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22/08/2018

Visite de la Famille princière au Valle de los Caidos le 15 Juillet dernier

Louis.pngLe Prince Louis Alphonse de Bourbon, de jure Louis XX, seul Roi légitime désigné par les Lois Fondamentales du Royaume pour régner sur le Pays de France, est un Prince Catholique avant tout, un Prince qui ne sacrifie pas au « politiquement correct » les principes de la Monarchie française, et qui se montre même très valeureux.

Notre Prince a la nationalité française, certes, mais également la nationalité espagnole, puisqu’il est aussi, par la branche maternelle, l’arrière-petit-fils du Général Francisco Franco, Caudillo d’Espagne.

La guerre civile espagnole a duré officiellement de 1936 à 1939, mais il est bon de rappeler que, dès l’avènement autoproclamé de la 2ème république espagnole en 1931, de violentes persécutions ont débuté contre le Clergé (prêtres de village empalés à l’entrée des églises, religieuses violentées, scènes de pillage et de profanation d’objets religieux…), plusieurs députés républicains n’hésitant pas à vociférer publiquement aux Cortes (le Parlement espagnol) qu’il fallait abattre tous les curés et les religieuses afin qu’il n’en reste plus un seul survivant…

En 1936, la croissance de cette horrible persécution, œuvre diabolique et sans fondement, l’arrivée du front populaire au pouvoir et l’assassinat par les « rouges » du député monarchiste Jose Calvo Sotelo (46 ans), ont entraîné la légitime réaction de militaires espagnols, tels que les Généraux Emilio Mola, Francisco Franco y Bahamonde, et tant d’autres.

images-1.jpgAprès plusieurs années de guerre intense, malgré l’appui des forces soviétiques et la présence de navires russes dans le port de Barcelone, et l’aide des brigades internationales, les républicains ont capitulé sous les coups du Général Franco, bon nombre d’entre eux fuyant leur Pays vers la France (la Retirade). Bien que les chiffres ne soient pas formellement établis, il est avéré que 36.000 prêtres, religieux et religieuses, moines et proches ont péri dans d’atroces et indescriptibles conditions. Il suffit de parcourir l’Espagne de nos jours encore, pour constater la violence des « rouges » dans l’éradication et le pillage d’innombrables édifices religieux (3.000 églises et monastères détruits ou sérieusement endommagés). Nombre de réfugiés républicains de la « retirada » implantés en France, se sont vantés jadis d’avoir égorgé des prêtres, saigné des moines, violé des religieuses, pillé des églises et monastères, volé les riches, etc. Certes, tous les républicains n’étaient pas des assassins, mais ils étaient entraînés par leurs chefs dans la violence. Les Papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont depuis canonisé plus d’un millier de religieux reconnus martyrs par haine de la foi.

Les dictats de gauche tentent aujourd’hui, par une manipulation de l’Histoire et avec la complicité de la grande Presse (française et espagnole), de réhabiliter les exilés espagnols de la « Retirada », et donc leurs descendants français qui ont fait souche dans notre Pays, et n’hésitent pas, en contrepartie, de noircir outrageusement l’action de Franco et de ses troupes. Le nouveau gouvernement espagnol, formé par l’alliance de plusieurs partis minoritaires, des socialistes à l’ultra gauche, ne cache plus ses intentions d’exhumer les cendres du Généralissime au « Valle de los Caidos » à Madrid, de détruire ou plus élégamment de réaménager ce lieu exceptionnel, et de fermer le Monastère bénédictin érigé sur le site. C’est incontestablement un moyen habile d’effacer les traces du passé et de réécrire l’Histoire.

Dans ces conditions, comment reprocher à un descendant naturel du Général Franco, notre Prince en l’occurrence, de vouloir s’opposer à ces viles manœuvres anticatholiques et de défendre la mémoire de son bisaïeul ? C’est bien au contraire en son honneur un acte très courageux dans les temps qui courent.

37329485_1060476367442986_7129302165515927552_n.jpgC’est aux cris de « basta !  basta ! (ça suffit !), accompagnés du geste, lancés au Gouvernement de gauche espagnol que la foule qui accompagnait la visite de la Famille princière au Valle de los Caidos le 15 Juillet dernier, s’est adressée aux nombreux représentants de l’information (ou de la désinformation). Ces médias, aux intentions peu louables, n’ont pas hésité à publier des images d’une poignée de manifestants entourant le Prince levant le bras, insinuant le triste célèbre salut fasciste, dans le but pernicieux d’y associer le Prince et de le salir dans l’opinion publique. Le Général Franco lui-même a conservé son indépendance dans le conflit mondial de 1940/1945, et n’a jamais adhéré au parti fasciste. Il faut ajouter que le Caudillo Franco, très Chrétien, a toujours soutenu la religion Catholique et restauré la Monarchie en Espagne, nonobstant la misérable trahison du Roi Juan-Carlos 1er. À titre d’anecdote, on peut rappeler qu’à l’avènement des congés payés en France, les ouvriers des grandes usines, par centaines de milliers, profitaient de vacances paisibles chez Franco sans avoir à souffrir de la moindre répression et en totale liberté. Mais ceux qui connaissent l’Histoire sont-ils aujourd’hui assez nombreux pour dénoncer une telle manipulation ?

Le Duc d’Anjou a déclaré aux micros ennemis : « Nous défendons le Valle de los Caidos parce que c’est un monument chrétien… ». Quel évêque, quel prêtre ose aujourd’hui s’élever publiquement pour réfréner les ardeurs belliqueuses des antichrétiens ?

Alors, de grâce, ne tombons pas dans le piège tendu par la Presse d’obédience maçonnique relayée même par certains cercles monarchistes, destiné à semer le doute et à isoler notre Prince.

Unissons-nous plus que jamais, et reconnaissons publiquement son action courageuse voire héroïque dans un monde qui a perdu la boussole, la seule vraie boussole, Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

Charles LUCAIN

15/06/2011

ET SI LE COMTE DE CHAMBORD AVAIT EU RAISON ?

comte de chambordNombreux sont les historiens et les politiques qui rendent le petit-fils de Charles X responsable de l'échec des tentatives de restauration monarchique du XIXè siècle. Le duc de Castries, dans son ouvrage intitulé Le grand refus du Comte de Chambord, s'est montré un des plus critiques envers le Prince, traçant de lui un portrait sans concession et par là sans justice. Qu'il suffise, pour s'en convaincre, de retenir la conclusion de l'académicien :  "… par son attitude, le Comte de Chambord a pris, à l'égard de sa patrie, une responsabilité plus grande que toutes celles assumées par ses trente-six prédécesseurs". Après un tel réquisitoire, la cause paraît entendue. Pour ses détracteurs donc, le descendant de saint Louis, par son incompréhension et son obstination, a signé l'arrêt de mort de la lignée capétienne !

Cependant, aujourd'hui, alors que le temps a fait son oeuvre et apaisé les esprits, il s'avère possible de porter un jugement plus équitable sur le comportement de l'exilé de Frohsdorf. Ceci d'autant mieux que le spectacle des monarchies européennes subsistantes montre clairement, chez nos voisins, comment les institutions royales ont évolué.

Pour beaucoup, le problème du retour aux affaires de la branche aînée des Bourbons, après 1830, tient en cette formule lapidaire : " Le Prince ne veut pas du drapeau tricolore." La réalité, comme souvent dans les choses humaines, est plus complexe. Derrière cette querelle se profile l'opposition irréductible entre deux conceptions politiques, celle du Prince attaché au rétablissement de la monarchie traditionnelle et celle des "orléanistes", épris de libéralisme, prêts à faire endosser au futur souverain les habits de la Révolution ; non certes ceux de la Terreur sanglante de 1794 mais au moins ceux de la prise de la Bastille et de la Fête de la Fédération. Henri V avait vu clairement que la défense de la nature même de la royauté et celle du drapeau blanc participaient d'un unique combat : " Le drapeau est le symbole, l'expression extérieure du principe ; il est la manifestation devant le peuple, la seule qu'il voie, la seule qui ait pour lui une signification décisive et voilà pourquoi le principe et le drapeau ne peuvent être séparés".

stéphane rialsLe professeur Stéphane Rials résume fidèlement la situation ainsi créée : " L'attitude du Comte de Chambord, si volontiers tournée en dérision aujourd'hui, était d'une absolue logique au regard des principes qu'il a incarné. Ce qu'il rejetait dans le drapeau tricolore, c'était la souveraineté nationale, le libéralisme, le parlementarisme et peut-être, au-delà, tout un pan de la sensibilité moderne rationaliste et anthropocentrique. Ce qu'il voulait défendre, avec le drapeau blanc, c'était une certaine idée de la monarchie paternelle et chrétienne, tempérée par l'amour et la religion plus que par tel mécanisme constitutionnel abstrait."

On voit bien, au travers de ces quelques lignes, le fossé séparant orléanistes et légitimistes. L'accession au pouvoir de Louis-Philippe 1er, fils de Philippe-Egalité et lui-même "combattant" de Valmy, fit monter sur le trône un souverain voltairien qui se voulait tout à la fois héritier de nos Rois et de la Révolution. Il espérait ainsi réaliser l'impossible mariage entre modernisme et tradition. Cette tentative donna naissance à une royauté sécularisée –la meilleure des républiques selon ses partisans tournant le dos à l'antique Pacte de Reims. Sous l'Ancien Régime, " la monarchie française s'était développée dans une atmosphère religieuse. […] La mystique propre de la royauté qui avait fait du roi le représentant de Dieu pour définir et réaliser le bien de ses peuples était d'origine religieuse, la vénération à l'égard du roi muni de la grâce de son sacre n'était qu'un reflet du sentiment religieux "

La mort du Comte de Chambord, dans l'été de 1883, laissa les légitimistes dans le désarroi. Les plus pessimistes crurent assister à la fin de la dynastie la plus prestigieuse de l'Occident, pour eux un monde s'écroulait et disparaissait à tout jamais. D'aucuns, plus réalistes et plus au fait des règles de succession, reportèrent leur fidélité sur les descendants de Philippe V d'Espagne (1683-1746), lequel, en son temps, avait promis de ne jamais oublier qu'il était du sang de France. D'autres, découragés ou mal inspirés se rangèrent sous la bannière orléaniste, faisant allégeance au comte de Paris. Certains enfin, en désespoir de cause, acceptèrent la République, d'autant que Rome reconnaissait, au moins du bout des lèvres, la légitimité de ce régime. Cette décision faillit mettre un terme définitif au combat légitimiste.

En ce début du XXIè siècle, en suivant attentivement l'évolution des dernières monarchies européennes, nous comprenons combien le fils du duc de Berry a eu raison de ne rien abandonner du principe auquel il s'était identifié. Sous les plis de l'étendard des Conventionnels son héritage aurait été dénaturé. Les monarques qui ont survécu en s'adaptant à l'idéologie dominante ne possèdent plus que les "apparences inutiles du pouvoir" la réalité étant passée en d'autres mains.

 Que penser, par exemple, du souverain espagnol qui, redevable de sa couronne général Franco, appose maintenant sa signature, sans état d'âme apparent, sur des textes gouvernementaux que ne renierait pas la République laïque et anticléricale des années trente ? Se souvient-on du roi des Belges, Beaudouin 1er qui "abdiqua" pendant 36 heures pour ne pas avoir à signer une loi dépénalisant l'avortement. Une autre plume a paraphé le document à sa place ! Et les gazettes ont loué le courage du monarque ! N'oublions-pas que dans la Communauté des vingt-sept, républiques et royaumes coexistent sans problème, l'unité se réalisant autour de l'idéologie démocratique, concept bien éloigné de la véritable monarchie.

Tout pousse à donner raison au Comte de Chambord qui, du fond de son domaine autrichien, a pressenti l'évolution inéluctable. Si elle l'avait emporté, la coterie libérale aurait imposé au roi les mêmes compromissions. Le plus sage était de réserver l'avenir en gardant intacts les principes qui ont fait la France et qui assureront demain son renouveau.

 

PIERRE VALANCONY

(Article paru dans la Blanche Hermine)