Située au carrefour de la rue de la Libération, de la rue de la Porte Haute et de la rue de Sous-Vignal, la discrète chapelle passe plutôt inaperçue. Seule sa vieille porte arrondie surmontée d'une croix attire la curiosité et laisse supposer un édifice religieux.
C'est là que se trouvait, voici très longtemps, à la croisée des chemins qui menaient aux champs et surtout aux vignes, un très modeste oratoire dont il est déjà question sur un des piliers de l'église. En 1318, le vendredi après la Saint-Martin d'hiver, lors de son décès le prévôt de Liverdun : Menget Bauldyn fait don de 20 gros pour la chapelle Notre-Dame.
Ce vieil oratoire, situé à l'extérieur des murailles, a beaucoup souffert pendant la guerre de Trente ans. Cependant, la statue fut miraculeusement retrouvée dans la fente d'un rocher. Aussitôt, les habitants de Liverdun la portèrent en procession dans l'église. Mais, c'est avec stupéfaction que ceux-ci découvrirent qu'elle avait disparu et revenue exactement où on l'avait trouvée. C'était donc là, sa vraie place et c'est là que le chanoine Vuarin de Liverdun, par un acte du 4 juillet 1657, prit l'initiative de sa reconstruction approuvée par l'évêque de Toul de l'époque monseigneur André du Saussay (on retrouve la signature du chanoine Vuarin dans les premiers actes paroissiaux de Liverdun datant de 1669). Si l'on observe le sol de l'intérieur du bâtiment, on remarque très bien un dallage très ancien qui doit correspondre à la partie d'origine, la reconstruction fut donc un agrandissement !
Un miracle
C'est en 1657 qu'eut lieu un miracle. Un couple de Condé (Custines), Claude Bernel et Geneviève Cerière, eut un enfant mort-né. Désespérés de ne pas avoir pu le baptiser, ils portèrent ce pauvre petit au pied de Notre-Dame du Bel-Amour. L'enfant donna des signes de vie, fut baptisé, mourut ensuite, puis fut inhumé religieusement à Condé. Cet événement est consigné dans un écrit conservé aux archives départementales.
(Le 8 septembre 1944, lors de la libération de Liverdun par les troupes américaines, des obus tombèrent sur l'église, il y a eu des victimes et de grands blessés. Tous les vitraux de l'église furent détruits sauf un seul ; celui qui, côté sud, représente ce miracle !)
Pendant la Révolution, la statue fut mise en sécurité et ensuite retrouva sa place. L'intérieur de la chapelle est simple. L'autel est en bois sculpté, la statue est dans une niche entourée d'un panneau décoratif (XVIIè siècle), la Vierge en pierre polychrome mesure 60 centimètres, et porte sur le bras gauche l'enfant Jésus. Le nom de Bel-Amour vient de Mater pulchrae dilectionis symbole de l'amour d'une mère pour son enfant.
De nombreux ex-voto de remerciements de grâces tapissent un des murs. Le plus important, celui offert par les habitants de Liverdun, rappelle que le village a été préservé des bombardements pendant la guerre 1914-1918 alors que les canons grondaient sur les hauteurs du village de Sainte-Geneviève. De nombreux offices avaient lieu, des messes particulières demandées par les paroissiens, des neuvaines et des prières pendant le mois de Marie ou du Rosaire. Le jour de la fête médiévale, la chapelle est ouverte. Les anciens de Liverdun sont très heureux de venir prier et évoquer leurs souvenirs d'enfance. Les visiteurs sont très surpris de l'espace qui permet d'accueillir environ soixante-dix personnes. Des centaines de petites bougies s'allument au fur et à mesure de cette belle journée, et Notre-dame du Bel-Amour brille de mille feux.
Marie-Thérèse PERRIN
(Source : La Bonne Nouvelle)
Novembre 2013, c'est le petit matin en Lorraine. Le silence de la maison et l'odeur du café bien chaud me laissent songeur face aux mystères des siècles du passé, me vient alors à l'esprit cette idée spontanée de partir aujourd'hui même sur les chemins de la découverte, en quête des joyaux de notre patrimoine oublié. Et si nous nous évadions ensemble le temps d'un instant pour nous rendre aux sources de la chrétienté ? Très loin des tumultes de l'éco-taxe et des hausses d'impôts déprimantes de ce gouvernement à la sauce socialiste tout aussi illégitime que le système dans lequel il puise sa source et sa soif intarissable d'injustice.
A notre arrivée sur le lieu tant recherché, le désastre supposé se dévoile progressivement sous nos yeux avec une bien triste et dure réalité. Vestiges, ruines et pierres anciennes sont les ultimes témoins d'un passé qui paraît révolu. Actuellement Notre-Dame de l'Étanche est à l'abandon, son état se dégrade cruellement au centre d'un cadre pourtant magnifique entourée d'un petit ruisseau et d'un étang, elle survit difficilement, totalement isolée du reste de la civilisation. Les fenêtres et les portes sont endommagées, ou plus précisément ce qu'il reste des pillages. Les murs menacent de s'écrouler à chaque instant et les toits sont à demi-effondrés. L'ancienne Abbaye a été fondée en 1144 par Philippe abbé de Belval, l'église aurait été consacrée en 1147. Dans son voisinage, s'élevait jadis un couvent de femmes, lui aussi rattaché à l'ordre de Prémontré, mais qui disparut par la suite. Elle possédait également le prieuré de Bénoîte-Vaux, célèbre lieu de pèlerinage lorrain. Rasée dans un premier temps par les Suédois en 1632, l'Abbaye de l'étanche a été reconstruite en 1743 avec une aile à neuf cellules ; la chapelle a été terminée en 1770. Son dernier abbé fut Joseph Prélat, nommé en 1786 puis chassé violemment quelques années plus tard par la Terreur Révolutionnaire anticléricale qui s'est impitoyablement abattue sur le doux Royaume de France...
Monument en danger !
En 2010, des défenseurs du patrimoine lorrain se mobilisent pour avertir des dangers courus par la chapelle de Libdeau. Ils fondent, à l'été 2011, le Comité pour l'Etude et de la Restauration de la Chapelle Templière de Libdeau qui a vocation d'acquérir et de mettre en route un plan de sauvegarde du monument. Chose faite le 17 novembre dernier, les héritiers ont accepté de céder le monument pour l'euro symbolique. Le sauvetage peut enfin commencer.
Pour nos lecteurs en vacances en Lorraine ou simplement de passage, où bien encore pour les Lorrains en quête d’idée (et d’identité), pensez à visiter le musée Jeanne d’Arc situé au 8 rue principale à Domrémy-la-pucelle. Dans quatre salles sont exposés de très riches collections de statues et statuettes représentant la Sainte de la Patrie. Vous trouverez également des affiches, des gravures et autres objets ayant rapport avec la vie de Jeanne. Il est à préciser que l’entrée de ce musée JOHANNIQUE est totalement gratuite, et que celui-ci fonctionne sans aucune aide extérieure.
Et puis outre la maison natale de Sainte Jeanne d’Arc et l’église Saint Rémy, lorsque vous vous trouvez à Domrémy-la-pucelle il ne faut surtout pas manquer de monter à la basilique du Bois-Chenu, exactement là où Jeanne disait avoir entendu « les Voix » lui commandant de conduire l’héritier de la couronne de France à Reims ville du Sacre.
Prenez ensuite la route pour Vaucouleurs, pour marcher sur les traces de la patronne de la légitimité mandatée par le ciel. Vous découvrirez au centre de la ville une superbe statue équestre de la Pucelle d'Orléans.

De nos jours, les statues de Jean de Dieulouard et de Jeanne d’Arc ont été restauré, les visiteurs peuvent désormais les contempler au « Musée des Amis du Vieux Pays » à Dieulouard… rappelant ainsi à tous la halte que fit Jeanne à Dieulouard sur son chemin vers Nancy en 1428 pour un pélerinage, tout juste avant le début de son épopée. 



