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26/02/2012

Deux pièges en temps de crise : naturalisme et providentialisme

arton17-57fc7.jpgou l’ignorance des légitimités naturelle et théologique

Ces deux tendances se retrouvent chez de nombreux catholiques déconcertés par un environnement social et politique ambiant bien éloigné des principes chrétiens.

 La légitimité d’une institution

Le défi des sociétés humaines a toujours été de se doter de l’institution politique la plus légitime.

Dans une société chrétienne, la légitimité doit revêtir un double aspect :

  • une légitimité théologique qui implique la reconnaissance institutionnelle de Dieu comme source de l’autorité. (Plus précisément, pour le catholique, la reconnaissance de Jésus Christ comme Roi et du Père céleste comme principe de toute autorité). Cet aspect de la légitimité est révélé et expressément demandé par Dieu Lui-même dans la Bible .
  • une légitimité naturelle : l’institution politique la plus légitime est celle qui réalise le plus le bien commun. Saint Thomas identifie le bien commun à la tranquillité de l’ordre, l’unité de la paix, la concorde entre les citoyens.

La quête de la légitimité naturelle résulte de l’observation et de l’étude de la nature humaine. Elle tient compte de données multiples, comme l’histoire du peuple, son tempérament ses coutumes…

En résumé :

 

  • la reconnaissance de Dieu comme source de l’autorité relève de la légitimité théologique.
  • la désignation de l’autorité pour un bien commun optimum relève de la légitimité naturelle.

À ce propos, l’exemple de la constitution de l’Ancienne France (les Lois Fondamentales du Royaume) est très significatif. D’une part, le roi reconnaît institutionnellement, lors du sacre, la souveraineté du Christ vrai Roi de France, ainsi que les lois de son Église. D’autre part, la constitution assure le bien commun, l’unité, en désignant clairement le monarque par sa naissance. En effet, en soustrayant la désignation de l’autorité du choix humain, elle épargne au peuple bien des luttes de factions, ou de partis pour la conquête du pouvoir.

Un autre exemple est celui de l’Église. Dans cette institution :

  • le Pape reconnaît institutionnellement la souveraineté de Dieu et jure de préserver le dépôt de la foi (légitimité théologique),
  • le Pape est désigné par le conclave (légitimité naturelle).

Tel est le fonctionnement normal d’une société chrétienne. Malheureusement, par ignorance ou malice, il arrive que l’un des aspects de la légitimité, voire les deux, soient remis en question.

Pire : il arrive qu’une institution soit agressée, voire menacée de destruction par l’autorité même qu’elle désigne ; cela suscite de grands désordres et le désarroi chez les chrétiens désireux du bien commun.

Alors deux tentations surviennent : chercher une solution purement humaine (naturalisme) ou attendre une intervention purement divine (providentialisme).

Dans tous les cas, c’est au moins l’un des deux aspects nécessaires de la légitimité qui est oublié.

 Le naturalisme contre la légitimité théologique

Généralités sur le naturalisme

Le naturalisme est une doctrine qui fait abstraction de la Révélation et qui prétend que les seules forces de la raison et de la nature suffisent pour conduire l’homme et la société à sa perfection.

Il procède d’une vision optimiste des capacités humaines à se sauver sans le secours de Dieu, parce qu’il ignore le péché originel. C’est le règne de la raison souveraine, l’ère des Lumières. On s’en prend à la légitimité théologique : Dieu n’est plus à l’origine de l’autorité, le principe de la souveraineté est transféré à l’homme.

Mais il y a plusieurs façon d’ordonner la cité à l’homme, d’où la prolifération des idéologies, ces constructions purement intellectuelles en quête d’un système social dont le mécanisme suffirait par lui-même à assurer le bonheur de l’humanité.

Ainsi pour le libéralisme, la société trouve sa justification dans l’individu lui-même ; pour le socialisme c’est dans la classe prolétarienne ; pour le nationalisme, la nation a en elle-même sa propre finalité. Par delà leurs oppositions apparentes, il est remarquable que toutes ces idéologies s’accordent à prôner un état laïc.

Est-il besoin de montrer combien cette vision est illusoire pour un chrétien ? L’histoire fourmille de ces cités puissantes, orgueilleuses de leurs sciences et de leurs richesses qui disparaissent à tout jamais. Ainsi en va-t-il des civilisations païennes qui naissent, connaissent une apogée puis se perdent dans l’oubli (l’Égypte des pharaons, Babylone, Athènes, les grandes civilisations amérindiennes…).

À l’inverse, la Bible nous conte l’histoire extraordinaire d’une toute petite nation de bergers qui a miraculeusement traversé les millénaires jusqu’à Jésus. Comment expliquer ce prodige ? Israël est né d’un pacte entre Abraham et Dieu. L’Ancien Testament n’est que le récit des bénédictions que Dieu accorde à son peuple quand celui-ci manifeste sa fidélité et s’humilie. Mais le Livre Saint relate également toutes les trahisons d’Israël. Ses refus de la grâce de Dieu ont systématiquement amené les défaites, la servitude et l’exil, tant qu’il ne reconnaissait pas ses devoirs envers le Seigneur.

Ces quelques exemples pour montrer que seule la fidélité à Dieu permet aux cités d’échapper au cycle naturel de la vie et de la mort.

La tentation du naturalisme chez les catholiques

Aujourd’hui, le naturalisme infecte toute la société : Dieu est chassé de la vie civile, des lois, des écoles, des médias, des spectacles. Il n’apparaît plus nulle part.

Dans ce climat hostile, tout un clergé moderniste, par manque de confiance en la puissance de Dieu, et par respect humain s’est laissé tenter. Choisissant de plaire au monde, il a cherché à construire une unité, à rallier les esprits sur des notions floues et inconsistantes comme la paix, le partage, la tolérance, la démocratie, le dialogue avec les autres religions. C’est l’esprit d’Assise et du Mont Sinaï qui sont autant de tentatives d’union par des moyens humains. Le prosélytisme et l’esprit missionnaire sont proscrits. A la rigueur dans ces réunions, Jésus Christ devient encombrant car trop peu œcuménique.

Ainsi, les paroles « intolérantes » du Christ sont cachées puis oubliées : « si vous ne croyez pas que Moi Je suis (Dieu), vous mourrez dans vos péchés » (Jean-8,24) ou « Allez dans le monde entier et prêchez l’Évangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné. »(1 Co 6, 9-10)

Pour justifier ces lâchetés, et s’attirer les faveurs du monde moderne, les pensées de philosophes peu orthodoxes sont sollicitées (Kant, Husserl, Mircea Eliade…).

Dans l’ordre politique, beaucoup de catholiques sont contaminés : combien de nos amis, conscients de la nécessité d’agir pour la Cité, s’aventurent dans des partis politiques dont aucun ne reconnaît Dieu comme l’origine de l’autorité, mais qui au contraire, placent le principe premier de la souveraineté dans la nation ?

Ils oublient la doctrine de l’Église que nous enseigne le Docteur Angélique :

L’homme est rendu débiteur à divers titres vis-à-vis d’autres personnes selon leurs diverses perfections et les différents bienfaits qu’il en a reçus. Dieu occupe la toute première place, étant pour nous le premier principe d’être et de gouvernement. Ce titre convient aussi secondairement à nos parents dont nous sommes nés et à notre patrie dans laquelle nous avons été élevés. Et donc après Dieu, l’homme est fortement débiteur à l’égard de ses parents et de sa patrie.(saint Thomas d’Aquin II II 101 1).

Très bien, nous répondent-ils, mais soyons sérieux ! nous sommes très peu nombreux ! Pour sauver le pays, la solution est de s’allier autour d’un programme politique commun avec les « têtes bien faites » même si elles sont antichrétiennes (solution purement humaine). Ensuite, quand la situation se sera assainie et que nous serons au pouvoir, nous restaurerons les valeurs chrétiennes.

Pensent-ils vraiment que leurs « amis » païens les laisseront faire, eux, la petite minorité dans leur parti ? INCROYABLE ! En taisant la doctrine du Christ Roi, qu’ils jugent trop peu fédératrice, ils espèrent restaurer une cité chrétienne grâce à la démocratie ou grâce à une « bonne » dictature.

Dieu peut-Il trouver son compte dans leur petit calcul ? « Celui qui rougira de Moi, Je rougirai de lui ». Comment pourrait-Il aider ceux qui ont honte de Lui ? Pareille chose s’est-elle jamais rencontrée dans l’histoire ?

Cette démarche prend les choses à l’envers : la pérennité de notre pays qui est né du pacte de Tolbiac entre Dieu et Clovis, ne peut être assurée que par la proclamation par les chrétiens du principe premier : le Christ roi de France.

Mais sans doute ne sommes-nous pas encore tombés assez bas pour avoir cette humilité….

 Le providentialisme contre la légitimité naturelle

Généralités sur le providentialisme

Le providentialisme est une doctrine qui compte uniquement sur l’intervention divine pour résoudre le mal social et qui attend une sorte d’âge d’or.

Dans l’optique pessimiste du providentialisme, l’action humaine est inutile, la raison est suspecte, Dieu intervient miraculeusement sans aucun concours, sans aucun effort de l’homme.

En déconsidérant l’intelligence humaine, le providentialisme ignore cette part que Dieu laisse aux hommes dans la façon de s’organiser. Il néglige la science morale et la science politique qui en fait partie, sciences qui étudient la nature humaine et qui ont pour finalité de construire la cité en vue du bien commun.

Si le providentialiste a conscience de l’importance de la légitimité théologique, il en accorde beaucoup moins à la légitimité naturelle. Il ne comprend pas que, pour faire une bonne institution, de bons sentiments ne suffisent pas. Il faut aussi que son fonctionnement soit le plus conforme à la nature humaine (nature voulue par Dieu), d’où l’absolue nécessité d’une autorité, d’une hiérarchie et de lois que l’on ne peut remettre en question sans créer un désordre grave. La forme de l’institution étant pour lui très secondaire, il la juge d’après la sainteté apparente de l’autorité et de la hiérarchie, au lieu de considérer la sainteté de l’institution elle-même dans le bien qu’elle procure par le fait même d’exister.

Voilà tout le problème : cette propension du providentialiste à juger ses supérieurs, à exiger leur perfection sous peine de ne plus les reconnaître. L’histoire nous fournit des exemples de telles sécessions.

Au XIIIe siècle, les Spirituels, ces franciscains disciples de Joachim de Flore, se démarquèrent de leur Ordre en prêchant l’arrivée d’une nouvelle ère chrétienne (l’ère de l’Esprit). Ce nouvel âge devait être marqué par l’exigence d’une pauvreté absolue de l’Église, la défense pour tout religieux, de tout Ordre, de posséder quoi que ce soit. Ce mouvement des Spirituels et de son tiers ordre, les Béguins, eut un retentissement considérable et il engendra une foule de sectes comme les Fraticelli et les Lollards qui poussèrent encore plus loin la logique de leurs principes. Au XIVe siècle, au nom de la pauvreté, ils en étaient arrivés à prêcher le communisme, et même pour certains Fraticelli, la communauté des femmes. Les Lollards Jean Huss et Wicklef déclaraient illégitime toute autorité en état de péché mortel et le devoir pour les fidèles de détruire cette tyrannie d’autant plus odieuse qu’elle s’attaquait à Dieu même.

N’importe qui pouvait donc remettre en cause sa hiérarchie et il devenait dans la pratique impossible de gouverner. C’était l’anarchie. Il en résulta de graves troubles sociaux : En Angleterre les Lollards massacrèrent de nombreux hommes d’Église, de loi et de finance. Pendant tout le XVe siècle, l’Allemagne et surtout la Bohème fut ravagée par la guerre des Hussites

On retrouve le même état d’esprit au XVIe siècle avec Luther. Ce prêtre qui ne supportait pas l’autorité déclarait que l’inconduite morale des prélats corrompait leur état. Par suite de cette confusion entre la personne et la fonction qu’elle occupe, l’institution Église devenait péché. En effet ce sont des hommes pécheurs qui constituent sa hiérarchie, promulguent ses dogmes, canonisent ses saints. Par conséquent aucune institution ne peut servir d’intermédiaire entre Dieu et les hommes. Dieu donne directement, arbitrairement, sa grâce à ceux qu’Il a choisis et indépendamment de leurs efforts et de leur volonté (c’est la prédestination). Plus besoin du magistère de l’Église, Dieu instruit par inspiration le lecteur de la Bible qui devient à lui-même sa propre autorité (c’est le libre examen). Ceci explique le pullulement des sectes protestantes qui sont autant de manières de comprendre l’Écriture Sainte. Comme on faisait remarquer à Luther le caractère déraisonnable et fort peu réaliste de ses propos, il répondait « la raison, c’est la putain du diable ! » (M. Luther, Propos de table) Reniant ses vœux, il se maria à une religieuse Catherine de Bora, et prêcha toute sa vie la révolte contre Rome. En s’attaquant à la notion même d’institution, Luther introduisait un ferment de révolution qui allait toucher toutes les sociétés (civiles et religieuses). Et de fait, la Réforme protestante mit l’Europe à feu et à sang pendant plus d’un siècle.

La tentation providentialiste aujourd’hui

Dans les temps de confusion que nous vivons, on rencontre souvent de ces personnes qui, au mépris des institutions, remettent en question toutes les hiérarchies, que celles-ci soient religieuses ou civiles. On est son propre pape et on attend que Dieu nous donne ex-nihilo un « Grand Monarque ».

En ce qui concerne ce dernier point doit-on rappeler qu’en France, l’institution monarchique possède des règles très précises qui désignent l’aîné de la Maison de France comme successeur légitime ? Le Bon Dieu a Lui-même validé ces lois de succession lors de l’intervention miraculeuse de sainte Jeanne d’Arc : Pour sauver la France a-t-Il établi sur le trône un saint roi ? NON ! Il y a placé le successeur que désignait l’institution : Charles VII, un personnage sans envergure tant du point de vue spirituel que temporel. (il fut le premier capétien à introduire à la cour une maîtresse officielle : Agnès Sorel !!!).

Il faut en conclure que l’institution monarchique française est bonne, que c’est faire la volonté de Dieu que de promouvoir ses lois et l’autorité qu’elle désigne.

Encore une fois, nous n’avons pas à choisir notre roi. Attendre un autre roi que celui désigné par l’institution, c’est détruire l’institution elle-même car c’est violer ses lois.

En effet : selon quelles règles désignerait-on ensuite son successeur ? Selon sa sainteté apparente ? Mais qui pourrait juger sérieusement de la sainteté de son semblable ? Si le choix du monarque est confié aux hommes, personne n’est d’accord, c’est la division, la guerre civile et le malheur assurés pour longtemps.

Attaquer ou ignorer l’institution, c’est commettre un péché grave contre la nature d’animal politique que Dieu nous a donnée.

Certains providentialistes, les survivantistes, vous répondent alors qu’ils acceptent les Lois Fondamentales du Royaume, mais qu’actuellement le trône est vacant car le successeur légitime est le descendant de Louis XVII, le roi perdu.

Mais comment cela serait-il possible ? Dieu qui a Lui-même accrédité les règles de désignation du monarque, pourrait-Il se contredire ensuite en ne les respectant plus ? Expliquons-nous : Si Louis XVII n’était pas mort alors Charles X aurait été un usurpateur. Or ce dernier, après son sacre a guéri des écrouelles. D’autre part, n’oublions pas cette magnifique vision de sainte Catherine Labouré à la veille de la révolution de 1830 : « Le jour de la Sainte Trinité, écrit-elle, Notre Seigneur m’ apparut comme un Roi avec la croix sur la poitrine… » … Puis la scène change : « Il m’a semblé que Notre Seigneur était dépouillé de tous ses ornements… »—« C’est là que j’ai eu la pensée que le roi de la terre serait perdu et dépouillé de ses habits royaux »

Dans ces conditions, qui peut encore sérieusement affirmer que Charles X n’était pas le vrai lieutenant du Christ ? Soulignons au passage l’extrême division des courants survivantistes qui soutiennent chacun leur propre « successeur » de Louis XVII.

Le providentialisme est vraiment un mal social terrible ; nous avons vu à travers les exemples des Spirituels et du protestantisme comment par ses rêves théocratiques, il désorganise la Cité. Pour être commandé il exige la sainteté de l’autorité, il demande au Bon Dieu ce miracle permanent de faire disparaître le péché originel. En pratique, cela rend impossible l’exercice du gouvernement. Et après un premier temps d’anarchie, puisque personne n’est assez saint pour commander, on en arrive fatalement à un système démocratique, où chacun est en théorie son propre maître.

Psychologiquement, le providentialiste est porté à la paresse dans l’action : on le voit rarement dans un groupe de travail si ce n’est pour proclamer son défaitisme. Jamais il ne prend de responsabilité pour le bien commun, parce que « ça sert à rien ! Tout est perdu ! Seul Dieu peut encore quelque chose…  ». En fait, il refuse tout engagement dans une association car cela demande un effort de chaque instant, une foi, une persévérance et une acceptation des autres qui lui font peur. Non ! Il attend le miracle. Pire ! Il l’exige, et en l’annonçant à qui veut l’entendre, il croit s’acquitter de ses devoirs envers la Cité. La superstition l’envahit ; à l’affût de toute sorte de prophéties, il voit des signes précurseurs partout. Par un orgueil démesuré, il finit par se persuader qu’il est dans la confidence divine quant à Ses desseins pour l’avenir.

Souvenons nous que pour continuer de jouir de Sa grâce, le Bon Dieu nous demande notre participation, notre effort, notre zèle à travailler pour le bien de nos semblables. Autrement dit, Il nous demande d’œuvrer selon nos moyens pour le bien commun, et par voie de conséquence, pour l’institution qui seule peut assurer durablement l’unité harmonieuse. L’enseignement de la très légitimiste sainte Jeanne d’Arc est à ce sujet très explicite : «  les hommes d’arme batailleront et Dieu donnera la victoire. »

C’est à travers l’action humaine, surtout si le rapport de force Lui est défavorable que Dieu manifeste Sa toute puissance. C’est ce qu’illustrent fort bien les exemples de David contre Goliath et de la petite bergère lorraine contre les Anglais…

 La solution légitimiste

Naturalisme et providentialisme ne considèrent chacun qu’un aspect de la nature humaine. Le premier, optimiste, ne compte que sur le génie de l’homme en oubliant la grâce divine. Le second, pessimiste, ne compte que sur la Providence. Il oublie qu’on ne peut durablement jouir de la grâce divine et obtenir notre salut, sans manifester du zèle à travailler pour le bien de nos semblables. Or réaliser le bien commun, c’est travailler à l’organisation de la cité, à son unité, conformément à notre nature d’animal politique.

Le problème se complique quand l’autorité détruit l’institution qui l’a désignée. Que ferions-nous par exemple, si un successeur légitime des Rois de France (désigné par les lois fondamentales du Royaume) instituait un monarchie constitutionnelle ? Le légitimiste qui a bien compris sa doctrine donne une solution simple :

L’institution est un bien inestimable qui garantit le bien commun. On ne peut remettre en question l’autorité désignée par l’institution sans remettre en cause l’institution elle-même. Donc on accepte l’autorité. Mais on lui résiste, on la combat même, jusqu’au rétablissement de l’institution. Par dessus tout on prie pour elle, pour que Dieu l’éclaire.

Le cas de figure s’est d’ailleurs produit lors de l’avènement du protestant Henri IV : Il était le successeur légitime mais ne pouvait pas monter sur le trône avant de se convertir au catholicisme. En effet, lors de la cérémonie du sacre le roi doit institutionnellement promettre de servir l’Église. En ces temps malheureux, le devoir du citoyen était de combattre le successeur tout en reconnaissant sa légitimité naturelle, et cela jusqu’à ce qu’il abjure. C’est ce qu’il advint. Mieux ! La Providence récompensa cette patience, cette fidélité de notre pays dans l’épreuve : À la mort d’Henri IV, Elle permit le règne de son fils, le très pieux Louis XIII qui consacra le royaume à la Vierge.

Cette attitude vaut aussi bien pour l’institution politique que pour l’institution religieuse. C’est tout le sens du combat de Mgr Lefebvre au sein de l’Église.

Une phrase résume parfaitement la doctrine légitimiste ; elle a été prononcée par Henri V Comte de Chambord, reprise par son successeur Alphonse II, puis récemment par Louis XX : « ma personne n’est rien, mon principe est tout »

Le message est donc clair : Cessons de juger l’autorité, œuvrons pour l’institution et prions. Alors Dieu nous donnera les grâces pour le reste car nous aurons fait notre devoir.

Source :

http://www.viveleroy.fr/Deux-pieges-en-temps-de-crise,17