

4. D'Hédival (Nicolas-Hyacinthe-Rousselot), ex-comte, prévenu d'émigration sous surveillance ;

5. Madame de Landreville. ci-devant comtesse, non prévenue d'émigration ;

6. Madame Garemdé, veuve d'un ancien conseiller au Parlement de Lorraine ;

7. Jacquemin, ex professeur de théologie,

8. Mollevaut, ex-curé de Nancy,

9. Mannessy, ex-chanoine de Reims,

10. Rollin, ex-curé de Rancy

(Les quatre derniers de cette liste cachés à Nancy et changeant souvent de demeure.)

 

Tels étaient les importants conspirateurs qui empêchaient le Ministre de la Police et surtout le Préfet de la Meurthe de respirer à l'aise, en cet hiver de 1802. Une volumineuse correspondance était échangée à leur sujet entre Paris et Nancy et, le 9 avril 1802, presque à l'heure où le Concordat était proclamé, le Préfet de la Meurthe recevait de Fouché l'ordre d'expulser de territoire français tous les prévenus dont nous venons de rappeler les noms.

 

Extrait de l'ancienne revue « Le pays Lorrain » numéro de 1906 :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k86162w/f220.image.r=le%20pays%20lorrain.langFR

05/10/2013

Les journées d'octobre

Les événements se précipitaient toujours dans le même sens : à chaque engagement la royauté perdait de son terrain, de ses forces et de ses chances. Elle recule le 27 juin 1789, elle recule le 14 juillet, elle recule les 5 et 6 octobre, et rappelle Necker au pouvoir ; et voilà qu'on l'a conduit à Paris, dans cette ville où elle n'est pas en mesure de résister à l'Assemblée...

La_Fayette_and_Marie_Antoinette_6th_october_1789.jpgCe n'est qu'au bout de sept heures de marche que le convoi de la royauté arrive de Versailles à Paris. Le peuple est aux fenêtres et contemple avec stupeur un spectacle qu'on ne décrira pas.

C'est dans cet appareil que la Fayette remet Louis XVI entre les mains de Bailly, Bailly dit au Roi :

- « Sire, c'est un beau jour que celui où Votre Majesté vient dans sa capitale avec son auguste épouse, avec un prince qui sera bon et juste comme Louis XVI... »

Puis il s'exprime au nom de Paris, dont il est maire, le voeu de voir Sa Majesté fixer sa résidence habituelle dans sa capitale. Le Roi répondit :

- « C'est toujours avec plaisir et avec confiance que je me vois au milieu des habitants de ma bonne ville de Paris. »

Bailly, se tournant vers le peuple dit :

- « Le Roi vient parmi nous avec plaisir ! »

- « Vous oubliez de dire et avec confiance", reprend la Reine Marie-Antoinette...

Ainsi se terminèrent ces tristes événements des 5 et 6 octobre, dont il n'est pas difficile, malgré les ténèbres dont les passions couvrirent, de distinguer les motifs réels.

 

Extrait de LOUIS XVII

A.DE BEAUCHESNE

05/09/2013

Conférence mercredi 16 octobre 2013 à 19H00 : Les massacres de septembre 1792

Lieu D.R.A.C 8 bis rue Vavin 75006 Paris (Métro Vavin)

Les massacres de septembre 1792, par Monsieur l'Abbé Nicolas Portail, professeur à l'institut Saint Pie X.


portail2.jpg« Les Massacres de septembre, ces exécutions sommaires et massives qui se déroulèrent du 2 au 7 septembre 1792 dans les prisons de Paris, sont un des épisodes les plus sombres de la Révolution française.
Aussi l'imagination des contemporains en fut frappée de stupeur. Certes, depuis 1789, le sang a déjà coulé bien des fois, mais jamais une telle manière, froide et calculée, n'a été employée. La "vengeance du peuple" s'est donnée libre cours. La Révolution est à un tournant décisif de son processus.

les-massacres-de-septembre-1792-abbe-nicolas-portail-.jpgLes avis des historiens sur les motifs de ces massacres sont très partagés, et une multitude de travaux a été réalisée sur ce sujet toujours brûlant. L'abbé Nicolas Portail offre ici une brillante synthèse de ces événements et leur interprétation. Après avoir dégagé les motifs de ces tueries, il suit pas à pas les opérations de la semaine sanglante, à la fois sur le terrain des prisons et dans les coulisses des assemblées révolutionnaires ; il tente enfin de dégager les responsabilités des meneurs de ce drame et les intérêts mis en jeu.
Cette passionnante étude rend justice aux bienheureux martyrs qui ont péri dans ces massacres, soulève le voile encore tiré sur les authentiques responsables et dit toute la vérité sur ce que fut « Septembre 1792 », prémices de la Terreur. »

 

Pour réserver les places, s'inscrire au secrétariat de l'IMB (Institut de la Maison de Bourbon) : 01 45 50 20 70

09/07/2013

Le 14 juillet, l'histoire falsifiée

bastille.JPGA l'approche du 14 juillet, nous ne pouvons trouver meilleur support que la lecture de l'excellent article du site Vive le Roy pour revoir notre histoire de France. L'histoire vraie, dégagée de toutes les fables et faussetés républicaines, qui depuis trop longtemps détournent les coeurs et empoisonnent l'âme des français. La réalité de cette prétendue « prise de la Bastille » est en définitive si peu glorieuse pour les meneurs de la Révolution, qu'ils n'ont pas hésité à la falsifier, allant jusqu'à inventer la libération d'un prisonnier qui n'a jamais existé ( le comte de Lorges )...

Méfions nous de l'histoire « officielle », et du formatage idéologique républicain, de ses mythes, de ses légendes et de ses symboles maçonniques qui ne respirent pas la France mais son contraire... Gardons bien à l'esprit que les républicains n'ont de cesse que de chercher à habiller comme des anges les oripeaux du diable, dans le but de masquer la Vérité.

(http://www.viveleroy.fr/La-prise-de-la-Bastille-le-14,103)

main-de-justice.jpg

25/06/2013

Saint Livier, le héros de 451

stlivier.jpgDès les premiers siècles, des missionaires avaient été envoyés de Rome dans les Gaulles pour les évangéliser et pour ériger des églises épiscopales dans ses principales cités.

Le pays des Médiomatriciens, dont Metz était la capitale et qu'une voie importante mettait en communication avec Rome, ne fut pas oublié par ceux qui gouvernaient l'Eglise catholique, l'un des premiers, il accepta l'Evangile et reconnut la puissance spirituelle du saint-siège. L'évêque missionaire de Metz s'appelait Clemens Flavius et appartenait à une famille sénatoriale de Rome. Ses successeurs, à son exemple, devinrent des saints et en formèrent plusieurs que l'Eglise honore. Le plus ancien de nos historiens, Paul Diacre, nous a donné sur quelques uns d'entre eux de précieux renseignements. Or parmi ces héros, sanctifiés et honorés, nous voyons figurer celui que nos pères appelaient : Monseigneur Saint Livier, fils de Honstrand seigneur du pays messin et de Guinarde de Gournay. Soldat martyr, particulièrement vénéré dans les Evéchés de Metz, Toul et Verdun, dans toute la région qui environne l'abbaye de Salival et la vallée de la seille.

D'après les Bénédictins, qui ont écrit l'histoire de Metz en 1775, saint Livier naquit au Vème siècle et son martyre eut lieu à l'époque de l'invasion des Huns commandés par Attila en 451. Metz, capitale des Médiomatriciens, que Ptolémée, dans sa géographie, nomme Divodurum Mediomatricorum, se distinguait entre toutes les autres villes, par son importance et sa population. Elle était l'un des principaux et des plus anciens établissements celtiques. Elle se trouvait au centre de la grande nation des médiomatriciens.

Respectée de ses dominateurs, elle avait sous sa dépendance des milices bien organisées, aguerries et commandés par de véritable hommes de guerre. Dans ces conditions on comprend qu'elle ait pu essayer de résister au flot des barbares qui l'inonda à la veille de Pâques en 451. Les Médiomatriciens se levèrent en masse pour repousser les envahisseurs et succombèrent glorieusement sous le nombre. Les églises et les sanctuaires furent détruits. Seul, le premier oratoire chrétien, élevé en l'honneur de Saint Etienne, fut sauvé, par l'intervention miraculeuse de Saint Clément, son fondateur.

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Le Château de Ladonchamps, qui faisait autrefois parti du patrimoine de saint Livier, a été cédé par un Gournay à la famille Lefebvre. (1)

L'armée Messine était d'environ quarante mille hommes. Cette armée se recrutait dans une population calme et paisible, peu remuante et peu ambitieuse, mais courageuse et ferme à l'heure du péril. La situation de Metz avait fait de la ville une forteresse bien gardée, et, de ses défenseurs, de bons et vaillants soldats qui ne redoutaient ni les surprises, ni les attaques, ni le nombre des ennemis. 

Saint Livier, jeune chef fut bientôt apprécié et aimé de ses soldats. On connaissait sa justice et son courage; il ne compta bientôt plus dans toutes l'armée que des coeurs qui lui étaient acquis. Il se mis avec un grand zèle à organiser, à instruire et à discipliner ses troupes; il veillait à tous leurs besoins, s'occupant des moindres détails, il se mêlait à ses soldats, les encourageait et développait leurs qualités militaires. Enfin chaque jour on sentait se resserrer les liens qui unissaient le jeune chef à son armée.

Maintenant si nous jetons un coup d'oeil sur l'état des esprits dans tout le pays messin, nous voyons la population inquiète et en proie a de tristes pressentiments. Les âmes pieuses redoutaient de grands malheurs; elles étaient convaincues que la société, amollie par la civilisation de l'empire des Césars, était en décadence et que Dieu voulait la transformer. On ajoutait à ces présages, que seule l'église de Saint Clément serait épargnée, pour perpétuer la mémoire de son apostolat à Metz.

attila-fleau-de-dieu-08-g.jpgVers 445, Attila règnait sur les Huns, peuple d'origine scytique établi dans la Pannonie. Il était le maître absolu d'un peuple nombreux qui ne se contentait plus d'adorer les idoles des anciens païens, mais qui rendait son hommage et son culte à la divinité sous le symbole d'une épée. Ce peuple répandu sur une grande partie de l'Europe, détruisait, ravageait, brûlait tout sur son passage : plus de cinq cents villes où places fortes avaient disparu, emportées par ce torrent dévastateur. En peu d'années cette multitude étendit sa domination sur toutes les provinces d'Allemagne et sur une grande partie de la Russie. On sait que les Gaulles ne furent pas épargnées.

A la fin de l'hiver 451, les Huns se répandrient dans le bassin de la Moselle et dans les plaines de la Seille, au nombre de cinq cent mille combattants. Saint Livier, le chef messin réserva toutes ses forces pour défendre la capitale. Tous ses soins et toute sa sollicitude se concentrèrent sur ce point important. Les remparts étaient réparés, la forteresse pourvue de tous les engins et des munitions de guerre, les première attaques repoussées : habitants et soldats rivalisaient de courage et de zèle. Saint Livier montra tout ce qu'on peut attendre d'un héros chrétien, il releva le courage de ses compatriotes. A la tête d'une poignée de braves, résolus comme lui, de vaincre où de mourir pour la cause de Dieu et de la patrie, il fit f63.highres.pngune sortie et attaqua avec tant d'impétuosité et de succès un corps d'armée ennemi, qu'il le tailla en pièces après en avoir tué le chef de sa propre main. Mais après des prodiges de valeurs, Livier succomba sous le nombre. Il déploya pendant la mêlée, une intrepidité et une audace surhumaines qui l'entrainaient au milieu des barbares et les remplissaient eux mêmes d'admiration et de crainte. Saint Livier enveloppé avec sa petite troupe par une nuée de barbares, fut pris les armes à la main. Il ne restait plus de ses glorieux compagnons que quelques survivants couverts de blessures et de sang. On les chargea de chaînes, on voulu les faire abjurer la religion chrétienne. Ce fut en vain que l'on employa les promesses et les menaces la plupart moururent dans les tourments. Saint Livier demeura inébranlable.

Les Huns s'emparèrent de la ville et de la citadelle qu'ils réduisirent en cendres. La Chapelle de Saint Etienne seule resta debout au milieu des ruines.

la-mort-de-saint-livier-1.jpgAprès la défaite des Champs catalauniques les Huns décident de se venger en massacrant leurs prisonniers. Livier est amené dans une grande prairie, il était plein de calme et de majesté, il regardait le mort en face avec la fermeté du soldat et la douceur d'un saint. Sur un ordre de ses chefs, un Hongre le décapite alors qu'il est en prière. Il ne s'effondre pourtant pas. Il se relève, prend sa tête tombée sur le sol et, à pas lents, se dirige vers une colline proche où il finit par se coucher sur le sol. Les Huns, térrifiés à la vue du martyre qui ne tombait pas comme un mort, se dispersèrent ausitôt. Les habitants de vallée de la Seille acoururent pour procéder à ses funérailles. Ils empruntèrent des briques à une construction abandonnée et élevèrent un tombeau à l'endroit même ou le saint s'était arrêté, et ou sa tête en touchant la terre avait fait jaillir une source d'eau vive, disent les chartes de Saint Arnould. La dépouille du saint y fut pieusement déposée , on planta quelques arbustes pour indiquer aux pèlerins la place ou reposait saint Livier. On voit en plusieurs endroits de la Chrétienté, des puits qui doivent leur célébrité à de semblables prodiges que Dieu a opérés pour honorer ses saints. 

chapliviers.jpgLa chapelle bâtie sur le tombeau du martyr a traversé les siècles et n'a eu à subir ni destruction ni la ruine, plus heureuse que l'abbaye Salivale, sa voisine de qui elle dépendait et qui a disparu pendant la tourmente révolutionnaire.

Livier est le héros chrétien du siège de 451. Son martyr a un sens, il tend à expliquer que, malgré tous les désastres, la foi sauve, qu'elle demeure plus forte que la mort. Sur le mont Saint-Jean, près de Marsal et de Moyenvic, la chapelle et la source Saint-Livier perpétuent son souvenir.

Source : "La vie de Saint Livier" par Monsieur l'Abbé de Tinseau (1886).

(1) Sur la gauche de ce dessin, seule subsiste actuellement la petite chapelle castrale de la Nativité de la Très-Sainte-Vierge-Marie. L'héritier des marquis de Ladonchamps mettra celle-ci à la disposition de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X pour ses messes dominicales.

09/02/2013

LORRAINS ET ALSACIENS DANS LES GUERRES DE L'OUEST

soeur.jpgLa Lorraine a gagné en Vendée une bienheureuse, Soeur Odile Baumgarten, née le 15/11/1750 à Gondrexange dans le pays des étangs ; son histoire tragique et glorieuse était cependant déjà évoquée depuis 1953 sur les beaux vitraux de l'église de son pays natal, comme elle l'était sur ceux de la chapelle du Champ des Martyrs d'Avrillé près d'Angers. Postulante des Filles de la Charité dans notre vieil hospice S.-Nicolas, elle quitta la Lorraine en 1775 pour Paris, puis pour l'Ouest. Arrêtée à l'hôpital S.-Jean d'Angers, elle fut fusillée le 1e r février 1794, enchaînée à Soeur Marie-Anne dont elle partage la gloire. 

Nicolas Stofflet est né en Lorraine, le 3 février 1753, sous le règne débonnaire du roi Stanislas, à Bathelémont-lès-Bauzémont, tout petit village entre Luné ville et Vic-sur-Seille. Son père y était meunier. L'essentiel de sa foi religieuse lui fut communiqué par sa mère Barbe Mézier, âme pieuse, forte et simple, comme on en rencontre de nombreuses dans la campagne lorraine et comme l'était certainement aussi, près de là, à Gondrexange, Catherine Gadel, mère de soeur Odile Baumgarten, la martyre d'Angers. Après avoir servi 17 ans dans Lorraine Infanterie, Stofflet fut racheté par le comte Colbert de Maulévrier, alors en garnison à Lunéville. Stofflet lui aurait sauvé la vie ainsi qu'à sa fille au cours d'une chasse au sanglier ; mais il est possible aussi que le comte de Maulévrier ait fait la connaissance de Stofflet, grâce à la soeur de celui-ci, « belle et vertueuse personne » qui s'occupait des enfants Colbert (Voir le livre d'Edmond Stofflet, imprimé à Pont à Mousson). Alors que Stofflet était garde des bois dont jouissaient les officiers du corps de la gendarmerie de Lunéville, il avait connu et accompagné à la chasse le Marquis de la Rochejaquelein, père du généralissime vendéen, dont il devait recueillir ultérieurement la succession. Signalons en passant que les Messins ont oublié que le comte Colbert de Maulévrier, pendant son ambassade dans l'Electorat de Cologne, s'était acquis leur reconnaissance en 1789, en assurant le ravitaillement de la ville. Le Comité municipal de Metz lui avait écrit le 11 novembre 1789 une longue lettre de remerciements dont nous extrayons ce court passage : ... « Vous avez été Monsieur, le bienfaiteur signalé de cette ville, Metz vous voue une reconnaissance tant de ce que vous avez fait, que de ce que vous voudrez faire pour elle... ». 

Mais en 1787, c'est en Anjou que Stofflet est garde des bois et commis facteur du comte de Maulévrier ; sa qualité d'étranger au pays et ses fonctions de garde-chasse ne l'ont pas empêché de prendre un grand empire sur les paysans, tous cependant, peu ou prou, braconniers. Le 13 mars 1794, les conscrits d'Yzernay qui ont refusé « d'aller tirer à la milice » et qui ont rossé les cavaliers républicains envoyés pour rétablir l'ordre, viennent chercher Stofflet dans la forêt de Maulévrier où il s'était réfugié à la suite des premiers excès révolutionnaires et où, attendant les événements, il occupait son temps à fabriquer des munitions. Avec eux se trouvait le bisaïeul de René Bazin, régisseur du comte de Colbert et futur lieutenant du garde-chasse.

Les gars d'Yzernay, réuni avec ceux de Maulévrier vont devenir les futurs grenadiers de Stofflet. Ils prennent le château de Vezins, ce qui leur amène des renforts considérables en particulier, les hommes rameutés autour de Tonnelet, autre garde-chasse de Colbert de Maulévrier. Réunis aux insurgés de S.-Florent, conduits par Cathelineau, le futur généralissime, ils prennent le nom d'armée catholique (et non encore royale) et, par acclamation, élisent comme premier général de l'insurrection de l'Ouest, le Lorrain Stofflet.

stofffs.jpgDe La Gorce décrit ainsi la rencontre entre les gens de Cathelineau et ceux de Stofflet : « Comme après avoir longé le coteau des Gardes on cheminait entre Trémentines et Nuaillé, on fut rejoint par des gens d'aspect assez martial, pieux aussi, mais avec un peu plus de fusils et un peu moins de chapelets. Ils venaient de Maulévrier, d'Yzernay, de Vezins, de Latour-Landry, paroisses perdues dans les bois et aux moeurs un peu plus rudes que celles du reste des Mauges... Du milieu de ces hommes, le chef se détachait avec un relief singulier, on l'appelait Stofflet... On le disait dur, brutal jusqu'à la violence ; en revanche, il était vigoureux, endurant la fatigue, d'une habileté prodigieuse à manier les armes et les chevaux, terrible, mais avec des accès de bonhomie et pour les braconniers qui le craignaient fort, il avait par intervalles des tolérances habiles qui surprenaient et qui charmaient. En lui se réunissait ce qui subjugue : la force, l'adresse, l'aplomb et tout ce monde inculte et rude qu'il entraînait à sa suite, lui trouvait un grand air de commandement ». Et c'est maintenant une armée de 12 à 15 000 hommes, sous les ordres de Stofflet, qui, au son des cantiques, marche sur Cholet, défendue contre l'attaque de ces roturiers par le marquis de Beauvau. Après la défaite et la mort de celui-ci, la capitulation de Cholet entraîne le soulèvement général du bocage. 

Nous glisserons sur les détails de la carrière de Stofflet, qui selon lui, aurait assisté à cent cinquante combats (comtesse de La Bouëre). Il joua un rôle décisif à Doué, à Châtillon, à Cholet, à Baupréau et à la prise de Laval. Stofflet, premier général Vendéen, deviendra Major général de la Grande Armée et sera le dernier général en chef de l'armée des Rebelles de la Vendée, ainsi que le proclame l'affiche de son jugement qui se trouve au Musée de Nancy. 

Pour ses compatriotes, Stofflet paraît un géant avec ses cinq pieds et cinq pouces, c'est-à-dire un peu plus de 1 m 75 ; son signalement militaire qui est vraisemblablement le plus fidèle, s'écarte notablement de celui que donneront ultérieurement ses fidèles, en particulier, Landrin, qui parle de son physique sec de ses cheveux noirs et de ses « chambes » un peu bancales. Ses soldats qui le redoutaient, tout en le respectant, l'avaient baptisé : Mistoufflet, Sifflet ou le Sabreur, mais ils ne consentaient à avancer que si M. Stofflet était en avant, payant de sa personne. Son coup d'oeil, ses connaissances militaires, la discipline sévère qu'il imposait à ses gens, en firent un des meilleurs capitaines de l'armée vendéenne. Crétineau-Joly le définit ainsi : « A côté de tous ces noms, la gloire et le patrimoine de la Vendée, on distinguait déjà un homme grand et robuste, au teint brun, aux yeux et aux cheveux noirs, à l'air dur, à la parole ardente, sous un accent lorrain. Cet homme s'était élevé bien haut dans l'estime de ses compagnons d'armes, par une activité, par une intelligence, une appréciation des événements au-dessus de son éducation, c'était Nicolas Stofflet, garde-chasse du château de Maulévrier ; Stofflet qui de son humble bandoulière aux armes de Colbert, a su se faire une écharpe de commandement. Dès que les paysans l'eurent vu au feu, ils prirent confiance en cet homme endurci aux fatigues, si propre au commandement et d'une franchise qui souvent allait jusqu'à la rudesse. Lorsqu'on marchait au combat, ils demandaient : « Monsieur Stofflet est-il en avant ? » Quand la réponse était affirmative, plus sûrs même de leur courage, ils s'élançaient sans crainte ».

Stofflet allait à la bataille avec panache et au cri de « l'entends-tu Marie-Jeanne », il faisait joyeusement décharger sur les bleus, avec sans doute plus de bruit que de mal, la fameuse Marie-Jeanne, pièce de 12 en bronze aux armes de Richelieu, mascotte des vendéens, prise et reprise dans les batailles. Mais il ne supportait pas de se faire traiter de citoyen, et lors de la prise de Fontenay, l'enfant Grimonard, âgé de 7 ans, se fit rudement tirer les oreilles pour n'avoir pas su assez rapidement s'adapter à l'évolution politique.  

L'iconographie historique concernant Stofflet est rare, surtout en Lorraine, mais nous pouvons nous le figurer d'après la statue de la salle de la Révolution du musée de Nancy, fidèle copie de celle de la Chapelle du bois d'Izernay ; il y est représenté dans son uniforme de garde-chasse avec le grand bicorne qui est conservé au musée de S.-Florent-le-Vieil ; il a gardé en brassard sa plaque de garde-forestier aux armes de Colbert qu'il continuait à porter en hommage à ses anciens maîtres auprès desquels après la paix, il n'aspirait qu'à reprendre ses fonctions de garde-chasse à Maulévrier. Mm e de La Rochejaquelein qui ne l'aimait guère, en fait, elle aussi, le vétéran d'un régiment allemand ; elle lui reproche son ambition, sa dureté, mais reconnaît que, brave, actif et intelligent, les officiers l'estimaient beaucoup et que les soldats lui obéissaient mieux qu'à personne. Le témoignage de ceux qui l'ont connu s'écarte tout de même souvent du portrait qu'en a fait une certaine histoire officielle : « Son air militaire, précise Coulon son secrétaire, le faisait prendre par ceux qui ne le connaissaient pas, pour un homme de grand rang », il ajoute : « Ses talents étaient uniques pour cette guerre, il faisait agir avec douceur, avec amitié ses paysans et à l'occasion, était dur et sévère de manière à les encourager à la victoire et à les contenir dans la défaite ; son courage était extrême ; dans la victoire, il savait se posséder et dans l'adversité, conserver le sang-froid des braves ; il faisait espérer à ses soldats que dans la revanche, on serait plus heureux ». 

Le général d'Audigné cite en appendice de ses Mémoires, le manuscrit inédit de l'abbé Chevallier, curé de Ste-Lumine de Coûtais, ancien membre de l'Assemblée nationale de 1789 et ancien aumônier vendéen : « Stofflet est mort, hélas ! C'est un deuil national pour la Vendée, elle a perdu son bras droit..., c'était un homme d'un courage extraordinaire qui dans deux ans à peine, avait livré plus de cent cinquante combats. Quoique né de basse extraction, il avait des sentiments infiniment supérieurs..., mais ce qui fait de lui un grand homme, c'est qu'il ne s'en fit jamais accroire et que défiant absolument de lui-même, il n'agit jamais que par les lumières de son conseil. Si on a à lui reprocher quelqu'acte de violence, sa popularité lui avait gagné les coeurs et sa bienfaisance naturelle lui avait gardé l'affection. Il était né pauvre, il est mort pauvre...» 

Pour les Vendéens, c'est un « homme de l'Est », Alsacien ou Lorrain peu importe, mais considéré de ce seul fait comme un homme dur, intransigeant sur la discipline « qui n'avait pas la délicatesse d'un Cathelineau ni d'un Bonchamp » ; mais il avait cependant l'art de plaire..., très affable à table et en société, parlant galanterie et chantant à couplets à son tour et à son rang, aimant les marches guerrières et cadencées, sobre dans les repas, jamais dérangé par le vin, ni bavard ni prodigue, le luxe ne régnait ni sur ses habits, ni sur sa table. Les auteurs de l'Ouest font souvent de Stofflet un Alsacien à l'accent « tudesque » (Crétineau-Joly, Brunisleau, Gabory, etc.). La confusion vient, ou s'est perpétuée, de ce que nombre d'ouvrages ont été écrits au temps où l'Alsace et la Lorraine annexées étaient unies par un trait d'union et d'éminents auteurs de l'Ouest ne se sont pas rendu compte de la gravité de leur erreur.  

Stofflet voulait donner à ces paysans trop indisciplinés, un minimum d'organisation militaire. L'armée d'Anjou fut ainsi organisée en six divisions et dans chaque division, fut placée une compagnie de cinquante cavaliers qui furent appelés dragons pour les distinguer des chasseurs de Stofflet qui formaient deux compagnies (Comtesse de la Bouëre). Les fantassins, jaloux des cavaliers, les surnommaient ironiquement les « marchands de cerises ». 

Il organisa aussi en petite cavalerie un corps de tambours dirigé par le célèbre major La Ruine, dont les roulements de caisses décidèrent souvent des défaites républicaines et scandèrent les entrées triomphales dans les villes conquises.

hopi.jpgDans son camp installé dans la forêt de Vézins, il créa un hôpital sous la direction du chirurgien Baguenier-Désormeau ; il y avait également son parc de réserve, une imprimerie, un atelier d'étoffes et d'habillement, une salpètrerie et une facture de poudre. Selon la tradition vendéenne, alors que Stofflet était en expédition, son camp fut surpris, à la suite d'une trahison, le 25 mars 1794 par la colonne républicaine de Crouzat et Grignon qui se livra à un massacre en règle, laissant sur place, plus de 2 000 victimes désarmées. Sur les lieux s'élève actuellement une chapelle que gardent les statues de Stofflet et de Cathelineau et ce « cimetière des martyrs » est signalé par des panneaux à plus d'une lieue à la ronde. Stofflet prévenu et renforcé par les soldats de Richard et de Marigny, attaqua avec 7 000 hommes fous de rage, les soldats de Crouzat et de Grignon, retranchés aux Ouleries à quelques kilomètres d'Ezernay. Après un violent combat il examina les massacreurs. A la bifurcation des chemins d'Yzernay et de Cerqueuex, se trouve actuellement un grand calvaire qui porte sur son socle massif, l'inscription suivante : « Croix élevée en 1894 à la mémoire des Vendéens tués dans les combats des Ouleries le 18 et le 27 mars 1794 ». Mais Stofflet ne s'en laissait pas imposer par les aristocrates et en particulier par les émigrés envers qui il nourrissait une prévention et à qui il ne manquait pas de donner des leçons, lorsque l'occasion s'en présentait. A Entrammes, s'adressant, un peu méprisant, à M. de S.-Hilaire, émigré breton : « Voulez-vous, lui dit-il que je vous montre comment dans notre armée, on enlève une batterie ? » Il fait sabrer les artilleurs par 12 cavaliers et tourne les pièces de Kléber contre les bleus. Il fit du chevalier de Colbert, frère de son maître, son ambassadeur auprès du comte d'Artois et on ne manqua pas de souligner que c'était le garde-chasse qui envoyait désormais en ambassade, les nobles, ses anciens maîtres. Il sut donner le commandement à des plébéiens et il distingua Cadoudal qui fut capitaine dans sa cavalerie. Par contre, il fut trop sensible aux intrigues des hommes d'église, en particulier, à celles de Barbotin qui signe sa première proclamation et surtout de Bernier, le futur négociateur du Concordat, qui n'ayant pu subjuguer Charette, se servit de Stofflet, avant peut-être de le livrer.

jacqusto.png Jacques Cathelineau (le Saint d'Anjou) - Nicolas Stofflet

Selon Landrin son compagnon, les principes de Stofflet furent, religion, courage et fidélité. Il fut en effet fidèle dans ses amitiés, mais trop tenace dans ses aversions et on ne manqua pas de lui reprocher son animosité constante pour Charette, qui nuisit à la cause commune. L'exécution de Marigny, dont il ne fut qu'en partie responsable, continue également à lui être amèrement reprochée par tous les auteurs royalistes. Mais quelle que soit l'opinion que l'on ait de Stofflet, tout le monde s'accorde sur son courage ; Hoche lui-même qui a bien su distinguer les nuances de psychologie des Vendéens et des Chouans, dans sa proclamation à ces derniers, rendait un hommage à Stofflet, en opposant les « héros des fossés », (les Chouans) au courage de Stofflet. Ce courage s'affirma jusqu'au Champ de Mars d'Angers le 25 février 1796. En face du peleton d'exécution, il refuse le bandeau et s'écrie : « Eloignez-vous, je vais vous apprendre une fois de plus qu'un général Vendéen n'a pas peur des balles ». Donnant la main à son aide de camp le prussien de Lichtenheim, il commande le feu et tombe en criant : « Vive la religion.Vive le Roi ». Mais auparavant, il avait demandé aux soldats s'il y avait un Lorrain dans le peloton. Il remit sa montre au militaire qui sortait des rangs, en lui disant : « Tiens prends ceci en mémoire de moi ». Loin de nous de contester à Stofflet le titre de Vendéen qu'il revendiqua au moment suprême, il faut cependant constater qu'une de ses dernières pensées a été aussi pour son pays natal, le clocher de Bathelémont et les forêts de Lunéville. Mais c'est en Vendée angevine, dans la cour du château de Maulévrier qu'est élevé un monument à celui, « qui toujours fidèle à Dieu et au Roi, mourut en obéissant ». A Yzernay, une rue porte son nom et sa statue veille à l'entrée de la porte de la chapelle du « cimetière des martyrs » dans le bois de Vezins. Un calvaire a été érigé en 1977 à la Saugrenière à l'endroit où il fut capturé ; lors de l'inauguration de cette croix, l'abbé Gélineau s'exprimait ainsi : « Ce Lorrain, après avoir servi fidèlement le pays pendant seize ans, en qualité de caporal, était venu en 1787 comme garde-chasse chez le comte Colbert de Maulévrier. Disons seulement que cet homme simple, étranger au pays, qui n'était pas sans défaut et avait le caractère rude, avait gagné dès l'abord, la confiance de son entourage. S'il devint tout de suite un grand chef et un général indiscuté, damant le pion à beaucoup de nobles, plus cultivés et plus experts que lui dans l'art de la guerre, c'est parce que les paysans des Mauges se reconnurent en cet homme de caractère, indépendant, qui n'admettait pas de plier sous la force injuste et qui demeurait, envers et contre tout, fidèle dans sa Foi et loyal dans l'adversité ».  

Dans le cimetière de Valhey, à quelques kilomètres de Bathelémont, sur la croix de marbre d'une tombe bien entretenue est inscrit : « Famille Stofflet-Morisson ». La statue de Stofflet, réplique de celle du « Cimetière des Martyrs d'Yzernay, don de Edmond Stofflet se trouve dans la salle de la Révolution au musée Historique de Nancy, avec l'affiche du jugement d'Angers et un bon de 5 livres « de par le Roi », signé de Stofflet. 

Dans les Hommes célèbres de Lorraine de Tribout de Morembert, Stofflet n'est pas cité. La Lorraine a eu un autre destin que la Vendée, et bien sûr Stofflet est, un personnage controversé, même par certains auteurs royalistes comme la marquise de La Rochejaquelein. Sa vie publique s'est d'ailleurs déroulée loin de son pays natal, ce qui ne favorise pas sa popularité en Lorraine. Mais, quel que soit le jugement que l'on porte sur lui, son rôle dans notre histoire ne peut être nié.  

Un autre Lorrain a joué un rôle important, sinon de premier plan, du côté des « brigands ». Il s'agit d'André Baumler, né le 10 octobre 1740 à Reméringlès-Puttelange, près de Sarreguemines, fils de Joseph (ou Jean) Baumler et de Anne-Marie Buchholz de Nousseviller. Baumler fut aussi militaire pendant vingt quatre ans au régiment Colonel Général de Cavalerie et il fut amené dans le bas Poitou par le capitaine de dragons de Montaudouin, dont il devint le régisseur à la Bonnetière de S.-Urbain, près de S.-Gervais. Son mariage avec Marie-Paule Mornet de Challans le fixa définitivement dans le pays. Sous les ordres du chirurgien Jean-Baptiste Joly, il souleva le marais de S.-Gervais et fut selon Chassin, le plus actif des préparateurs et des promoteurs de l'insurrection de la basse Vendée. Il fit partie du comité royaliste de Challans en 1793 et avant l'attaque des Sablesd'Olonne, il adressa le 14 mars 1793 aux administrateurs de Challans, réfugiés dans cette ville, la lettre suivante : « Mes très chers frères, nous vous écrivons les larmes aux yeux, les armes à la main, nous ne demandons pas la guerre, mais nous ne la craignons pas... Nous sommes ici au moins 18 000 hommes assemblés de toutes les paroisses circonvoisines, à chaque minute, il en arrive d'autres. Tous ont décidé de mourir pour la victoire. Vous n'ignorez pas tout le désastre qui afflige la ville de Machecoul et beaucoup d'autres ; nous avons l'avantage de ne pas affliger cette ville à ce point. Nous avons l'intention de faire une bonne et solide paix avec vous, si vous voulez nous accorder seulement quelques conditions qui nous paraissent on ne peut plus justes, intéressantes. Nous vous demandons : 

1) La continuation de notre religion catholique, apostolique et romaine et des prêtres non conformistes ;

2) Qu'il ne soit point procédé au tirement ;

3) Suppression de toute patente ;

4) Suppression de l'arrêté du département qui ordonne aux pères des enfants émigrés et à leurs parents suspectés de se rendre au chef-lieu. 

Signé La Garde Royale, composée à Challans.

 

Ainsi furent définis par un Lorrain ce que l'on a pu appeler les buts de guerre des Vendéens. 

francois-athanase-charette-de-la-contrie-227.jpgLorsque Charette fut élu général en chef des armées royalistes du Bas-Poitou et du pays de Retz, le 9 décembre 1793, Baumler combattit sous ses ordres. Mais d'un caractère humain, il fut irrité par les cruautés des combattants des deux bords, en particulier, celles de Pageot, lieutenant de Charette. En face d'un adversaire, en apparence modéré, le général Broussard, il fit au milieu de 1794 sa soumission, entraînant 3 500 insurgés et la pacification du Marais. Malgré les cartes de sûreté délivrées à ceux qui se soumirent, les représentants Bô et Ingrande firent arrêter par des patrouilles et mettre à mort comme des rebelles, pris les armes à la main, « les cultivateurs » qui, écrit Mercier du Rocher, « étaient venus déposer leurs armes entre les mains des autorités constituées, prêter le serment de maintenir la République et qui étaient retournés avec des cartes qui énonçaient leur soumission à la loi ». Baumler qui s'était retiré tranquillement à Challans fut arrêter malgré le général Broussard. Considéré comme « un des principaux auteurs de la mort de plus de 100 000 républicains », le « pacifié et pacificateur Baumler » (Chassin), fut guillotiné place du Bouffay à Nantes, le 17 thermidor an II (4 août 1794) 8 jours après la chute de Robespierre. A la suite de ces exécutions, la guerre civile se ralluma plus furieuse que jamais dans le Marais. Joseph Rousse constate que Baumler a eu un rôle moins brillant mais plus humain que son compatriote Stofflet : il s'étonne du silence des historiens tels que Crétineau-Joly, alors que cent ans après les faits, le souvenir du vaillant Lorrain n'était pas éteint dans le Marais vendéen.  

La Vendée militaire utilisa un autre général qui porte un nom illustre au pays messin. En effet, le marquis Louis Thomas de Pange, passa peut-être en 1791, par le beau château que nous connaissons, avant de gagner l'armée de Condé ; ultérieurement, commandant la cavalerie royaliste de l'armée de Rennes, puis chef de division de Chouans, il fut tué soit au combat le 29 juin 1796 dans une « pièce de genêts », près d'Ancenis, soit plus vraisemblablement, blessé et hors d'état d'être transporté, il fut surpris et massacré dans son lit par les patriotes.  

Ainsi ont été rappelés brièvement quelques figures de Lorrains, chefs dans l'Armée Catholique et Royale de Vendée. Mais celle-ci avait recruté également de nombreux soldats issus de l'Est. En effet, les transfuges étaient nombreux de part et d'autre et un bon moyen de passer à la rébellion, était de s'engager dans les troupes de la République, de faire, sans passe-port, aux frais de la Nation, les étapes vers les pays insurgés et de changer de camp à la première occasion. Il faut noter que les désertions se faisaient souvent en masse ; ainsi en fut-il du 77erégiment d'infanterie, ci-devant Lamarck, recruté en Alsace ; de nombreux soldats restés fidèles à la monarchie passèrent à Charette qui leur parla du roi, parmi ceux-ci Pfeiffer, fidèle garde du corps, homme de main de Charette, appelé par les Vendéens, le « féroce allemand ». S'il agissait trop souvent férocement, il mourut en héros le 3 mars 1796 à la Guyormière : Les « bleus » qui talonnent Charette et qui vont finir par le prendre, tirent sans arrêt sur celui-ci, qu'ils reconnaissent à son panache blanc. Pfeiffer s'en aperçoit, il arrache le chapeau de son maître, le coiffe et part en courant, attirant ainsi la poursuite de la fusillade des « bleus ». Atteint de trois balles il s'effondre en criant avant de mourir : « C'est moi Charette », accordant ainsi quelque répit à son chef . 

Cet épisode eut une répercussion quelques jours plus tard, car après la capture de Charette, il contribua à entretenir le bruit que l'on avait capturé un faux Charette ; ce fut une des raisons qui, afin de détromper l'opinion publique, décidèrent de la parade funèbre et tragique de Charette à travers les rues de Nantes qui avait vu son triomphe l'année précédente.  

Chouans-dolmen_2.pngNous n'avons pas pu évoquer tous les Lorrains et tous les Alsaciens qui se sont distingués dans les guerres de l'Ouest. Notre exposé, bien qu'incomplet, s'est volontairement limité à la Vendée militaire ; d'autres chapitres auraient pu étudier l'action de nos compatriotes dans les départements chouans du nord de la Loire : la Normandie où le Chevalier Louis de Bruslart de Thionville fut l'adjoint de Frotté avant devenir, après l'exécution de celui-ci, commandant en chef de la chouannerie normande ; le Morbihan où Cadoudal eut parmi les Lorrains de fidèles lieutenants : Jacques Koble de Framont dit la Ronce, Joseph-Henri Brech de Nancy dit la Bonté , son artilleur, Jean-Baptiste Picoré de Flin dans la Meurthe, les frères Roger de Vicherey, dont Michel dit Loiseau, le suivra à la guillotine, accompagnant également Coster de Saint-Victor d'Epinal. 

Serait-il hors de propos de rechercher ici, dans l'Est, les liens qui nous rattachent à la Vendée et à l'Ouest et d'évoquer quelques circonstances où notre histoire croise, chez nous, sur notre sol, celle des Français de l'Ouest ? Est-il nécessaire de rappeler que le Chardon et la Croix de Lorraine nous ont été légués par les Angevins ? 

vraiecroix1.jpgQuant à la Croix de Lorraine et au Coeur Vendéen, il n'y a qu'à regarder nos murs pour s'apercevoir que ces symboles n'ont ni l'un ni l'autre perdu leur puissance d'évocation. Parmi les interrogations qui peuvent se poser à propos des événements de la Vendée, retenons celle-ci, qui intéresse la Lorraine ; Chiappe, dans son livre La Vendée en Arme se demande « pourquoi la région nancéïenne, catholique et royaliste, sentimentalement attachée à Marie-Antoinette, ne bouge pas, alors que le pays de Rodez, individualiste et teinté de catharisme écoute la voix de M. Charrier, assez forte pour faire chouanner les campagnes albigeoises ». La réponse paraît à priori simple. La déclaration de guerre au « roi de Bohème et de Hongrie », date du 21 avril 1792, près d'un an avant l'insurrection vendéenne : les hostilités qui avaient déclenché les réflexes patriotiques propres aux frontaliers commencèrent avant le 10 août, les massacres de septembre et l'exécution de Louis XVI, événements qui ébranlèrent plusieurs mois après les paysans de l'Ouest, qui, eux, n'étaient pas confrontés avec l'invasion. 

Chez nous, l'Armée des Princes acompagnait des « Libérateurs » qui se comportaient en envahisseurs, et de ce fait, ne bénéficiait pas d'un préjugé favorable. Une partie de la Lorraine avait, déjà à cette époque, changé trois fois de régime en cinquante ans : c'est pourquoi certains de ses habitants ont subi avec philosophie et passivité le début des événements et ont observé les nouveaux changements dans une prudente expectative. Il faut tenir compte aussi de la géographie. Autant il est possible de chouanner dans le bocage ou le pays ruthène à l'habitat dispersé, autant ceci est impensable dans la campagne lorraine, pays de vaine pâture, aux horizons dégagés et à l'habitat concentré. Enfin, la répression en Lorraine n'a pas été aussi odieuse que dans l'Ouest, et n'a pas laissé la même impression dans la mémoire collective. La soeur de Stofflet, revenue au pays de Lunéville, mère de famille et veuve, fut emprisonnée et ses biens confisqués. Mais les autres membres de la famille, habitant des campagnes paisibles, ne furent guère inquiétés. Que fut-il advenu d'eux s'ils avaient habité le pays de Jacques Cathelineau, de Jean Cottereau ou de Georges Cadoudal ? 

En effet, les petites Vosges, régions boisées, difficilement penetrables ont donné plus de mal aux administrateurs et le culte réfractaire n'a pu en être complètement extirpé. L'unanimité était loin d'être la règle, en particulier, si l'on en juge par ce qui s'est passé à Longwy et à Verdun, où à l'inverse de la Vendée, c'est le chef d'un Bataillon de volontaires recrutés en Maine & Loire qui s'opposa aux royalistes lorrains. L'état d'esprit évolua avec les événements et en 1791, les campagnes menées par le Clergé réfractaire, entraînèrent une véritable guerre sainte dans les districts de Sarrebourg, Dieuze et Château-Salins. Les habitants des communes de Gondrexange, patrie de Soeur Odile, ravagèrent les forêts de l'état.

Bathelémont-les-Bauzémont ne fournit aucun volontaire à la première conscription et dans le district de Sarrebourg la levée de 1791 fut particulièrement laborieuse. Le 7 juin 1795, les femmes du peuple déclanchèrent une émeute à Metz aux cris de : « Pas de cocarde, pas de République ! ». Le 6 pluviôse an IV, Varion, agent municipal de Bousse en Moselle, se plaint que le « département de la Moselle va bientôt devenir la proie du fanatisme et qu'Ay, commune célèbre par son patriotisme au commencement de la Révolution, ne présente plus aujourd'hui, qu'un repaire de Chouans et de Malveillants ». 

En 1796 des processions immenses, bannières en tête, encadrées d'hommes armés parcoururent les districts de Bitche, Boulay, Sarreguemines. Enfin, n'oublions pas que la proximité de la frontière permettait aux opposants et aux réfractaires d'émigrer dans des pays ayant souvent avec eux une communauté de langue. Ceux qui voulaient en découdre avec les patriotes pouvaient ainsi s'engager facilement dans l'armée des Princes et Gain insiste sur l'importance d'une émigration que l'Europe n'avait pas vue depuis la révocation de l'Edit de Nantes. François Roth estime que la Moselle se place, pour l'émigration au premier rang des départements français. Selon le duc de Castries, elle serait le quatrième des départements pour l'importance de son émigration, après toutefois, le Var, les Bouches-du-Rhône, et surtout le Bas-Rhin d'où en décembre 1793, 22 000 habitants ont fui en panique, réalisant à eux seuls, le sixième des émigrés. Nous avons vu que le nom d'un certain nombre d'entre eux se retrouve sur le monument de la Chartreuse d'Auray, élevé en mémoire des morts et des fusillés de la campagne de Quiberon.

Texte tiré de : documents.irevues

01/11/2012

1er novembre 1661, naissance de Louis de France, le Grand Dauphin

louiss.jpgDans toutes les Monarchies héréditaires, le monarque doit assurer sa descendance au plus vite, s'il veut espérer maintenir sa dynastie au pouvoir et garantir le bien commun de son peuple. En annonçant que la reine était "grosse" Louis XIV renforçait sa position en prouvant à ses sujets qu'il était capable d'engendrer. La joie manifestée dans tout le royaume à l'annonce d'une prochaine naissance, était grande lorsque l'enfant annoncé se révéla être un garçon. En effet, dans un pays soumis à la loi salique, seule l'existence d'un héritier mâle pouvait rassurer pleinement les Français, toujours inquiets des conséquences d'un changement de dynastie.  

A midi moins sept minutes, le premier novembre 1661 jour de la fête de tous les saints, naquit au château de Fontainebleau, le premier enfant de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche. Le dauphin Louis de France, fut aussitôt ondoyé par l'évêque de Rennes et remis à sa gouvernante, Madame de Montausier. Les enfants étaient ondoyés à leur naissance afin que, s'ils mourraient avant d'être baptisés, leurs âmes ne soient pas contraintes d'errer dans les limbes, séjour réservé aux enfants morts avant leur baptême.

chap.jpgLes canons du royaume tirèrent cent un coups pour annoncer l'heureuse naissance ; des actions de grâces furent rendues dans tous les établissements religieux ; un Te Deum fut chanté dans la chapelle de Fontainebleau...

La France ayant son dauphin en 1661, il incombait au roi d'en célébrer la naissance avec faste, tant à l'égard de ceux qui étaient destinés à être les futurs sujets de l'enfant, qu'à l'égard des nations voisines, destinées à devenir ses amies/ou ses ennemies. Louis XIV organisa d'abord une grande manifestation civile, le carrousel du Louvre ; la cérémonie du baptême marqua, plus tard, l'entrée dans la communauté catholique, apostolique et romaine du nouveau chrétien qui, à l'âge de raison, comprenait la valeur de l'engagement qu'il prenait en sa qualité de fils de Roi-Très-Chrétien, destiné à le devenir lui-même. 

En sa qualité de fils aîné du Roi de France, donc d'héritier présomptif de la couronne, le dauphin est le symbole de la permanence du pouvoir Monarchique. Il est éduqué et formé dans la perspective de son accession au trône. Une fois éduqué, Monseigneur doit tenir son rang, hiérarchiquement le deuxième, après le roi mais avant la reine. A ce titre il a pour mission officieuse de représenter l'avenir de la dynastie, ce qui impliquait autrefois que son portrait était diffusé auprès de ses futurs sujets. Le deuxième personnage du royaume doit posséder également une formation politique très sérieuse puisqu'il est destiné à diriger le royaume.

Ce n'est que sous Louis XV que les historiens qualifièrent le premier fils de Louis XIV, de "Grand Dauphin", pour le différencier de son fils le duc de Bourgogne, déclaré dauphin à la mort de son père en avril 1711.

16/10/2012

« Je m’appelais, Marie-Antoinette Lorraine d’Autriche »

mar.jpgEn ce 16 Octobre 1793, il est très exactement 12h15 lorsque la tête de Marie-Antoinette, Reine du Royaume Catholique de France, tombe dans le panier du bourreau. Femme, Reine et mère, Marie-Antoinette est lâchement exécutée après un procès honteusement truqué, dont s’inspireront par la suite les plus sombres dictatures des temps modernes.

 

Rien ne peut justifier la violence que les révolutionnaires les plus cruels ont fait subir à notre malheureuse Reine. Après la condamnation et la mort de sa majesté le Roy Louis XVI, le 21 janvier 1793, elle endure une souffrance physique et morale insupportable qui lui fera dire qu’elle n’a « plus de larmes pour pleurer ». Dans la tour du temple la Reine s'agenouille devant son fils devenu Louis XVII, les grandes puissances européennes reconnaissent "l'enfant Roy" comme tel. Très précoce pour son âge et témoin des exactions perpétrées contre ses parents, ainsi Louis XVII demanda-t-il "Maman sommes nous des martyrs ?". Les monstres sans culottes décorés de la cocarde tricolore feront encore endurer par la suite à la Reine la monstrueuse séparation de son fils...

 

ma_cour.jpgC’est un tribunal révolutionnaire et donc illégitime, plus avide de haine que de justice qui a prononcé son effroyable condamnation, alors qu’il n’y avait aucunes charges à son encontre. Elle a ainsi subi un procès perdu d’avance. La souveraine qui répond à ses juges assassins en déclinant son identité, parlant déjà d’elle-même à l’imparfait « Je m’appelais Marie Antoinette Lorraine d’Autriche », avait sans doute  conscience du simulacre de justice.

 

Innocente des crimes dont l’accuse la Franc-maçonnerie, coupable d'être Reine de France, elle est sauvagement guillotinée, et rend son âme à Dieu le 16 Octobre 1793. Son Testament, comme celui du Roy Louis XVI, demeure un témoignage poignant de foi, d’amour, de fidélité pour la France, de courage et de sincérité. Lorsqu'elle est sortie de la charette, elle est montée et à couru toute seule vers l'échafaud, la Reine de France dans ses derniers instants, présente ses excuses à son bourreau pour lui avoir marché sur le pied…

 

Que du haut du Ciel, notre regrettée Reine bénisse et accorde sa protection au beau Royaume de France qu’elle a tant aimé. 

 

 

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Ce 16 octobre, à quatre heures et demie du matin.  

 

C'est à vous, ma sœur, que j'écris pour la dernière fois. Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moment. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien. J'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants; vous savez que je n'existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez, par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse ! J'ai appris, par le plaidoyer mérite du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas ! la pauvre enfant, je n'ose lui écrire ; elle ne recevrait pas ma lettre; je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra : recevez pour eux deux, ici, ma bénédiction.

J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer; que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle en feront le bonheur.  

Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui, et son amitié pourront lui inspirer. Que mon fils, à son tour, rende à sa soeur tous les soins et les services que l'amitié peut inspirer : qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu'ils prennent exemple de nous ! Combien, dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolation ! Et dans le bonheur, on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami. Et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ? Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : qu'il ne cherche jamais à venger notre mort.

J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine; par­donnez-lui, ma chère sœur; pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas. Un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J'aurais voulu les écrire dès le commencement du procès; mais outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide, que je n'en aurais réellement pas eu le temps.  

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle ou j'ai été élevée et que j'ai toujours professée, n'ayant aucune consolation spirituelle et à attendre, ne sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion ; et même le lieu où je suis les exposerait trop, s'ils y entraient une fois.

Je demande sincèrement pardon à dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe. J'espère que dans sa bonté, il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu'il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurais pu vous causer.
  

Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J'avais des amis; l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant; qu'ils sachent du moins que, jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux ! Adieu, ma bonne et si tendre sœur; puisse cette lettre vous arriver ? Pensez toujours à moi; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que mes pauvres et chers enfants : mon dieu ! qu'il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu! je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on 'amènera peut-être un prêtre; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger.

 

29/07/2012

Les victimes de la Tyrannie Révolutionnaire en Lorraine, et de Lorraine

terreur.JPGBAILLOT Firmin, âgé de 36 ans, né à Lironville, département de la Meurthe, rapeur de tabac, domicilié à Paris, département de la Seine, condamné à mort comme conspirateur, le 9 prairial an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

BARBIER Jean, âgé de 73 ans, marchand né à Veslis en Lorraine, domicilié à Aire, département du Pas-de-Calais, condamné à mort le 2 prairial an 2, par le tribunal révolutionnaire séante à Arras, comme ayant signé, en 1791, une adresse rendante à obtenir des prêtres réfractaire, pour desservir la paroisse Notre-Dame d'Aire.

BARTHE Jean Baptiste, âgé de 62 ans, natif de Thionville, juge de Paix, domicilié à Verdun, département de la Meuse, condamné à mort, le 15 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme convaincu de complicité pour livrer aux ennemis la place de Verdun.

BARTHELEMY Nicolas François, âgé de 41 ans, ex curé domicilié à Sessouges, canton de Darney, département des Vosges, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 24 vendémiaire an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris

BAIL SIMON, employé aux charrois, domicilié à Jussy, canton de Metz, département de la Moselle, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 8 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

BEGUINET Jean Baptiste, âgé de 42 ans, né à Etaing, département de la Meuse, condamné à mort comme conspirateur, le 16 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

BERNARD J. P. domestique, âgé de 35 ans, natif de Chalade, département de la Meuse, ex membre de la commune de Paris, mis hors la loi par décret de la Convention nationale du 9 thermidor an 2, exécuté le 11.

BERNARD Toussaints, perruquier, domicilier à Nancy, département de la Meurthe, condamné à mort comme émigré, le 8 messidor an 2, par le tribunal criminel du département de la Meurthe.

BLANCHARD Pierre, âgé de 56 ans, ex noble, natif de Mesle, département de Moselle, ex commissaire général à l'armée des Vosges, domicilié à Crosmarie, condamné à mort le 8 thermidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, pour avoir conspiré dans la maison d'arrêt de St Lazare.

BLEU Pierre, cultivateur, domicilié à Redange canton de Longwy, département de la Moselle, condamné à mort comme distributeur de faux assignats, le 16 messidor an 2, par le tribunal criminel du département de la Moselle

Chervillat François Xavier, commis, né à Thionville, Moselle, résidant à Lyon, 28 ans, condamné par la Commission révolutionnaire de Lyon et fusillé le 4 décembre 1793. Motif accusation : "Employé au district, contre-révolutionnaire pris les armes à la main". 

COLIN Nicolas, compagnon menuisier, domicilié à Nancy, département de la Meurthe, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 23 frimaire an 2, par le tribunal criminel du département de la Charente Inférieure.

DALENCON Charles Mathias, âgé de 67 ans, natif de Bar-sur-Ornain, département de la Meuse, ex seigneur de Neuville-sur-Ornain, ex comte, domicilié à Neuville, département de la Meuse, condamné à mort comme conspirateur, le 26 germinal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

DAMPONT Charles Jean Baptiste Robert, ex marquis, officier des Mousquetaires, domicilié à Schwerdoff, département de la Moselle, condamné à mort, le 5 thermidor an 2, par le tribunal criminel dudit département, comme émigré.

DAUBIGNY Jeanne Claire Scholastique, femme Divorcée de Pont, ex maître des eaux et forêts de la Lorraine, âgée de 30 ans, née à Metz, département de la Moselle, domiciliée à Paris, condamné à mort le 27 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire séant à Paris, comme conspirateur.

DAUBERMESNIL Jacques Nic., âgé de 75 ans, natif d'Aubermesnil, près de Dieppe, département de la Seine Inférieure, ex major de la citadelle de Verdun, domicilié à Verdun condamné à mort le 5 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme complice d'un complot tendant à livrer aux ennemis la place de Verdun.

DAUPHIN G. Elisabeth, veuve de Brigand, âgée de 56 ans, née et domiciliée à Verdun, département de la Meuse, condamné à mort le 5 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme complice d'un complot tendant à livrer à l'ennemis la place de Verdun.

DELAYANT Jacques, ex bénéficier, domicilié à Verdun, département de la Meuse, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 6 floréal an 2, par le tribunal criminel dudit département.

DELERNE J. B., âgé de 56 ans, né à Thionville, département de la Moselle, chevalier de l’ordre du tyran roi, ex écuyer, domicilié à Paris, département de la Seine, condamné à mort, le 5 termidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme complice de la conspiration dans la maison d’arrêt des Carmes où il était détenu.

DEMANGEOT Anne Marie, veuve Délayant, domiciliée à Verdun, département de la Meuse, condamnée à mort comme contre-révolutionnaire, le 6 floréal an 2, par le tribunal criminel dudit département.

DESPREZ Gérard* gendarme de brigade nationale, âgé de 50 ans, natif de Givet-de-Hilaire, domicilié à Verdun, département de la Meuse, condamné à mort le 15 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme complice d'un complot tendant à livrer la place de Verdun à l'ennemi.

DIDELOT Nicolas Antoine, ex vicaire, domicilié à Libremont département des Vosges, condamné à mort le 22 prairial an 2, par le tribunal criminel dudit département comme réfractaire à la loi.

Dogé Jean Baptiste, domestique d'émigré, né à Nancy, Meurthe, résidant à Lyon, 37 ans, condamné par la Commission révolutionnaire de Lyon et fusillé le 5 décembre 1793.
Motif accusation :"Contre-révolutionnaire".

DONA Etienne, homme d'affaire, âgé de 52 ans, né à Dinan-sur-Meuse, ex bourgeois, domicilié à Paris, département de la Seine, condamné à mort le 7 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire séant à Paris, comme contre-révolutionnaire.

DOSSON Anne, domicilié à Docelle, département des Vosges, condamné à mort comme émigré le 29 floréal an 2, par le tribunal criminel dudit département.

DOYEN François Maximilien, chasseur dans la légion du Nord, âgé de 44 ans, né et domicilié à Nancy, département de la Meurthe, condamné à mort le 15 messidor an 2, par le tribunal criminel révolutionnaire séant à Paris, comme contre-révolutionnaire.

DUBOIS Adrien, domicilié à Vertuzey, département de la Meuse, condamné à la déportation le 7 juin 1793, par le tribunal criminel dudit département.

DUDOT Médard, fils de Jean François Xavier, domicilié à Gorze, département de la Moselle, condamné à mort le 12 floréal, an 2, par le tribunal criminel militaire près de Moselle, comme émigré.

DUDOT Jean Sébastien, fils de Jean François Xavier, domicilié à Gorze, département de la Moselle, condamné à mort le 12 floréal, an 2, par le tribunal criminel militaire près de Moselle, comme émigré.

DU PORTAL P. N*., ex abbesse du ci-devant monastère de Louye, âgée de 51 ans, née à Metz, département de la Moselle, condamnée à mort le 9 messidor nivôse an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme contre-révolutionnaire.

DUSABLE André, âgé de 53 ans, né et domicilié à Sarre-Libre, département de la Moselle, condamné à mort comme conspirateur, le 7 ventôse an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

DUTEIL Jean Pierre, général de la division d'artillerie, domicilié à Ancy, département de la Moselle, condamné à mort comme traître à la patrie le 3 ventôse an 2, par la commission militaire séante à Lyon.

IMBERT Jean Baptiste, garçon laboureur, soldat au 15ème bataillon des chasseurs de la République, domicilié à Lunéville, département de la Meurthe, condamné à mort, le 24 nivôse an 2, par le tribunal criminel du département de la Sarthe, comme brigand de la Vendée.

INVERGAI Marie Françoise, femme Dailly, domiciliée à Lunéville, département de la Meurthe, condamnée à mort, le 18 nivôse an 2, par la commission militaire séante à Nantes, comme complice des brigands de la Vendée.

KLEIN Jean, ex vétéran domicilié à Sarre-Libre, département de la Moselle, condamné à mort comme émigré, le 16 messidor an 2, par le tribunal criminel dudit département.

KLOD Jean Baptiste, serrurier domicilié à Rodmack, département de la Moselle, condamné à mort comme émigré, le 3 fructidor an 2, par le tribunal criminel dudit département.

KNŒPFFLER Jean Antoine, ex curé, domicilié à Rothe, département de la Moselle, condamné à Mort comme émigré, le 13 messidor an 2, par le tribunal criminel dudit département.

KNŒPFFLER Dominique, ex notaire, administrateur du district de Bitche, membres d'un comité révolutionnaire, capitaine des chasseurs de la garde nationale, procureur de la commune, président du Bureau de conciliation, domicilié à Bicthe, département de la Moselle, condamné à mort le 26 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme complice d'une conspiration dans les départements de la Moselle, du Gard et des Bouches du Rhône. 

KOURTZ Bernard, couvreur en paille, âgé de 48 ans, né et domicilié à Metzérèche, département de la Moselle, condamné à mort comme conspirateur le 4 nivôse an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

KOURTZ Michel, tisserand, âgé de 48 ans, né et domicilié à Metzérèche, département de la Moselle, condamné à mort le 22 décembre 1793, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme conspirateur, et pour avoir indiqué à l'ennemi où il y avait des armes, lors de son entrée sur notre territoire.

KURTZ Michel, tisserand, domicilié à Metzérèche, département de la Moselle, condamné à mort comme conspirateur, le 4 nivôse an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

LABAYE Léopold, adjudant aux subsistances militaire, âgé de 36 ans, né à Valogne, département de la Manche, domicilié à Nancy, département de la Meurthe, condamné à mort, le 14 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire séant Paris, comme agent de la faction fédéraliste.

LACROIX François, commis principal de la loterie nationale, âgé de 52 ans, natif de Nancy, département de la Meurthe, domicilié à Paris, département de la Seine, condamné à mort, le 15 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris. Pour avoir tenu des propos tendants à la dissolution de la représentation nationale.

LALLEMAND J. Nicolas, ex curé d'Hondelmont, département de la Meurthe, âgé de 41 ans, natif de Dieuze, ex minime de Vezelise, domicilié à Hudelmont, département de la Meurthe, condamné à mort le 6 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme contre-révolutionnaire, en tenant des propos et lançant des discours incendiaires, après avoir requis les fonctions qu'il avait abdiquées.

LAMBERT Jean Baptiste Hubert, préposé au recrutement de la cavalerie, domicilié à Pont--à-Mousson département de la Meurthe, condamné à mort le 2 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire séante ci-devant à Strasbourg, comme concussionnaire.

NEE J. Guillaume Séverin, postillon, domicilié au Havre-Viliers, département de la Seine Inférieure, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 22 brumaire an 2, par le tribunal criminel du département de la Meurthe.

NEYON Alexandre Joseph, lieutenant colonel du 2ème régiment de la Meuse, âgé de 59 ans, natif de Soizy, domicilié à Drincourt, département de la Meuse, condamné à mort le 5 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme complice des manœuvres et intelligences, par suite desquelles la place de Verdun a été livrée aux prussiens.

NICLAU jean Baptiste, grenadier au 29ème régiment, ci-devant Dauphin, âgé de 36 ans, né à Rochefort, département de la Charente Inférieure, domicilié à Chavenay-le-Château, département de la Meuse, condamné à mort le 26 vendémiaire an 2, par le tribunal de Paris, comme contre-révolutionnaire ayant chanté des chansons et tenu des propos tendant au rétablissement de la royauté.

NOGUES Auguste, ex noble, domicilié à Dun, département de la Meuse, condamné à mort comme émigré, le 14 thermidor an 2, par le tribunal criminel dudit département.

SALLES Jean Baptiste*, médecin, député du département de la Meurthe à la Convention nationale, âgé de 34 ans, né et domicilié à Vezelise, Mme département, mis hors la loi par décret de la Convention nationale du 28 Juillet 1793, et par suite des malheureuses journées des 3 mai, 1 et 2 Juin; exécuté à Bordeaux, le 1er messidor an 2.

SAMARY Mathias, tricoteur de bas, domicilié à Forbach, département de la Moselle, condamné à mort comme émigré, le 11 floréal an 2, par le tribunal criminel, du dit département.

SCHARFF Jean Pierre, marchand, âgé de 61 ans, domicilié à Sarre-Libre, département de la Moselle, condamné à mort comme conspirateur, le 7 ventose an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

SCHMIT Barbe, veuve Galhau, âgée de 39 ans, née à Sarre-Libre, département de la Moselle, domiciliée à Schmestroff même département, condamnée à mort comme conspiratrice le 5 ventose an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

SCHMITH Guillaume, chamoiseur, âgé de 80 ans, né et domicilié à Sarre-Libre, département de la Moselle, condamné à mort comme conspirateur, le 7 ventose an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

SCHMITT Jacob, journalier, domicilié à Merlebach, département de la Moselle, condamné à mort comme distributeur de faux assignats, le 18 messidor an 2, par le tribunal criminel dudit département.

SOMMELIER Nicolas Alexis, procureur syndic, domicilié à Verdun, département de la Meuse, condamné à 15 années, de fers, et à 300.000 livre d'amende, le 17 septembre 1793, par le tribunal criminel dudit département, comme émigré

STOFFLET Jean Nicolaschef vendéen lunéville 1751 - fusillé à Angers le 24 février 1796.

TABOUILLOT Claire, âgée de 17 ans, née et domiciliée à Verdun, département de la Meuse, condamnée à 20 années de détention, par le tribunal révolutionnaire de Paris, le 5 floréal an 2, comme convaincu d'avoir coopéré aux manœuvres et intelligences tendantes à livrer aux Prussiens la ville de Verdun.

TARAGON Anne Claude, capitaine au 6ème régiment ex-noble, âgé de 39 ans, né à Bonneval, département d'Eure et Loire, domicilié à Metz, département de la Moselle, condamné à Mort, le 29 frimaire an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme convaincu d'avoir eu des intelligences avec le 1er frère du dernier tyran roi, Bouillé et Lafayette.

THIBAUT jean Christophe, âgé de 60 ans, administrateur du département de la Moselle, natif d'Isming, département de la Meurthe, domicilié à Metz, même département, condamné à mort le 17 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris. Comme complice d'une conspiration dans le département de la Moselle, et notamment en suspendant l'exécution des lois relatives aux biens provenants des religieux.

THIERROT Antoine, âgé de 39 ans, apothicaire, né à Verdun, département de la Meuse, domicilié à Eting, même département, condamné à mort le 16 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme ennemi du peuple, ayant applaudi avec enthousiasme à l'entrée des troupes prussiennes sur le territoire de la République.

THOUVENIN Jean Antoine*, Toul 1759, Nancy 1794.

THUILEUR Pierre*, gendarme, âgé de 61 ans, né et domicilié à Verdun, département de la Meuse, condamné à mort, le 5 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme convaincu d'avoir pratiqué des manœuvres, tendantes à livrer la ville de Verdun aux Prussiens.

TOLLER Jean Daniel Frédéric, capitaine au ci-devant régiment de Saxe, domicilié à Bitche, département de la Moselle, condamné à mort, le 3 fructidor an 2, par le tribunal criminel dudit département, comme émigré.

TOURNACOS François, baron Allemand, âgé de 37 ans, natif de Metz, domicilié à Paris, département de la Seine, condamner à mort, le 2 prairial an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme conspirateur ayant montré à ceux qui l'interrogeaient un écu de six livres, à la face du tyran roi, disant que c'était la son passe port.

WAGNER Michel , ex administrateur du département de la Moselle, âgé de 43 ans, né et domicilié à Sarre-Libre, même département, condamné à mort le 17 floréal an 2 , par le tribunal révolutionnaire séante à Paris, comme complice d’une conspiration, dans le département de la Moselle, et notamment en suspendant l’exécution des lois relatives aux biens provenants des religieux.

WANNIER Philippe ou VANIER françois Joseph, volontaire en garnison à Longwy, né à Beaugency (Loiret), condamné à mort par le tribunal criminel de la Moselle le 19 Nivôse an 2, pour propos contre-révolutionnaire.

WARMEJANVILLE Nicolas Hyacinthe, capitaine au 16e régiment en garnison à Dumkerque, âgé de 35 ans, domicilié à Azzancy, département de la Moselle, condamné à mort le 17 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme ayant souffert au mépris de la loi, que les soldats portassent leurs habits blancs au lieu de l’uniforme national, et ayant fait des reproches à ceux qui avaient pris l’habit national, pour se conformer à la loi.

WULLAUME Barbe fille majeure, femme de chambre de l’émigrée femme Saulnier, domiciliée à Nancy, département de la Meurthe, condamnée à mort comme émigrée le 28 vendenair an 2 par le tribunal criminel du département de la Moselle.

(Liste non exhaustive...)

La lecture de cette liste permet de mieux comprendre et de réaliser comment une foule de gens de tous âges et de toutes conditions sociales ont été livrés au bourreau en raison de leur militantisme contre-révolutionnaire, jugés coupables de fidélité à l'égard de notre Tradition Catholique et Royale Française.  Souvenons-nous de la TERREUR sous la Révolution, souvenons-nous de toutes ces malheureuses victimes innocentes MORTES POUR QUE VIVE LA FRANCE, et sacrifiées à l'échafaud sur l'autel de la "liberté" Républicaine...  

28/07/2012

La place Royale de Nancy

 

Place_Stanislas_Nancy.jpg

Aimer son Pays, sa province c'est chercher à bien connaître son Histoire, pour mieux comprendre le présent et préparer l'avenir. Nous avons déjà eu l'occasion à plusieurs reprises de rétablir quelques vérités historiques sur notre site, et de détruire par la même opportunité les mythes et légendes ubuesques fondateurs de la fausse "patrie moderne" des droits de l'homme, imprégnée qu'elle est par la pesante atmosphère de la Révolution de 1789, chargée de ses illusions, de ses passions et de ses folies meurtrières...

lanterne.jpgNotre province, la Lorraine n'a pas échappé au grand bouleversement révolutionnaire. On le devine, elle fût elle aussi le théâtre d'enjeux machiavéliques. Des hommes assoiffés de pouvoir et pressés d'en finir avec les Traditions de nos ancêtres se sont fait les complices de ceux qui dès le début de la Révolution se sont donnés pour objectif de couper définitivement les Français de la glorieuse et prestigieuse histoire de nos Rois Chrétiens. Voilà comment une place qui était destinée à l'origine à rendre hommage au Roy de France Louis XV dit le bien aimé, la place Royale de Nancy, est devenue par la convergence de plusieurs événements tortueux, la place appelée de nos jours "la place Stanislas"... Chef d'oeuvre de l'art royal, place aujourd'hui mondialement célèbre et renommée pour la beauté de ses grilles de fer forgées ornées d'or.

Stanislas le dernier duc de Lorraine, désira en effet jadis de créer à Nancy, un ensemble architectural en l'honneur de son gendre le Roy Louis XV, afin de consolider le rattachement de la Lorraine à la France suite à l'accord diplomatique de la pragmatique sanction. Le 18 mars 1752, la première pierre  fut posée officiellement. Le 26 novembre 1755 eut lieu l'inauguration de la Place dont la statue de Louis XV devait être l'élément central. Les dimensions de cette place prestigieuse sont de 106 mètres sur 124 mètres. Les quatre pavillons situés perpendiculairement à l'Hotel de Ville sont groupés deux à deux, et ont la même hauteur.

La statue de Louis XV

LouisXV-1.jpgLa statue originelle, au centre de la Place Royale telle que l'avait voulue Stanislas, représentait Louis XV debout sur un socle, vêtu en empereur romain le regard tourné vers la France, sa main brandit le bâton tressé d'or et à ses pieds sont posés le casque, le globe de la souveraineté aux trois fleurs de lys. C'est la figure d'un Roy de France victorieux. La face principale portait cette dédicace " LUDOVICO XV TENERRIMI ANIMI MONUMENTUM" (à Louis XV monument d'un cœur affectueux).

Aux quatre coins du socle étaient assises des vertus, statues coulées en plomb bronzé : la Prudence, la Justice, la Force, et la Clémence. Ces mêmes vertus étaient représentées sur le socle de la statue de la place Louis XV de Paris (oeuvre de Bouchardon).

 Le piédestal en marbre de Gênes était orné de bas-reliefs représentant le mariage de Louis XV et de Marie Leszczynska, une allégorie de la paix de Vienne, le rattachement de la Lorraine à la France, les fondations de Stanislas.

Le monument avait été sculpté par Guibal, aidé par son élève Paul-Louis Cyfflé

Les grilles de Jean Lamour 

Les majestueuses grilles dorées d'or de Jean Lamour unissent de manière originale les pavillons d'Emmanuel Héré. Les fontaines de Neptune et d'Amphirite ont été réalisées en plomb doré, elles sont de style rocaille. Les deux grilles des fontaines, au nord et au sud de la place, sont particulièrement remarquables, de par leur magnificence et leur taille : l'ouverture des ceintres est de 15,30 m et leur développement de 23,45 m. Leur hauteur de 10,40 m. 

lamour.jpgJean Lamour déclara à leur sujet : "Tout ce qui est apparent, les carcasses, les socles, les piédestaux, les corps des pilastres, les chapitaux, les architraves, les frises, les corniches et l'adoucissement qui reçoit le grand couronnement, ainsi que les arrière-corps, les impostes, les panneaux et l'archivolte sont de fer battu et rivé sur les marnages... Les tôles sont si exactement appliquées sur l'armature qu'elles semblent ne faire qu'un même corps. Les saillies des corniches, les différents profils y sont observés avec une précision qui fait douter que ce soit du fer forgé ; à peine y aperçoit-on les rivures et les joints." (Recueil des ouvrages en serrurerie que Stanislas, duc de Lorraine, a fait poser sur la place royale de Nancy à la gloire de Louis le Bien-Aimé, composé et exécuté par Jean Lamour, Dédié au Roy - imprimé chez Thomas à Nancy, 1768) et aussi "On ne voit dans mon travail ni cette pesanteur, ni cette maigreur ordinaire des ouvrages de ce genre."

Au sommet de ces grilles, on remarque un portique avec une couronne Royale, des vases, des fleurs de lys, le blason de la Maison France, un coq portant une lanterne ainsi que le chiffre de Louis XV.

 

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L'inauguration

portrais-guibal.jpgLes fêtes de l'inauguration commencèrent le 25 novembre 1755, une messe était célébrée à la Primatiale devant le Roy et en présence des corps constitués.

Nancy devient ce jour le centre du monde, la ville est envahie par une grande foule de badauds venue des quatre coins de la Lorraine, mais aussi de toute la France et de nombreux pays étrangers pour participer a cet instant solennel. Le lendemain, vers midi après une messe à Bonsecours, le carrosse du duc de Lorraine entre dans la cité par la porte St Nicolas de la Ville Neuve.

" Messieurs c'est aujourd'hui que le Roy fait la dédicace du monument que Sa Majesté a fait ériger comme un gage de son amour pour le Roy son gendre. Vive le Roy !"

 

Une salve d'armes proclame la dédicace et les sculpteurs, Guibal et Cyfflé découvrent la statue retirent le drap qui cache encore la forme. La statue de Louis XV apparaît dans son manteau de bronze, vêtu d'une cuirasse romaine, toge sur les épaules, le souverain tourne son regard vers la France...  

La place Royale en 1789

La place royale, devenue le centre obligé de toutes les manifestations futures, symbole fort de la Royauté Française, subit les foudres de la révolution de 1789...

Les Nancéiens traditionalistes, fidèles au Royaume de France et très attachés à l’œuvre de Stanislas tenteront de retarder les effets destructeurs portés contre la monarchie...

piedouche statue louis XV.jpgMalheureusement, en vertu d’un décret du 14 août 1792, le maire de Nancy Adrien Cyprien Duquesnoy, élu le 15 février 1792..., eu pour mission de faire disparaître les emblèmes royaux. En septembre la statue de Louis XV est enterrée au pied de son socle. Le 12 novembre la garde national parisienne qui stationnait à Nancy est relevée par des fédérés le 13 novembre, ils détruisent avec une fureur inouïe un bon nombres d’édifices, bas reliefs, inscriptions, œuvres artistique et des documents faisant référence à Louis XV et à Stanislas.

La place royale outragée, fut finalement dépouillée définitivement de la statue de Louis XV, c'est le 26 novembre 1792 que la sculpture fut exhumée. Retirée, démembrée, pesée puis vendue, elle fut ensuite envoyée à la fonderie de Metz le 23 janvier 1793...

De nos jours le piédouche de l'ancienne sculpture est toujours visible, il se trouve au cimetière Preville de Nancy (Rue notre Dame des Anges, entrée Est à gauche).  Il a été utilisé comme stèle mortuaire par la famille Antoine. Bien qu'en très mauvais état de conservation il demeure néanmoins un témoignage du passé...

10/07/2012

Les dessous de la Bastille

Les dessous de la Bastille

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Glorieuse, la prise de la Bastille ? Pas tant que ça... D’ailleurs, le 14 juillet n’a été choisi comme fête nationale qu’environ cent ans plus tard, en 1880, et la date a été largement discutée : les députés et les sénateurs ont proposé aussi bien le 4 août que le 5 mai que le 21 septembre, etc. et le 14 juillet ne l’emporte que de peu.

La Bastille : du mythe à la réalité

« Le matin fut lumineux et d’une sérénité terrible, écrira Michelet : Une idée se leva sur Paris avec le jour, et tous virent la même lumière. Une lumière dans les esprits et dans chaque cœur une voix : Va et tu prendras la Bastille ! ».
La prise de la Bastille est devenue dans les livres scolaires de la IIIe République le symbole de la victoire du peuple sur la « tyrannie ». En effet, chacun comprendra qu’il est toujours dans l’intérêt de ceux qui ont pris le pouvoir en 1789 de masquer leur propre violence et l’arbitraire sur lesquels ils ont assis leur domination. Se fabriquant ainsi leurs propres mythes fondateurs…

La Bastille : sa réalité à la veille du 14 juillet

En 1789, il y avait déjà longtemps que la Bastille ne servait plus guère. On envisageait même de supprimer cette forteresse trop coûteuse.

Quand la Bastille est prise le 14 juillet, elle ne détient dans ses geôles que sept prisonniers : des fous, un faussaire et quelques personnes si peu recommandables qu’il est bien difficile de se glorifier de leur libération. Sept détenus c’était vraiment peu… Michel Winoch le déplorait, en ajoutant que la réalité n’a pas besoin de coïncider avec les idées reçues, les faux bruits ou les imaginations. De plus à la fin du XVIIIème siècle, le traitement des prisonniers à la Bastille était décent, mais pour légitimer l’émeute, les révolutionnaires voulaient faire de la Bastille un engin de torture horrifique et injuste…

Le 14 juillet : on marche d’abord sur les Invalides, pas sur la Bastille

Au matin du 14 juillet, les émeutiers se dirigent vers les invalides. Ils exigent des armes demandées la veille, et comme le gouverneur, Sombreuil, avait voulu négocier, ils profitent de l’ouverture de la porte pour s’engouffrer et piller les fusils qui se trouvaient là, des canons et un mortier.
Et voilà donc les émeutiers en marche vers la forteresse.

Sur place, le dérapage...

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Les émeutiers n’avaient pas rencontré d’opposition aux Invalides. Mais, à la Bastille, le gouverneur, Bernard de Launay, s’affole en voyant la foule approcher. Ses ordres sont contradictoires. Il envisage même de faire sauter le stock de poudre pour éviter qu’on ne s’en empare. Puis il tente de négocier. Enfin finalement, il laisse entrer les émeutiers dans les cours de la forteresse…

L’épisode qui suit est tristement célèbre : Launay est entrainé vers l’Hôtel de ville, harcelé de coups, finalement massacré au sabre. Sa tête, coupée au couteau par l’aide-cuisinier Desnot, est promené au bout d’un pique dans tout Paris, bientôt accompagné du prévôt des marchands. Flesselles, que l’on assassina dans la foulée. On but le sang des malheureuses victimes : « Acte d’un goût douteux, conclut le professeur Jean Tulard, mais qui va se généraliser durant les années suivantes et de devenir une forme de « civilité » révolutionnaire pour les victimes de marque ».

CONCLUSION :

 

 

La conclusion qu’inspire ce récit, pourtant résumé des événements est que, contrairement à une légende tenace, la Bastille n’a pas été prise d’assaut, mais elle s’est rendue. Autrefois les livres scolaires, aujourd’hui les encyclopédies ont diffusé et diffusent encore abondamment les images fortes d’un peuple vigoureux et courageux, faisant tomber par la seule force de son ardeur, l’une des plus puissantes forteresses médiévales. Et ainsi, de pierre en pierre, va se construire une nouvelle Bastille celle du « mythe ».

 

FETERA-T-ON LE TRICENTENAIRE DE LA REVOLUTION ?

Contester le mythe révolutionnaire, comme s’y emploient les historiens actuels, délégitimer la Terreur, c’est ruiner le présupposé ancien selon lequel les progrès sociaux s’obtiendraient par la violence. Conduite au nom du peuple, la Révolution s’est effectuée sans le consentement du peuple, et souvent même contre le peuple. Le bicentenaire n’a pas vraiment commémoré 1789, mais plutôt exalté l’idée que la France de 1989, du moins celle qui est au pouvoir, se fait d’elle-même…

Quittons l’histoire pour le champ de la prospective. Au rythme ou vont les choses… Que réserve 2089 ? Si la logique communautariste qui prévaut aujourd’hui n’a pas été renversée. Et que les Musulmans seront devenus majoritaire dans le pays. Pouvons sérieusement imaginer un seul instant ces nouveaux « Musulmans de France » célébrer 1789 ? Quant on sait que la pensée révolutionnaire ne s’accorde pas avec l’anthropologie exprimée par les textes sacrés de l’islam. Quelle signification pourrait revêtir pour eux en 2089 la commémoration de la révolution « française » ?

L’histoire n’étant jamais écrite d’avance, et l’histoire de France ayant toujours réservé d’étonnantes et miraculeuses surprises. On ne peut s’empêcher d’imaginer, et d’espérer voir sur notre sol un retour en force de la Foi catholique. Certes il faudrait alors tout reconstruire, ces nouveaux chrétiens auront certainement donc d’autres urgences que de célébrer ou de contester le tricentenaire de 1789…

(Article proposé par Madame Charlène Courtois).

01/07/2012

Film documentaire : Les vendéens


28/02/2012

Massacre des Innocents aux Lucs-sur-Boulogne

 
 
790.jpgLe 28 février 1794, tuant et incendiant sur leur passage, les colonnes des généraux Cordellier et Crouzat se dirigent vers le village des Lucs-sur-Boulogne. Mais sur le chemin, ils sont attaqués par Charette et mis en déroute. Cependant, après sa victoire, Charette, obligé de pratiquer la guérilla, se retire. Martincourt, un lieutenant de Cordellier s'en aperçoit et après avoir rallié plusieurs fuyards, se dirige vers Les Lucs avec l'intention d'y exercer des représailles.
 
 
Le massacre
 
 
Les Républicains, une fois entrés dans le village, rassemblent la population devant l'église. Les villageois n'étaient guère en mesure de se défendre, la population présente comptant principalement des vieillards, des femmes, des enfants dont 110 avaient moins de 7 ans. La quasi-absence d'hommes adultes convainquit les Républicains que ces derniers avaient participé aux combats sous les ordres de Charette. Matincourt avait choisi de ne pas faire de quartier ; de plus, il souhaitait que l'opération se fasse en économisant le plus de cartouches possibles. Les soldats firent donc entrer la population dans l'église jusqu'à ce que, tout à coup, la cohue s'arrête, l'église s'avérant trop petite pour pouvoir contenir toute la population du village. Les Républicains mirent leur baïonnette au canon, chargèrent et massacrèrent toutes les personnes restées à l'extérieur. Les portes de la chapelle furent ensuite fermées, emprisonnant les civils à l'intérieur. L'église fut ensuite incendiée et des tirs de canons provoquèrent son éboulement.
 

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110 enfants âgés de moins de 7 ans sont massacrés. Ils sont proposés pour la béatification
 
Marie-Modeste AIRIAU, de la Ricoulière, 5 ans et 7mois,
Thomas AIRIAU, de Villeneuve, 10 mois,
Joseph ARCHAMBAUD, de Puyberne, 20 mois,
Agathe ARNAUD de Belleville (tuée au Lucs ) 4 ans et demi,
Etienne BERIAU, de l’Erzandière.15 jours,
Marie-Madeleine BERIAU, de Roblin, 2 ans et 11 mois,
Jeanne BERIAU, du Petit-Luc, 4 ans,
Marie BERNARD, de la Jarrie, 3 ans,
Céleste BOISSELEAU, de la Grézaudière, 6 ans,
Pierre BOISSELEAU, de la Gaconnière, 6ans et demi,
François BOSSIS, du bourg du Grand-Luc, 7 mois,
Joseph BOSSIS, son frère, 23 mois,
Louis BOSSIS, autre frère, 5 ans,
Pierre BOUET, de la Surie, 27 mois,
Louis BOURON, de Bourgneuf, 3 mois,
Madeleine BOURON, sa cousine, de Bourgneuf, 3 ans,
Marie CHARUAU, de la Guyonnière, 2 ans,
Marie-Madeleine CHARUAU, sa sœur, 4ans et 3 mois,
Jean CHARRIER, de la Devinière, 3 ans,
Marie DAVIAUD, de l’Erzandière, 1 mois,
Pierre DAVIAUD, son frère, 5 ans et 8 mois,
Jeanne DAVIAUD, au Petit-Luc, 2 ans et 11 mois,
Pierre DAVIAUD, son frère, 4 ans et 10 mois,
Louis EPIARD, du Chef-du-Pont, 5 ans et 10 mois,
Jean-François ERCEAU, de la Sorinière, 27 mois,
Pierre FETIVEAU, de la Gaconnière, 27 mois,
N…FETIVEAU, son frère, 3 mois,
Jeanne FEVRE, du Chef-du-Pont, 5 ans et demi,
Suzanne FORGEAU, de la Sorinière, 20 mois,
Rose-Aimée FORT, du Champ-Dolent, 31 mois,
Pierre-René FORT, son frère, 5 ans et 9 mois,
Marie-Anne FOURNIER, bourg du Grand-Luc, 30 mois,
Jacques FOURNIER, son frère, 5 ans et 5 mois,
Marie GARREAU, de la Cornetière, 7 ans,
Marie-Anne GAUTRET, de la Guénière,7 ans,
Pierre GEAI, des Temples ; 25 mois,
Jean GIRARD, du Chef-du-Pont, 1 an,
Marie-Jeanne GIRARD, sa sœur, 4 ans et 2 mois,
Pierre GIRARD, leur frère, 6 ans et 4 mois,
Pierre GOUIN, des Temples, 1 an,
Louis GRALEPOIS, de la Grézaudière, 13 mois,
Jeanne GRALEPOIS, de la Bretonnière, 5 ans,
Pierre GRATON, du Puy, 3 ans et 4 mois,
Jeanne GRIS, de la Cernetière, 5 mois,
Pierre GRIS, son frère, 5 ans,
Lubin GUILLET, du Bourg du Grand-Luc, 6 ans,
Marie GUITET, de l’Erzandière, 4 ans et demi,
Marie HERMOUET, du bourg du Grand-Luc, 5 mois,
Louis HIOU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois,
Marie-Anne JOLI, de la Bromière, 27 mois,
Marie MALARD, du Marchais, 4 ans,
Jean MALIDIN, de la Primaudière, 18 mois,
Marie MALIDIN, sa sœur, 3 ans et 11 mois,
Jeanne MALIDIN, de la Bruère, 3 ans,
Rose MALIDIN, sa sœur, 6 ans et 2 mois,
Joseph MANDIN, du bourg du Grand-Luc, 23 mois,
Louis MANDIN, son frère, 5 ans et 9 mois,
Véronique MARTIN, de la Moricière, 1 an,
Marie-Françoise MARTIN, du Petit-Luc, 2 ans,
Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 4 mois,
Rosalie MARTIN, de la Guénière, 2 ans et 10 mois,
Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 3 mois,
Rosalie MARTINEAU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois,
Jean MIGNEN, de la Sorinière, 1 an,
Louise MINAUD, du Brégeon, 15 jours,
Louise-Marie MINAUD, sa sœur, 15 mois,
Jean MINAUD, leur frère, 5 ans et 3 mois,
Pierre MINAUD, autre frère, 6 ans et 11 mois,
Jeanne MINAUD, de la Davière, 15 mois,
André MINAUD, son frère, 4 ans et 2 mois,
Véronique MINAUD, leur sœur, 6 ans et 8 mois,
Pierre MINAUD, leur cousin de la Davière, 4 ans,
Louise MINAUD, de l’Ethelière, 33 mois,
Marie-Anne MINAUD, sa sœur, 6 ans et 11 mois,
Anne MORILLEAU, de la Primaudière, 2 ans
Céleste MORILLEAU, sa sœur, 6 ans et 5 mois,
Jean PERROCHEAU, du Retail, 5 ans et 3 mois,
Pierre POGU, de la Pellerinière, 22 mois,
Jean POGU, son frère, 5 ans,
Rose PREVIT, de Villeneuve, 10 mois,
Marie PREVIT, sa sœur, 6 ans,
Rose REMAUD, de Bourgneuf, 4 ans et 11 mois,
Marie REMAUD, de la Grande-Métairie, 4 ans et demi,
Pierre RENAUD, de la Nouette, 18 mois,
Catherine RENAUD, sa sœur, 3 ans et demi,
Jeanne RENAUD, leur cousine, de la Nouette, 4 ans,
Marie-Anne RENAUD, de la Petite-Brosse, 4 ans,
Pierre RENAUD, son frère, 6 ans et demi,
Marie RICOULEAU, de la Bromière, 22 mois,
Jeanne ROBIN, de la Retardière, 5 ans,
Marie-Anne RORTAIS, de la Guyonnière, 4 ans,
Jeanne ROUSSEAU, de la Gaconnière, 23 mois,
Jean ROUSSEAU, son frère, 3 ans et 11 mois,
Louis ROUSSEAU, autre frère, 7 ans,
Victoire ROUSSEAU, cousine, de la Gaconnière, 11 mois,
Jeanne ROUSSEAU, sœur de Victoire, 4 ans,
Jeanne SAVARIAU, de la Sorinière, 5 ans et 10 mois,
Pierre SIMONEAU, de la Moricière, 6 mois,
Jean SIMONEAU, son frère, 4 ans et 10 mois,
Jacques SIMONEAU, de la Bugelière, 18 mois,
Joseph, SIMONEAU, cousine, de la Bugelière, 8 mois,
Henri SORET, du Petit-Luc, 2 ans,
Jacques SORIN, de la Bromière, 5 mois,
Jean SORIN, son frère, 3 ans et 3 mois,
Madeleine TENET, du Chef-du-Pont, 7 ans,
Louis VRIGNAUD, de la Ricoulière, 23 mois,
Marie-Jeanne VRIGNAUD, de la Cornetière, 3 ans,
Jean-Baptiste VRIGNAUD, son frère, 4 ans et 5 mois.
   
Cette longue litanie est suffisamment émouvante pour se passer de commentaires. Nous invitons tous ceux qui ne l’ont pas encore fait d’aller en Pèlerinage du Souvenir à la Chapelle du Petit-Luc dans laquelle sont inscrits tous les noms de ces jeunes martyrs.
   
Nous reprenons la prière composée en 1994 (lors du Bicentenaire) pour demander la Béatification des enfants martyrs des Lucs :
 
« Seigneur Jésus, qui avez couronné de l’auréole des martyrs les petits enfants de Bethléem immolés à votre place par Hérode, daignez nous accorder la Glorification des petits enfants des Lucs, victimes de l’impiété révolutionnaire. N’est-ce pas en haine de votre nom qu’ils furent eux aussi massacrés, nouveaux SAINTS INNOCENTS de cette paroisse justement surnommée le BETHLEEM DE LA VENDEE ? Notre-Dame du Petit-Luc, Reine des Martyrs, priez pour nous ! ».
 

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06/01/2012

Sainte Jeanne d'Arc a 600 ans.

Sainte jeanne d'arcC'est le 6 janvier 1412, il y a très exactement 600 ans, que Jeanne naquit à Domrémy à près de cinq lieues de Vaucouleurs, alors que la misère était grande et l'avenir devenu bien incertain au Royaume de France.

L'alliance anglo-bourguignonne était plus étroite que jamais, quelle force pourrait bien l'empêcher de donner le coup de grâce à Charles VII ?

En bas âge, Jeanne faisait des vœux ardents pour que son roi ait son royaume « en commande ». Dieu se plaît à faire des faibles les instruments de sa puissance, il avait fait choix de cette fille des champs, dont l'âme si pure était précieuse devant lui, pour sauver la France.

A 13 ans les voix qu’elle entend (celles de Saint Michel Archange Saint patron protecteur de la France, Sainte Marguerite et Sainte Catherine) lui disent d’aller sauver le Royaume de France de l'invasion Anglaise et de faire couronner Charles VII à Reims.

Le 17 juillet 1429, Charles VII est sacré et couronné dans la cathédrale de Reims. Capturée le 24 mai 1430 par les hommes du duc de Bourgogne à Compiègne, elle est livrée aux Anglais qui la font juger par un tribunal à Rouen pour sorcellerie.

En 1456, elle est réhabilitée, béatifiée en 1909 et canonisée en 1920.

 

03/12/2011

Saint-Nicolas et l'épopée de Cunon Sire de Réchicourt

 

saint-nicolas-gloire-saint-jean-baptiste-sainte-lucie-lorenzo-lotto-13-354-iphone.jpgAu soir du 05 décembre de l'année 1240, c'est à dire, à la veille même de la fête patronale de Saint-Nicolas de Myre, il se passa chez nous un fait inouï, dont, jusqu'aujourd'hui, nous célébrons solennellement la mémoire.
Il s'agit de la délivrance miraculeuse du Sire Cunon de Réchicourt et de la solennité la plus populaire depuis cette époque à Saint-Nicolas de Port (...).

Cunon de Réchicourt était le Chef de la Maison de Linange. Après des prodiges de valeur, le Seigneur Lorrain tomba aux mains des Infidèles, qui, sachant son sang et sa valeur, le retinrent prisonnier au lieu de l'immoler.
Les musulmans pensèrent en tirer une énorme rançon comme c'était l'usage en ces temps là.


rech1.gifIls le jetèrent dans un cachot où il demeura 4 ans : il fut chargé de lourdes chaînes, carcan au col, ceinture de fer pour l'attacher à la muraille, menottes aux mains et aux pieds, bref, tout un attirail formidable qu'on put contempler des siècles dans l'église même de Saint-Nicolas de Port. 
Années lentes, pénibles, douloureuses, où le Seigneur Lorrain, vaincu et prisonnier, qui s'attendait à mourir, pensait souvent à son pays lointain.
Et la rançon n'arrivait toujours pas..


Le vaillant guerrier oublié des siens songea, en ce 5 décembre 1240, que le lendemain était la fête solennelle de Saint-Nicolas, Evêque de Myre, Patron de son pays lorrain.
Alors, plein de confiance, il éleva ses pensées et son coeur vers le Protecteur des prisonniers et des marins en danger, et il s'écria :


- "O Grand Saint-Nicolas, venez donc à mon secours, n'importe comment ; mais sauvez-moi et rendez-moi aux miens et à ma patrie !"
Soudain - comme autrefois à l'apôtre Saint-Pierre à sa prison - une éclatante lumière emplit le cachot du Sire de Réchicourt - 
Saint-Nicolas apparut tout nimbé de gloire, toucha de sa dextre bénissante le malheureux seigneur, soldat du Christ, et lui dit : 
-"Va, tu es libre ; les portes de ce cachot sont ouvertes ; va... je te conduirai par la main vers les tiens et vers ton cher pays de Lorraine, que je protège du haut des cieux ! Va ! "(....)


A 9 heures du soir, en ce 5 décembre 1240, Cunon de Réchicourt, le prisonnier de Palestine, se trouva transporté miraculeusement devant la porte de l'église de Saint-Nicolas de Lorraine. On dit, qu'arrivé devant l'église, les portes s'ouvrirent toutes seules devant le chevalier enchaîné et qu'une lumière éblouissante remplissait le temple auguste.
Cunon se prosterna avec ferveur devant la statue de Nicolas le thaumaturge et remercia son célèbre protecteur. Les chaînes aussitôt tombèrent d'elles-mêmes et le guerrier lorrain les suspendit à l'un des pilliers voisins de l'autel patronal. 


Il en reste un débris - assure-t-on - conservé dans une châsse gothique, et que l'on porte encore à la fameuse procession, bientôt sept fois séculaire, du Sire de Réchicourt à Saint-Nicolas de Port (...).

(extrait du livre "les grands jours de Saint-Nicolas").

16/11/2011

L'implantation des tribus celtes dans notre province

celtes.JPGParmi les tribus celtes qui s'introduisent en Gaule, deux d'entre elles s'installent dans notre région :

- Les Médiomatriques, de la Meuse au Rhin;

- Les Leuques, au sud de la Lorraine.

Elles ont chacune une capitale : Divodurum pour les Médiomatriques (Metz). Tullum pour les Leuques (Toul). Chaque tribu a une assemblée composée des chefs des principales familles qui détient le pouvoir. La société se compose de trois classes :

- les chevaliers ou nobles et les druides.

- la plèbe qui est l'ancienne population

- les esclaves, souvent anciens prisionniers de guerre.

Les Médiomatriques et les Leuques sont avant tout des guerriers. Ils se fixent sur les points élevés déjà occupés par les hommes de la préhistoire. Ces buttes fortifiées s'appellent des oppidums. Ils sont protégés par de solides murailles de pierre. Les guerriers ont un armement composé de lances, d'épées, de boucliers doublés de cuir.

oppi.jpgLes Celtes habitent des buttes de forme circulaire. Après avoir tracé un cercle, les hommes creusent le sol et rejettent la terre à l'extérieur pour former un mur sur lequel ils plantent des pièces de bois qui se croisent au sommet. Sur ce cône, ils fixent des branchages puis de la terre glaise en prenant soin de laisser un trou pour le passage de la fumée. L'habitat des paysans est souvent groupé et forme un village que l'on appellera vicus.

Les hommes portent un pantalon ou braie, une tunique à manches et le manteau (sagum). Les vêtements sont attachés avec des fibules.

Les celtes échangent leurs produits, le sel, le blé et le fer avec le vin venu des bords de la Méditerranée. Pour circuler à travers le pays, ils utilisent des pistes. Leurs pièces de monnaie ressemblent aux pièces grecques et bientôt chaque tribu aura ses propres pièces. Sur celles-ci figurent un cavalier, un sanglier, un taureau ou parfois le profil du visage d'un chef.  

02/11/2011

LA NOBLESSE DE LORRAINE AUX CROISADES

L'histoire de la noblesse de Lorraine se lie étroitement aux annales des guerres saintes.

Avec les croisades on voit la chevalerie naissante briller bientôt du plus vif éclat; les signes héraldiques deviennent d'un usage habituel; les tournois, les fêtes chevaleresques se multiplient; des modifications essentielles pénètrent dans le régime des fiefs, les noms de familles commencent alors à recevoir des règles déterminées; les chevaliers apprenent à mieux combattre; on discipline les hommes d'armes; et, dans les dernières croisades, on voit les rois de France prendre des barons à leur solde, signe précurseur de l'organisation des armées régulières.

 

histoire, lorraine, croisade, deus lo vult, terre sainte

 

Les principales familles de Lorraine qui fournirent des combattants aux Croisades d'Orient.

 

Maison de Raigecourt

Maison de l'ancienne chevalerie de Lorraine, Gilles de Raigecourt était à la troisième croisade. Geoffroi de Raigecourt fut l'un des dix chevaliers qui portèrent le dais à l'entrée de l'empereur Charles IV dans la ville de Metz. Sous les ducs de Lorraine, la maison de Raigecourt a donné un maréchal de Lorraine et de Barrois, des grands veneurs, grands maîtres et généraux d'artillerie, des ambassadeurs, sénéchaux et chambellans; en France, des officiers généraux, un prélat, une dame d'honneur de Madame Elisabeth de France; en Allemagne, des lieutenants généraux, chambellans et dames de l'ordre de la Croix Etoilée. Alliance avec les Bauffremont, Briey, Gournay, Harancourt, Lenoncourt, Saint-Mauris, etc.

Chef de nom et d'armes : M.le marquis de Raigecourt.

Armes : d'or, à la tour de geules.

Devise : Inconcussible.

 

Maison de Briey

Ancienne maison de Lorraine dont la filiation est connue depuis Jean de Briey, seigneur de Thionville, qui vivait à la fin du onzième siècle. Renaud et Hugues de Briey allèrent à la première croisade; Renaud mourut en Palestine. En 1284, Henri et Oury de Briey prirent part, avec la meilleure noblesse de Lorraine, aux célébres tournois de Chauvency. On trouve encore : Varin de Briey, gentilhomme ordinaire de la chambre d'Antoine, duc de Lorraine; François de Briey, gentilhomme ordinaire de la chambre d'Henri III; Jean-Gabriel de Briey, colonel des régiments de La Marck, de l'Ile-de-France et de Gâtinais; Auguste-François de Briey, chevalier de l'ordre de Marie-Thérèse et chambellan de l'empereur d'Autriche, etc. Alliances avec les maison d'Aspremont, Busancy-Pavant, Beauffort, Choiseul, Hangest, Haussonville, Mérode, Namur d'Elzée, Raigecourt, Scorailles, etc.

Chef de nom et d'armes : M.Charles-Herbrand, comte de Briey.

Devise : Diex me conduie

Armes : d'or, à trois pals de gueules alaisés et fichés.

 

bauffremontMaison de Bauffremont

Maison illustre, originaire de Lorraine, Liébaud Ièr, baron de Bauffremont, prit part à la troisième croisade et vivait encore en 1203. Son petit-fils, Liébaud II, eut la charge de maréchal de Bourgogne vers la fin du treizième siècle. On disait au moyen âge : Li Bauffremont li bon barons. Parmi les seigneurs de cette maison on trouve : Jean de Bauffremont, tué à la bataille d'Azincourt; Nicolas de Bauffremont, lieutenant général au gouvernement de Bourgogne en 1596; Louis Bénigne, marquis de Bauffremont, prince de Listenois, seigneur héréditaire du duché de Pont de Vaux, prince du Saint-Empire; Joseph de Bauffremont, chef d'escadre sous Louis XV. Cette maison compte quatre chevaliers de la Toison d'or, deux chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit, et s'est allié aux d'Aubusson de La Feuillade, Courtenay, Gontaut-Biron, La Rochefoucault, La Vauguyon, Montmorency, Narbonne-Lara, Polignac, Toulongeon, etc.

Chef de nom et d'armes : M.Alphonse-Charles-Jean, duc de Bauffremont.

Devise : Dieu ayde au premier chrestien.

Légende : Plus de deuil que de joie.    

 

16/10/2011

« Je m’appelais, Marie-Antoinette Lorraine d’Autriche »

antoinette.jpgEn ce 16 Octobre 1793, il est très exactement 12h15 lorsque la tête de Marie-Antoinette, Reine du Royaume Catholique de France, tombe dans le panier du bourreau. Femme, Reine et mère, Marie-Antoinette est lâchement exécutée après un procès honteusement truqué, dont s’inspireront par la suite les plus sombres dictatures des temps modernes.

 

Rien ne peut justifier la violence que les révolutionnaires les plus cruels ont fait subir à notre malheureuse Reine. Après la condamnation et la mort de sa majesté le Roy Louis XVI, le 21 janvier 1793, elle endure une souffrance physique et morale insupportable qui lui fera dire qu’elle n’a « plus de larmes pour pleurer ». Dans la tour du temple la Reine s'agenouille devant son fils devenu Louis XVII, les grandes puissances européennes reconnaissent "l'enfant Roy" comme tel. Très précoce pour son âge et témoin des exactions perpétrées contre ses parents, ainsi Louis XVII demanda-t-il "Maman sommes nous des martyrs ?". Les monstres sans culottes décorés de la cocarde tricolore feront encore endurer par la suite à la Reine la monstrueuse séparation de son fils...

 

ma_cour.jpgC’est un tribunal révolutionnaire et donc illégitime, plus avide de haine que de justice qui a prononcé son effroyable condamnation, alors qu’il n’y avait aucunes charges à son encontre. Elle a ainsi subi un procès perdu d’avance. La souveraine qui répond à ses juges assassins en déclinant son identité, parlant déjà d’elle-même à l’imparfait « Je m’appelais Marie Antoinette Lorraine d’Autriche », avait sans doute  conscience du simulacre de justice.

 

Innocente des crimes dont l’accuse la Franc-maçonnerie, coupable d'être Reine de France, elle est sauvagement guillotinée, et rend son âme à Dieu le 16 Octobre 1793. Son Testament, comme celui du Roy Louis XVI, demeure un témoignage poignant de foi, d’amour, de fidélité pour la France, de courage et de sincérité. Lorsqu'elle est sortie de la charette, elle est montée et à couru toute seule vers l'échafaud, la Reine de France dans ses derniers instants, présente ses excuses à son bourreau pour lui avoir marché sur le pied…

 

Que du haut du Ciel, notre regrettée Reine bénisse et accorde sa protection au beau Royaume de France qu’elle a tant aimé. 

 

 

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Ce 16 octobre, à quatre heures et demie du matin.  

 

C'est à vous, ma sœur, que j'écris pour la dernière fois. Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moment. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien. J'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants; vous savez que je n'existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez, par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse ! J'ai appris, par le plaidoyer mérite du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas ! la pauvre enfant, je n'ose lui écrire ; elle ne recevrait pas ma lettre; je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra : recevez pour eux deux, ici, ma bénédiction.

J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer; que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle en feront le bonheur.  

Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui, et son amitié pourront lui inspirer. Que mon fils, à son tour, rende à sa soeur tous les soins et les services que l'amitié peut inspirer : qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu'ils prennent exemple de nous ! Combien, dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolation ! Et dans le bonheur, on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami. Et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ? Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : qu'il ne cherche jamais à venger notre mort.

J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine; par­donnez-lui, ma chère sœur; pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas. Un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J'aurais voulu les écrire dès le commencement du procès; mais outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide, que je n'en aurais réellement pas eu le temps.  

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle ou j'ai été élevée et que j'ai toujours professée, n'ayant aucune consolation spirituelle et à attendre, ne sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion ; et même le lieu où je suis les exposerait trop, s'ils y entraient une fois.

Je demande sincèrement pardon à dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe. J'espère que dans sa bonté, il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu'il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurais pu vous causer.
  

Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J'avais des amis; l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant; qu'ils sachent du moins que, jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux ! Adieu, ma bonne et si tendre sœur; puisse cette lettre vous arriver ? Pensez toujours à moi; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que mes pauvres et chers enfants : mon dieu ! qu'il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu! je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on 'amènera peut-être un prêtre; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger.

 

 

12/09/2011

La conversion du monde Romain.

 

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La bataillle du Pont Milvius (312) vit deux visions du monde s'affronter, les légions gauloises et chrétiennes de Constantin face aux légions païennes de Maxence. Les premières invoquaient déjà le Dieu inconnu dont parlait Saint Paul à l'Aéropage d'Athènes, et devant chaque légion flottait un mystérieux étendard, d'une forme nouvelle, qui devait, disait-on, assurer la victoire aux soldats de Constantin. L'autre était l'armée du paganisme, et les prêtres de Jupiter offraient aux dieux des sacrifices pour le succès de Maxence, le tyran de Rome et l'ennemi des Chrétiens.

Deux empires, deux mondes s'affrontaient devant les siècles : l'empire des Césars et la monarchie chrétienne, le monde païen et le monde chrétien
.

Face à la monarchie païenne, la véritable nouveauté au plan politique était le christianisme. Jusqu'à Constantin, l'empereur était à la fois César aux plans temporel et spirituel (Souverain Pontife), les deux pouvoirs étaient confondus et reposaient sur une même tête (le césarisme est depuis le "moyen Âge" cette prétention politique des rois à dominer le spirituel). Cette confusion de l'Eglise et de l'Etat sur une même tête était la caractéristique de la tyrannie antique, et la caractéristique du totalitarisme du Bas-empire romain. Sa réédition, semble sous-jacente avec la république « française » dite « laïque » où un "ministre de l'Intérieur et des cultes dirige la religion...

histoire, empire romain, constantin, religion d'état, christianisme, rome, labarumA la veille de cette bataille, pour la possession de Rome, Constantin vit dans le ciel une croix entourée de ces mots : IN HOC SIGNO VINCES. Il fit peindre le monogramme du Christ et la croix sur son étendard, le labarum, et vainquit Maxence.

histoire, empire romain, constantin, religion d'état, christianisme, rome, labarumDès lors il autorise la religion chrétienne et la comble d’honneurs et de largesses. Sortant de l’ombre, l’Eglise se développe merveilleusement. A Rome, à Jérusalem où la mère de l’Empereur, sainte Hélène, découvre la vraie croix, à Constantinople, la « Nouvelle Rome » bâtie sur le Bosphore, sont édifiées des basiliques splendides où une hiérarchie prestigieuse célèbre une fastueuse liturgie. Auprès d’elles sont des hospices et hôpitaux ouverts aux malades et aux pauvres. Lentement les institutions et les mœurs chrétiennes se subtsituent aux cultes idôlatriques. Ce qui étonne les païens, c’est le joyeux prosélytisme des chrétiens et leur sens aigu de la fraternité. Après l’ultime tentative de restauration du paganisme par Julien l’Apostat, il s’effondre définitivement. Théodose interdit les cultes idôlatriques dans tout l’Empire, et le christianisme, de religion interdite qu’il était au début du siècle, devient en 394 religion d’Etat.

(Article d'origine : le blog du Christ-Roi)

24/08/2011

Les Provinces du Royaume de France

provinces Les Provinces sont les anciennes divisions administratives et politiques de la France réelle. Elles désignaient autrefois, surtout les grands fiefs qui avaient conservé leur individualité juridique à l'intérieur du Royaume de France, comme la Normandie, le Languedoc, le Dauphiné, la Provence ou la Bretagne...

Bien que la division de la France Catholique et Royale en vulgaires départements abstraits ait plus de deux siècles d'existence, le souvenir des provinces du Royaume reste vivace dans l'esprit des Français. On se dit volontiers provencal ou alsacien. Si les costumes traditionnels n'apparaissent plus aujourd'hui que dans les fêtes populaires, les dialectes survivent et sont encore employés. Mieux, les mouvements de population n'ont pas fait disparaître les tempéraments provinciaux.

En fait malgré les efforts acharnés des républicains pour arracher le coeur des Français à la terre et à la tradition. L'ancienne Province naturelle se révèle plus vivante que la créature révolutionnaire qui porte le nom de département..., simple numéro sans âme et sans histoire...  

09/08/2011

Palais du Tau, 15 mai 2011

Discours de Monseigneur le duc d’Anjou
pour le 800ème anniversaire de la cathédrale de Reims.
Palais du Tau, 15 mai 2011

Mesdames et messieurs,
Chers amis,

louis XXSouvenez-vous ! 35 rois de France ont été sacrés dans la cathédrale dont nous commémorons aujourd’hui le 800 eme anniversaire.
C’est à la fois vertigineux et émouvant.
35 rois acclamés par un peuple de France fier de ses traditions et de son histoire.
Des jeunes, des vieux, des paysans, des bourgeois, des nobles, des ecclésiastiques, chacun à sa façon a participé aux sacres. Les uns s’occupaient des tentures, les autres des banquets, les autres encore étaient de simples spectateurs. La France a vécu ces événements avec passion. Vous ressentez dans cette cathédrale, dans cette salle, les vibrations de ceux qui vous ont précédés ici.

C’est le passé dirons certains, pas sûr. Pas sûr que cette mémoire qui nous revient aujourd’hui n’engendre pas une certaine fierté.
Au-delà des clivages, au-delà des querelles, le Sacre marquait le début d’un règne, l’avènement d’un homme oint dans les pas de Clovis et Saint Rémi. Le Sacre c’était l’onction divine, le renouvellement de la société, un nouveau souffle dans la continuité d’une ligné, du pays. Un espoir, celui de tout un peuple pour celui qui incarnait l’unité de la France

Dans une période qui voit l’avenir en oubliant le passé, je suis très frappé par cette fête qui nous réunit : une cathédrale, et de surcroit LA cathédrale du Sacre sous les feux de la rampe ! Chacun à sa façon commémore l’événement, chacun y voit son symbole, chacun veut sentir vibrer ici l’Histoire… notre Histoire.

Permettez-moi de vous dire mon émotion face à cette commémoration, mon émotion de voir ces femmes et ces hommes se réunir dans cet immense vaisseau qui inscrit la France dans sa tradition la plus chrétienne. Paradoxe de l’Histoire, et pourtant….

J’ai reçu, comme chef de la Maison de Bourbon, un héritage bien particulier : être le successeur des rois qui ont fait la France, ceux là même qui sont venu ici recevoir le sacre de Dieu. Je ne peux donc pas rester insensible à cet anniversaire ni à la symbolique et à la beauté de ces lieux qui méritent bien leur rayonnement international.

J’ai reçu un héritage que j’assume, mais je ne suis pas seul à le porter…

OUI, vous, chers amis, vous le peuple de France, vous aussi, c’est votre héritage, notre mémoire commune, nos fondations, nos racines. Autant que moi, vous y attachez cette importance particulière qui n’échappe à personne aujourd’hui.

« France, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » Interrogeait ici, il y a plus de 20 ans un bienheureux homme qui fit se rencontrer les peuples.

Aujourd’hui, la France se souvient, la France s’anime, la France respire. Oui, ce monument du passé, ce monument d’unité est aussi un monument d’avenir, celui que nous saurons transmettre à nos enfants pour qu’ils puissent aussi être fiers de leurs racines, de leur pays, de la France.


Louis, duc d’Anjou

31/07/2011

31 juillet 1624 - décès De Henri II

blason duc de lorraineHenri II, dit le Bon, fils aîné du Duc Charles III et de Claude de France, et à ce titre Prince héréditaire de Lorraine (Héritier du duché), mourut à Nancy le 31 juillet 1624 à l’âge de 61 ans.

heaume de marquisTitré marquis de Pont-à-Mousson, il épousa en 1599 Catherine de Bourbon, sœur de Henri IV de France. A la mort de son père Charles III, Henri II âgé de quarante-cinq ans, reçoit un duché prospère et en paix. Lorsqu'éclate la guerre de Trente Ans, Henri II interdit aux Lorrains de se battre à l'étranger. La Lorraine reste neutre mais va souffrir du passage des armées protestantes d'Alsace qui pillent le nord de la Lorraine sans que les armées du duc, trop faibles, puissent intervenir. 

Il demanda à être inhumé à la Collégiale Saint Georges, aujourd’hui disparue. En 1743, ses restes furent transférés à l’Eglise des Cordeliers.

21/07/2011

L'implantation du Christianisme en Lorraine

constantinC'est vers l'an 300 que le christianisme apparaît en Lorraine. Surtout après l'an 313, quand l'empereur romain Constantin publia l'édit de Milan, qui autorise l'exercice public de la religion chrétienne. Mais les progrès furent très lents.

Le premier évêque de Metz est Saint Clément. Il précède de quelques années celui de Toul, Saint Mansuy et celui de Verdun, Saint Saintin. Malgré l'édit de Constantin, il y a encore des persécutions dans notre région. Elophe et Libaire eurent le tête tranchée à Soulosse et Saint Livier subit la même peine à Vic-sur-Seille. C'est d'abord dans les villes que la religion chrétienne s'implante et plus lentement dans les campagnes où subisteront encore longtemps des traces de la religion païenne.

Les moines vont jouer un grand rôle dans le développement du christianisme en Lorraine. Très tôt, vers le début de 6è siècle, un moine irlandais fonde une abbaye à Saint-Avold et un autre, venu du même pays, saint Colomban, s'installe à Luxeuil. A partir de l'an 600, de nombreux monastères s'implantent à proximité des villes comme Saint-Pierre-aux-Nonnains, Sainte-Glossinde, Saint-Symphorien et Saint-Martin à Metz, Saint-Vanne à Verdun et Saint Mansuy à Toul.

évêque de metz ChrodegangD'autres moines préfèrent la solitude, comme ceux de Saint-Mihiel et construisent des monastères à Senones, Etival, Moyenmoutiers et Remiremont. Plus tard, en 757, Chrodegang, évêque de Metz, rappelle aux moines le respect de la règle de Saint Benoît. Il fonde une abbaye à Gorze, près de Metz, abbaye qui deviendra célèbre dans tout l'Occident chrétien. Il impose aussi aux chanoines de sa cathédrale un mode de vie proche de celui des moines et travaille au renouveau de la vie liturgique.

Chrodegang, fait de Metz la ville où va naître le chant grégorien, avec une notation qui se répand dans toute l'Europe.  

11/07/2011

Au pays de Sainte Jeanne d’Arc

A un peu plus de deux mois du Traditionnel pèlerinage de septembre à Domremy-la-pucelle organisé par la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Nous publions un billet spécial « vacances » consacré à Sainte Jeanne d’Arc patronne de la Légitimité. 

musée

Photos du musée Johannique

 

musée domrémyPour nos lecteurs en vacances en Lorraine ou simplement de passage, où bien encore pour les Lorrains en quête d’idée (et d’identité), pensez à visiter le musée Jeanne d’Arc situé au 8 rue principale à Domrémy-la-pucelle. Dans quatre salles sont exposés de très riches collections de statues et statuettes représentant la Sainte de la Patrie. Vous trouverez également des affiches, des gravures et autres objets ayant rapport avec la vie de Jeanne. Il est à préciser que l’entrée de ce musée JOHANNIQUE est totalement gratuite, et que celui-ci fonctionne sans aucune aide extérieure.

 

Archange saint Michel

Jeanne devant l'Archange Saint Michel (Basilique)

 

basiliqueEt puis outre la maison natale de Sainte Jeanne d’Arc et l’église Saint Rémy, lorsque vous vous trouvez à Domrémy-la-pucelle il ne faut surtout pas manquer de monter à la basilique du Bois-Chenu, exactement là où Jeanne disait avoir entendu « les Voix » lui commandant de conduire l’héritier de la couronne de France à Reims ville du Sacre.

C'est à cet endroit précis et en souvenir de quoi, au XVIe siècle, une chapelle avait été érigée par Étienne Hordal, chanoine de la cathédrale de Toul et arrière-petit-neveu de Jeanne.

statue équestrePrenez ensuite la route pour Vaucouleurs, pour marcher sur les traces de la patronne de la légitimité mandatée par le ciel. Vous découvrirez au centre de la ville une superbe statue équestre de la Pucelle d'Orléans. 

Créée suite à une commande d'Etat passée en 1937, elle fut d'abord installée à Alger en 1951. Mais elle subit des mutilations en 1962... Il fut alors décidé de la rapatrier à Vaucouleurs, la ville qui arma la pucelle. Cette statue en bronze pèse 2,5 tonnes. 

En haut de la cité, les ruines du château de Robert de Baudricourt, Seigneur de Vaucouleurs, qui fournit à Jeanne une escorte pour la conduire à Chinon. « Va, va Jeanne, va et advienne que pourra ! » 

château robert de baudricourt 

Ruines du Château de Baudricourt 

Pour ceux qui passent à proximité de Dieulouard, il faut savoir qu’il existe des liens forts entre notre Jeanne de Lorraine et cette ville voisine de Pont à Mousson. Une statue de la Sainte de la patrie se trouvait d’ailleurs dans l’église paroissiale Saint Sébastien jusqu’aux années quarante en compagnie de Jean de Dieulouard (compagnon de Sainte Jeanne d’Arc, qui a accompagné la pucelle sur la route de Chinon). Avant 1940 en effet se trouvait dans la crypte médiévale un groupe statuaire composé de quatre personnages, que l’on peut admirer sur cette carte postale ancienne :

 

sa11.gif

 

musée dieulouardDe nos jours, les statues de Jean de Dieulouard et de Jeanne d’Arc ont été restauré, les visiteurs peuvent désormais les contempler au « Musée des Amis du Vieux Pays » à Dieulouard… rappelant ainsi à tous la halte que fit Jeanne à Dieulouard sur son chemin vers Nancy en 1428 pour un pélerinage, tout juste avant le début de son épopée.

Voilà de quoi vous distraire, de vous promener au coeur de la Lorraine et de vous émerveiller dans ce haut-lieu historique et incontournable de l’histoire de la France Royale et Catholique. Voilà de quoi patienter, en attendant le Traditionnel pèlerinage du 18 septembre prochain à Domrémy-la-Pucelle, organisé par la Fraternité Sacerdotale Sainte Pie X. La date de ce pèlerinage a été confirmé dans le dernier bulletin de l’étoile du matin (Voir page 6  "le coin des annonces" - merci de cliquer sur le lien ci-dessous ) :

http://www.laportelatine.org/district/ecoles/activiteseco...

 

 Vive la France ! Vive Jeanne !

 Vive le Christ-Roi !