f1g2a3s4b5

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/05/2011

Inconvénients de la démocratie / Force de la Monarchie

démocratieLes faiblesses de la démocratie

Le premier inconvénient du système démocratique consiste en ce que les qualités requises pour être élu diffèrent souvent de celles exigées pour gouverner. A l’occasion d’une campagne électorale, un candidat est jugé pour son charisme, sa capacité à séduire les foules, à plaire, à rassurer, à donner l’impression d’être intègre, déterminé, de prendre au sérieux les problèmes des Français, etc... Ce sont des qualités d’acteur, de séducteur et d’orateur qui sont mises en avant. Elles sont indispensables pour la conquête du pouvoir mais se révèlent insuffisantes pour l’exercice de celui-ci. Ici priment la compétence, l’esprit de décision, la vision à long terme des intérêts du pays, la capacité à savoir s’entourer, le sens du service, le courage de prendre des décisions parfois impopulaires, etc...qualités fondamentalement différentes de celles précédemment évoqués. On comprend mieux dès lors l’érosion d’un Jacques Chirac en manque d’idées directrices au cours de son deuxième mandat ou la désillusion qui a accompagné celui de Nicolas Sarkozy pourtant auréolé d’une campagne médiatique inégalée. On pourrait dire que la sélection d’un candidat par le biais du suffrage universel tient plus d’un d’un show médiatique, que d’un test sur les capacités d’exercice du pouvoir. Rien de surprenant dès lors qu’apparaissent sur la scène politique des acteurs de cinéma (Reagan ou Schwarzenegger aux Etats-Unis, Bernard Tapie en France), ou bien des personnalités dont la notoriété relève beaucoup plus d’une présence médiatique que d’une aptitude à l’exercice du pouvoir (Ségolène Royal est un exemple).

Le deuxième inconvénient réside dans le fait que le type d’homme à vouloir se présenter n’est pas forcément celui qui est le plus apte à servir le bien commun. Le désir du pouvoir ne signifie pas, ipso facto, recherche du bien commun. Certes, l’homme politique qui recherche le pouvoir peut être mû par une saine ambition mais il peut aussi considérer celui-ci comme une jouissance plus qu’un service, et dès lors y voir une sorte de récompense des efforts dépensés pour le conquérir. D’où cette ivresse qui caractérise souvent les vainqueurs au soir de l’élection présidentielle, le V de la victoire frénétiquement déployé. On serait légitimement en droit d’attendre un minimum de recueillement et de gravité, afin de mesurer l’ampleur des responsabilités. Imagine-t-on une seconde un pape nouvellement élu, savourer sa victoire comme un footballeur ? Se méfier donc des hommes sûrs d’eux-mêmes et trop assurés de leur talent politique ; cela peut cacher une recherche de gloire personnelle et un manque de sens des vraies responsabilités.

De plus, la nature même du procédé démocratique stimule l’ego des candidats. L’"onction" démocratique précédée d’une campagne électorale gonfle souvent d’orgueil son bénéficiaire. En effet, il pourra toujours attribuer sa victoire à son talent d’orateur ou à sa capacité de séduction. Dans une campagne électorale où domine, comme au sport, l’esprit de compétition, il peut être tenté d’affirmer : « si j’ai été élu président, c’est parce que je suis le meilleur ». A l’inverse, celui qui n’a pas choisi de gouverner, soit qu’il ait été désigné par ses pairs (comme dans l’aristocratie), soit qu’il hérite du pouvoir par naissance (comme dans la monarchie), sera moins tenté, une fois au pouvoir, par le sentiment de ne devoir son poste qu’à lui seul. Il sera sans cesse rappelé à la modestie de sa prise de fonctions.

france Force de la Monarchie

La Monarchie a l’expérience des siècles, elle est aussi la capacité de prévoir le long terme, par le souverain en ses conseils, débarrassé des soucis de réélection. Elle garantit le véritable progrès qui ne réside pas dans la jouissance égoïste ou dans la recherche de l’enrichissement à tout prix, mais dans la recherche et la conservation du bien commun qui est l’unité de la paix, le mieux vivre ensemble.

La Monarchie permet de conduire la politique dans une perspective historique. Elle est le garant du véritable progrès : comme pour les sciences physiques qui nécessitent d’accumuler les expériences dans un esprit pragmatique, les sciences sociales ne peuvent assurer le progrès que si elles retiennent les enseignements des expériences passées, hors de toute idéologie.

L’idée que l’histoire « avance » dans le sens du progrès est une illusion, née au temps des « Lumières », selon laquelle les progrès des sciences et des techniques entraîneraient des progrès dans tous les autres domaines (morale, société, etc.). On voit de nos jours ce qu’il en est de cette chimère qui a conduit l’homme à violer la nature en se prenant pour le Créateur au lieu de la respecter en l’apprivoisant.

De même, la nature de l’homme ne change pas avec le temps. Contrairement à la République inspirée par les idéologies, la monarchie traditionnelle Française n’a jamais eu pour ambition de faire évoluer l’homme vers le surhomme, de transformer sa nature, mais simplement, de rendre les personnes meilleures en développant chez elles les vertus, en leur faisant donner le meilleur d’elles-mêmes dans leur participation au bien commun.

C’est cet effort constant ― conduit génération après génération ― qui a fait s’épanouir la civilisation dans notre pays, et que les idéologies filles de la Révolution, s’acharnent à effacer les traces en promouvant l’individualisme, son esprit de révolte, d’irresponsabilité et de jouissance.

doctrine légitimiste, france, royalisme, légitimité, catholique, traditionLa Monarchie a-t-elle un avenir en France ?

Oui. Ce sont justement sa capacité de durer, sa stabilité, sa longévité démontrée par les siècles qui font l’intérêt du régime monarchique. La république en revanche n’a jamais pu vraiment trouver sa forme. On parle déjà de VIe République. L’instabilité marque la vie politique française depuis deux siècles. Le régime républicain, fondé sur les principes de la démocratie parlementaire et dont la dégradation est évidente, voire irréversible, perd l’estime et la confiance d’un nombre croissant de Français. Ce régime est structurellement incapable de se réformer. Fondé sur la loi du nombre, il entretient la division entre deux France (il y a un « peuple de gauche » et un « peuple de droite »).

Désormais la république brade la souveraineté de la France en faveur d’une entité européenne, fondée sur les seules valeurs marchandes. Beaucoup de Français se trouvent désemparés parce qu’ils ne savent pas comment remplacer ce régime peu soucieux du bien commun. Le salut du pays impose un revirement total par l’abandon des illusions démocratiques, et l’avènement du régime naturel qu’est la Monarchie, qui seule est fondée sur les valeurs morales traditionnelles auxquelles, croyants ou non, et plus qu’ils ne pensent eux mêmes, les Français restent attachés.

10/02/2011

La matrice révolutionnaire à l’origine du démantèlement de la France

Nées de la Révolution, droite et gauche sont deux soeurs ennemies. Pour la gauche, la révolutionpolitique,droite,gauche,assemblée nationale,révolution,contre-révolution,légitimité,royalisme,doctrine légitimiste est une mère ; pour la droite, une marâtre.

A partir de 1789, la hantise des origines s’investit précisément sur la rupture révolutionnaire". Cette hantise des origines investit aussi le champ du politique. Chaque famille, chaque parti doit se trouver une légitimité. Et que peut-on trouver de mieux pour la fonder qu’un passé glorieux, une histoire ancienne ? Les rapports entre la droite et la gauche en France ne naissent pas dans la paix. 1789-1793 : quatre année fondatrices d’un système, qui expliquent que parler de la gauche aujourd'hui soit si simple et parler de la droite si compliqué.

Acte de naissance d’un système nouveau : la Révolution

La dénomination des deux tendances de la vie politique française naît bien avec la Révolution. La césure est d’abord spatiale : à la fin de l’été 1789, l’Assemblée constituante discute droits de l’homme, veto royal et liberté religieuse. A droite du président, se rassemblent spontanément ceux qui restent attachés au roi et à la religion, car dans la partie gauche, celui qui ne vote pas comme ses voisins est immédiatement hué. L’habitude est prise. En 1791, à l’Assemblée législative, les "novateurs", les enthousiastes de la révolte permanente occupent la partie gauche.

Cette  (prétendue) évolution pourrait relever de l’anecdote. Pourtant, dès ce moment, la confusion est installée : en 1789, on trouve à la droite du président les défenseurs du roi, soit les contre-révolutionnaires. En 1791, on trouve à la droite du président, les défenseurs de la Constitution, soit les conservateurs. Les premiers s’opposaient à un système, les seconds adoptent un positionnement au sein de ce système. Avec un dénominateur commun : pour leurs adversaires, ils seront toujours perçus, malgré cette nuance de taille, comme des opposants au soit disant progrès.

Si la Révolution est l’événement fondateur des deux familles politiques "républicaines" et non pas "françaises", il ne devrait pas y avoir, a priori, une difficulté plus grande pour la droite que pour la gauche à jouer ce jeu de la dialectique. Mais on l’a vu, à droite du président s’étaient placés ceux qui, en accord avec la Révolution, continuaient cependant d’y poser une simple limite, fixée par la Constitution. Ce que définit la Constitution, c’est précisément ce qui ne peut être débattu ordinairement. Ce qui ne peut être soumis à l’exercice quotidien de la remise en cause dialectique. La droite, même née de la Révolution, a donc voulu conserver intacts certains pans de la vie politique. Elle est conservatrice. Pas contre-révolutionnaire, mais bien conservatrice. Conserver un état antérieur constitue d’emblée un frein à la Révolution dont le champ d’exercice est, par définition, indéfini.

C’est donc la gauche qui a l’apanage du "progrès" révolutionnaire, car dès sa fondation elle en a accepté le caractère illimité et indéfini. La Révolution est de gauche. La gauche, c’est la Révolution. il est simple de dire dans un dîner en ville "je suis de gauche". Personne ne pose de question, n’exige de justification. L’assemblée sait immédiatement ce que l’intervenant veut dire. Cette compréhension instinctive pour l’homme de gauche, la bienveillance commune dont il bénéficie ne sont que le résultat de l’immunité dont bénéficie la Révolution.

Différence de valeurs ou simples positionnements ?

La droite se retrouve finalement comme une étrangère dans un système qui n’est pas complètement le sien. Mais appartenant au système, elle joue avec ses règles, enfermée dans la confusion de ses origines et de ses motivations.

Quelle place pour la droite dans la dialectique républicaine ? Une place confuse, à la mesure de ce que fut la confusion de sa naissance. Quand on débat de la famille, deux options s’offrent à elle : affirmer d’emblée que la famille ne devrait pas devenir un objet d’exercice de la dialectique politicienne ou se placer sur le terrain choisi par les "progressistes" en entrant dans leur jeu et en jouant l’amendement contre le projet de loi. En choisissant la première voie, la droite s’oppose à un système. En choisissant la seconde, elle se positionne au sein du système. On le voit, la confusion de 1789-1791 n’est pas morte. Elle explique toute la difficulté qu’il y a à se dire de droite quand il est si simple de se dire de gauche.

Cette confusion est telle qu’on en vient à se demander ce que valent les fameuses "valeurs" de droite ou de gauche qui alimentent le débat politique français. Pour la gauche, là encore, rien de très compliqué. Sa valeur principale : la Révolution, avec pour corollaires toujours le prétendu progrès et la dialectique. Le changement permanent, avec pour idée principale que ce qui vient après est forcément mieux que ce qui était avant. Pour la droite, la tâche est aussi ardue que quand il s’agit de construire ses origines. Car parler de valeurs exige que l’on se penche sur les principes qui les fondent. Pour une droite qui se construit sans cesse une légitimité, qui justifie en permanence de sa loyauté à une histoire révolutionnaire, les principes sont flous. Sur le thème de la famille par exemple : s’oppose-t-elle aux réformes de la gauche par simple positionnement sur un échiquier politique ou par principe ? Estime-t-elle qu’il est des domaines où les règles de la dialectique ne doivent pas pénétrer ou ne fait-elle que jouer avec cette dialectique pour tenir son rôle ?

La tentation est grande de parler de positionnement plus que de valeur. La majorité de droite vient d’ailleurs d’en apporter une preuve en promouvant une réforme qui facilite le divorce, en fait un événement quasiment anodin et une formalité administrative. Dans l’opposition, face à une telle loi proposée par la gauche, la droite s’y serait opposée. Dans la majorité, elle en est l’origine et l’agent de propagande.

La droite telle que nous la connaissons actuellement ne s’appelle finalement droite que parce qu’elle est moins à gauche que la gauche... Elle n’est pas à droite du système mais à droite dans le système. Il n’y a pas de différence de fondements philosophiques ni de valeurs, mais une différence de positionnement. La droite, comme la gauche, a accepté le préalable révolutionnaire. D'ailleurs il ne viendrait pas à l’idée d’un homme politique de droite de remettre en cause la devise "Liberté, égalité, fraternité"...

Etre de droite dans le système, être de droite face au système

Parler de droite et de gauche n’a donc finalement de sens que si l’on accepte le système révolutionnaire, à l’exclusion de toute autre logique politique. Mais alors, il n’y a pas vraiment d’alternative politique au conflit indéfini inauguré par la Révolution. Pour qu’il y ait une alternative, mieux vaut parler de Révolution et de Contre-Révolution que de gauche et de droite. Car c’est bien là qu’est la véritable césure. Il est cependant impossible d’identifier la droite actuelle à la Contre-Révolution. On l’a vu, elle aussi profite de la dialectique et en accepte les règles. Cependant, par son positionnement, elle joue parfois un rôle de frein à la Révolution. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle est née : en prétendant en 1791, défendre la Constitution et poser ainsi un obstacle au déroulement rapide et sans faille de la logique révolutionnaire.

Sans doute alors faut-il introduire une autre notion : celle du conservatisme. La droite passe pour conservatrice et elle l’est effectivement en partie puisqu’elle refuse que certains pans de la vie sociale et politique soient abandonnés totalement à la logique dialectique. Ce faisant, elle freine le processus révolutionnaire. Mais dans le même temps, elle joue le jeu de la Révolution, participant à cette opposition voulue et nécessaire à la vie du système.

 Face à la Révolution, en dehors du système auquel elle a donné naissance, il n'existe comme remède que la Contre-Révolution, qui se place d’emblée dans une logique totalement différente. La Contre-Révolution Catholique et Royale ne se positionne pas au sein du système et n’en accepte pas le préalable dialectique. C'est la position des Légitimistes, en cela, elle n’est pas une idéologie, mais bien une conception différente de l’art politique. Un attachement sans faille à la Monarchie Catholique, régime politique naturel de la France Traditionnelle.

La droite oscille entre le conservatisme au sein du système et la Contre-Révolution. C’est ce qui fait la confusion de ses origines, de ses valeurs, de son rôle. C’est ce qui fait également toute la difficulté et l'incohérence parfois de l’engagement politique de "l’homme de droite". Ou plutôt de l’homme de bonne volonté, convaincu du mal politique que représente la Révolution...

politique,droite,gauche,assemblée nationale,révolution,contre-révolution,légitimité,royalisme,doctrine légitimiste

08/02/2011

L'obélisque de Stofflet à Maulévrier (Anjou)

 duchesse du berry,stoffet,maulévrier,guerres de vendée,royalisme,histoire,monument,chouans 

Un curieux monument se dresse près de l'entrée du château Colbert à Maulévrier. Caché par un bouquet d'arbres, cet obélisque couronné d'une fleur de lys perpétue la mémoire d'un valeureux général de l'armée catholique et Royale, Jean-Nicolas Stofflet.


100_4187

  C'est sous la Restauration que furent érigés nombre de monuments en l'honneur des chefs vendéens : les statues de Cathelineau au Pin-en-Mauges et de Charette à Legé, le tombeau de Bonchamps à Saint-Florent-le-Vieil, etc.


Stofflet n'eut pas les honneurs d'une statue, mais d'un obélisque offert par le comte de Colbert-Maulévrier à son ancien garde-chasse. Le monument fut dignement fêté par une foule venue nombreuse, le 20 juin 1826. 
100_4189

On lit sur le côté orienté vers le château l'inscription suivante : À la mémoire de Jean-Nicole Stofflet, né le 3 février 1753 à Barthellemont*, arrondissement de Lunéville, général en chef de l'armée royale du Bas-Anjou, mort à Angers le 26 février 1796. Toujours fidèle à Dieu et au Roi, il mourut en obéissant. Et au dos : Ce monument fut érigé par Édouard Victurnien Charles René de Colbert comte de Maulévrier 1820. 


100_4192

La duchesse de Berry vint s'incliner devant ce monument, lors de son passage à Maulévrier, le 8 juillet 1828.

(* Bathelémont-lès-Bauzemont)

 

 

 Vu sur le site Vendéens et Chouans :

http://guerredevendee.canalblog.com/archives/2011/02/04/2...  

 

28/10/2010

Archives de la presse Légitimiste

Le Droit monarchique :
un journal légitimiste et traditionaliste
(1883-1884)

Le Droit Monarchique.jpg

Nous voudrions rappeler que ce journal politique hebdomadaire qui n'a paru qu'un an, de décembre 1883 à novembre 1884 a joué cependant un rôle considérable dans le maintien des lois fondamentales du Royaume de France par les Légitimistes, qui après la mort du comte de Chambord ont refusé de reconnaître le comte de Paris, un Orléans, comme le roi de France. Puis ont considéré à juste titre la maison de Bourbon-Anjou comme héritière par la loi salique du trône de France.

 

!BmVIKUwBGk~$(KGrHqEOKiUEtjoYlrr5BLfT4prbBw~~_35.jpg

 

Cinquante-trois numéros du Droit Monarchique ont vu le jour. Chaque numéro coûtait 5 centimes, l'abonnement par an était de 4 francs. Chaque numéro compte quatre pages après le titre Droit monarchique. Journal politique hebdomadaire et l'épigraphe " La parole est à la France et l'heure est à Dieu ". II semble que cette épigraphe soit empruntée au manifeste du comte de Chambord du 8 mai 1871.

Les rédacteurs sont peu nombreux : à peine une dizaine ; le principal est Jules Delmas. On trouve aussi les signatures de Taillefer, Barbazan, de Saint-Léon, Du Hézo, Didier, de Verneuil, D. de C. (initiales seules).

Le titre du journal semble être inspiré directement par une brochure parue en 1883 : Le Droit monarchique de Joseph du Bourg (Voir photo).

Dès le premier numéro daté du dimanche 2 décembre 1883 le rédacteur en chef, J.D. (Jules Delmas), résume dans un bref éditorial la doctrine inspirée par le groupe des fidèles de la comtesse de Chambord. " Le droit monarchique est représenté par les descendants du duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV. Ceux qui reconnaissent comme Roi Mgr le comte de Paris... désertent la cause de la Légitimité, la cause de la Patrie, pour passer à l'orléanisme, au libéralisme politique, une des formes les plus malsaines de la Révolution ".

Les thèses légitimistes étaient également développées dans une autre feuille imprimée à Paris Le Journal de Paris fondé en octobre 1880, sous l'influence de Maurice d'Andigné.

Même si sa signature n'apparaît pas dans le Droit Monarchique, l'action du comte Maurice d'Andigné ancien secrétaire du comte de Chambord dans le lancement de cette feuille paraît certaine. C'est lui qui dans une lettre adressée au directeur du journal Le Gaulois marque publiquement son hostilité aux Orléans : " comme légitimiste, je ne reconnais et n'ai le droit de reconnaître à Monsieur le comte de Paris que le titre de chef de la branche d'Orléans ! " (le 24 octobre 1884).

 

 

14/10/2010

29 Septembre 1886 à Sainte Anne d'Auray.

vive_le_roy.jpg

Discours prononcé par le général de Cathelineau le 29 Septembre 1886 à Sainte-Anne d'Auray 

Mesdames et Messieurs,

C'est le souvenir du passé, le souvenir de nos ancêtres qui nous réunit... Comme eux nous voulons rester fidèles à cette magique devise qu'ils avaient adoptée et défendue et qu'ils nous ont laissée comme un héritage sacré : Dieu et le Roi ! Voilà notre patrimoine. Allons, debout ! pour le défendre : noblesse oblige...

Peuple français, peuple breton réveillez-vous; sortez de votre léthargie ; levez-vous il faut combattre l'usurpation...  Comptez, si vous le pouvez, les héros qui sont sortis de vos rangs ; les martyrs qui se sont fait immoler pour défendre et venger le Christ attaqué, pour défendre et venger la patrie.

Et toi, peuple breton, as-tu oublié le sang qu'il t'a fallu répandre pour conserver ton sol et ta liberté contre le léopard anglais. Tu fus invincible et tu devins si terrible, qu'il suffisait qu'on apprît que tu entrais dans un camp pour que l'adversaire déposât les armes et demandât immédiatement la paix. Telles furent ta puissance et ta gloire ! Plus indomptable et plus résistant que le roc de granit qui borde tes rivages tu avais la fierté du vieux lion dans le désert.

Pourtant un jour, épris des charmes du beau pays de France, subjugué par la grandeur et l'héroïsme de ses rois, tu le respectes et tu te prends à l'aimer... Ton chef, la grande-duchesse de Bretagne, épouse deux de ses Rois ; ta fierté ton ambition sont dépassées ; tu donnes ton coeur à la France ; tu lui jures fidélité... et tes serments tu les as gardés et tu les garderas à la vie, à la mort, à cette France qui t'avait séduit, à ces souverains qui t'avaient entraîné... Aussi, c'est chez toi que nous sommes tous, aujourd'hui, venus nous retremper dans la fidélité...

Oui ! c'est devant les saints que tu invoques que nous venons par la prière ranimer notre foi et grandir nos espérances...  C'est devant " la grande Dame Sainte Anne » comme tu l'appelles, devant Saint Michel, le chef de la milice céleste, dont l'épée est invincible, que nous crions sus à la félonie et à l'usurpation...

Mais pour anéantir la Révolution, source de la félonie et de l'usurpation, pour prier à notre aise, pour élever nos enfants comme nous le voulons et le devons, pour gagner avec fruit nôtre pain quotidien, en un mot pour vivre heureux et dans la paix... Il nous faut, de par Dieu et par la loi, notre roi légitime et chrétien, l'aîné des princes d'Anjou, le plus près du sang de notre magnanime Henri; il nous faut son drapeau, le drapeau sauveur de Jeanne d'Arc, le drapeau blanc.

Vous les voyez ici, nombreux, ils nous entourent -, que de victoires ils nous rappellent ! que de serments gardés ! que de sacrifices et d'héroïsme n'ont-ils pas enfantés!...

Vive le drapeau blanc, vive le Roy !! 

Oui, dans les tristesses de l'attente, répétons, comme nos pères ; vive le roi quand même ! La nuit est sombre et nous enveloppe, mais courage ! après la nuit vient l'aurore, je la vois poindre à votre horizon ; et bientôt, je l'espère, cette réunion, m'en donne la foi   avec le sergent du Christ, notre roi, et la protection du Sacré Coeur de Jésus, nous aurons le triomphe ; l'Eglise sera écoutée, vénérée et défendue ; la France, notre chère patrie, sera ressuscitée.

11/10/2010

Légitimité et Tradition

220px-Josephdubourg.gif

Dès 1883, une minorité de monarchistes dits Légitimistes avaient refusé de se rallier aux Orléans et étaient restés fidèles au drapeau blanc.

Le comité central Légitimiste mis en place en 1884 rallie à lui de grands noms du monarchisme : comme le général de Cathelineau, Urbain de Maillé.

Joseph du Bourg publia en 1910 un livre : 

les entrevues des princes à Frohsdorf 1873 et 1883, La vérité et sa légende, l’auteur ne cachait pas ses opinions légitimistes. Son but était de rappeler la question de la succession du comte de Chambord (Henri V), mort à Frohsdorf en août 1883. « la loi salique est immuable », le roi n’a pas le pouvoir de la modifier l’eut-il voulu, il en était le gardien.

Joseph du Bourg était un défenseur de ce principe fondamental : d’après le droit monarchique, la couronne appartient à l’aîné des Bourbons. Cette reconnaissance engendre obligatoirement le refus de deux ralliements successifs : pas de ralliement aux Orléans en 1883, pas de ralliement à la république en 1891.

La formule de « traditionalisme intégral » avait été lancée par la revue de Cathelineau Montfort en 1911, la Monarchie Française comme étant l’antithèse du nationalisme intégral. Les partisans de la contre-révolution intégrale, formule lancée par Pierre Gibert dans l’avant garde de l’ouest (18 janvier 1896) n’ont pas eux, ralliés le maurrassisme.

 Les Légitimistes ont maintenu le droit dynastique de la vraie France et pratiqué une reflexion importante dans l’optique contre-révolutionnaire et catholique traditionaliste. Refusant le ralliement à la monarchie constitutionnelle de 1830 et aux principes révolutionnaires et républicains de 1789 et de 1875, ils forment un groupe en lutte permanente avec les républicains mais aussi les Orléanistes et les partisans de Charles Maurras. L’absence de ralliement à des thèses modernistes où libérales permet le maintien des doctrines politiques et religieuses de la Monarchie Catholique Française. Les défenseurs de la Monarchie Traditionnelle ne peuvent se rallier à la république laïque ni à la monarchie constitutionnelle.

Ces deux refus de ralliement sont donc la marque des Légitimistes.

 Ainsi, les Légitimistes sont les seuls à pouvoir s’honorer d’être les intégraux défenseurs des lois fondamentales du Royaume de France. Ils sont à la racine sur le plan intellectuel de la pensée politique royaliste catholique, et contre-révolutionnaire. Ils incarnent la manifestation vivante du maintien de la théorie contre-révolutionnaire élaborée par Bonald, Mgr Pie et Blanc de Saint Bonnet. Fidèles aux principes de la Monarchie Catholique Française traditionnelle :

Le Prince, les lois fondamentales du Royaume et la Foi Catholique.

La Monarchie Catholique Française, régime naturel de notre pays est le seul régime politique permettant aux Français de s'affranchir du joug maçonnique et satanique en revenant franchement à la vraie tradition chrétienne dont le Roy par sa naissance (C'est-à-dire par la volonté de Dieu), est le seul représentant légitime.

 

 

02/10/2010

Conscience de la Légitimité

Conscience de la légitimité


La légitimité est la qualité de ce qui est fondé en droit et donc conforme aux lois. La France mît plusieurs siècles à enfanter ses lois fondamentales qui restèrent non écrites et qui pourtant, d'une certaine manière, tinrent lieu de constitution au royaume de France. Ces lois règlent notamment la dévolution de la Couronne. Les lois fondamentales du royaume furent un outil d'une redoutable efficacité pour garantir la continuité dynastique des Capétiens et à travers eux, la continuité de la Couronne, préfiguration de l'État. Elles se placent au dessus de toutes les autres lois et le Roi lui-même y est assujeti. Il s'engage à s'y soumettre et à les maintenir lors de son sacre.

Le souverain légitime est donc celui qui est désigné sans équivoque possible par les lois fondamentales du royaume. Ces lois constituent un véritable trésor, elles sont en quelque sorte la matrice originelle de la France. Ces lois ont été enrichies au fil des siècles, mais en les précisant seulement et sans jamais que cela n'invalide ni n'altère les lois précédemment admises par la coutume, coutume dont elles sont le reflet. Les lois fondamentales étant supérieures à toute autre loi ou engagement, il en découle que toutes constitutions, lois ou traités ignorant ces lois ou en contradiction avec celles-ci doivent être considérées comme nuls.

Lois fondamentales du royaume

Ces loi règlent définitivement l'ordre de succession au trône. La Couronne, qui symbolise la souveraineté de l'État, se transmet donc selon un ordre précis où l'hérédité joue un rôle prépondérant. La Couronne est encore aujourd'hui une notion en vigueur en France où elle est dite dormante.

 

Fidélité au Roi légitime

La force de ces lois fondamentales réside dans le fait qu'elles excluent tous prétendants à la Couronne à l'exception d'un seul qui est désigné mécaniquement par elles, sans erreur possible, à savoir l'aîné légitime de la branche aînée des Capétiens. Elle réside encore dans le fait que, les femmes étant exclues de la succession, la continuité dynastique est assurée et la Couronne ne peut tomber en des mains étrangères par mariage. Ces lois sont en outre illustrées par l'adage "le Roy ne meurt jamais" étant donné que le mort saisi le vif, il y a donc toujours un Roi vivant.

 

louis.jpg

Louis XX

Le Roi actuellement désigné par les lois fondamentales du royaume, et donc le Roi légitime, est Louis XX (SAR Louis de Bourbon, duc d'Anjou), aîné salique de tous les Capétiens, chef de nom et d'armes de la Maison royale de France. Nous lui sommes fidèles et le considérons comme le roi régnant, bien qu'empêché, tout comme nous sommes fidèles aux Lois fondamentales du royaume. C'est la raison pour laquelle on nous appelle légitimistes. Nous, légitimistes, sommes donc les partisans de l'aîné salique des descendants d'Hugues Capet et affirmons que les Lois fondamentales du royaume sont intangibles et de nature supraconstitutionnelle. Ces lois et ce roi sont notre héritage commun, confisqué par les révolutions et leur émanation, la république. Nous réclamons cet héritage au nom de tous ceux qui ne voient pas dans la République une source de prospérité, de paix et de grandeur mais un régime corrompu aux mains d'une caste sans scrupules, impropre à garantir le bien commun !

 

Louis XX, roi de France

 

Louis-XX-de-France.jpg

Issu en ligne directe de la plus ancienne et de la plus prestigieuse lignée royale d'Europe, les Capétiens, depuis le 30 janvier 1989, il est Sa Majesté le roi Louis XX de France par la grâce de Dieu, fils de feu Sa Majesté le roi Alphonse II, aîné salique de tous les Capétiens, chef de nom et d'armes de la Maison royale de France dite aussi Auguste Maison de Bourbon, Souverain Grand Maître des Ordres royaux du Saint-Esprit et de Saint-Michel, Bailli Grand-Croix d'Honneur et de Dévotion de l'Ordre Souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, dit Ordre de Malte, et, pour le commun, Son Altesse Royale le prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou.

"De mon père, j'ai hérité des droits héréditaires au trône de France, c'est un héritage historique et culturel que j'estime très important, et cela entraîne des obligations que je dois remplir." Louis XX

Son Altesse Royale Louis Alphonse de Bourbon est né le 25 avril 1974, 760 ans jour pour jour après Saint Louis ( Louis IX ) dont il est l’aîné des descendants par ordre de primogéniture mâle. Il est le second fils de SAR le prince Alphonse de Bourbon, duc de Cadix, (1936-1989) et de son épouse Carmen Martínez-Bordiú y Franco (née en 1951).

Il est baptisé dans la religion catholique le 3 mai 1974 au palais royal du Pardo, près de Madrid.

D'abord titré par son père duc de Touraine le 19 septembre 1981, SAR le prince Louis de Bourbon fut ensuite titré duc de Bourbon le 27 septembre 1984, suite au décès accidentel de son frère aîné SAR le prince François de Bourbon dans un accident de voiture. Louis devint alors l'héritier de son père.


L'héritier de la Couronne de France

''Ainsi, et c'était déjà la position de mon père, nous n'avons à revendiquer ou à prétendre à quoi que ce soit. Nous sommes, c'est tout, et à ce titre nous assumons pleinement notre héritage. Actuellement, c'est un rôle essentiellement historique, de témoignage, de transmission. La grandeur n'est pas en moi mais dans l'héritage moral qui m'échoit. Cela m'impose des devoirs, mais dans la vie, il y a des choses plus lourdes à porter. Que je doive assumer mon rôle de chef de la Maison de Bourbon, cela n'a rien à voir avec ma jeunesse" Louis XX, 17 décembre 1996 au journal Le Figaro

 

Louis-XX-30ans-OHLA.jpg

 

 

Il déclare le 19 avril 2000, être « le successeur des Rois de France », après la mort de son père dans un terrible accident de ski aux États-Unis le 30 janvier 1989. Sa Majesté prend désormais comme nom usuel « Louis » tout court et reprend le titre de duc d'Anjou de son père et de son grand-père. Sa Majesté le Roi Louis XX est accablé par cette nouvelle disparition brutale, il est encore jeune et va devoir affronter seul les grandes responsabilités qui incombent à l'aîné des Capétiens, chef de la Maison royale de France.

En temps que chef de la Maison royale, Louis XX va assumer la grande maîtrise des Ordres royaux français : L'ordre du Saint-Esprit et l'ordre de Saint-Michel, patron et protecteur de la France.


En 2000, en tant que chef de Maison royale, Louis XX est reçu dans l'ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte comme bailli grand-croix d'honneur et de dévotion lors d'une cérémonie au château de Versailles.

En tant qu'aîné des descendants directs de Louis XIV, Sa Majesté honore régulièrement de sa présence la messe anniversaire de la Fondation des Invalides en l'église Saint-Louis-des-Invalides.

Le 8 juin 2004, Louis XX préside les célébrations de la remise du cœur de Louis XVII dans la crypte royale à la basilique royale de Saint-Denis.

Il épouse le samedi 6 novembre 2004 à 19 heures, en l'église Saint-Stanislas Marie-Marguerite Vargas Santaella.

louimar.jpg

De cette union sont nés :


• Eugénie de Bourbon (5 mars 2007), fille de France, baptisée le samedi 2 juin 2007 par le nonce apostolique en France, Fortunato Baldelli, à la nonciature apostolique de Paris ;
• Louis de Bourbon (28 mai 2010), fils de France, dauphin de France, titré duc de Bourgogne.
• Alphonse de Bourbon (28 mai 2010), fils de France, titré duc de Berry, son frère jumeau.

lesjum.jpg

 

 

26/09/2010

Introduction à la pensée Légitimiste

280px-Popepiusvi.jpg

Pie VI

Pour des royalistes, poser le problème politique uniquement sous l’angle institutionnel Monarchie/République, n’est pas satisfaisant. Il est vrai que seule l’institution monarchique assure la pérennité de l’autorité politique, et de fait la continuité d’une politique dans un pays : c’est ce qui fit dire à S.S. Pie VI que « la monarchie était en théorie la meilleure forme de gouvernement » (Déclaration du 17 Juin 1793).

Cependant, le pouvoir quasi absolu d’un seul n’est pas le propre de la monarchie, loin de là : la république (Ve du nom) nous offre le spectacle d’un régime républicain ― donc de nature instable ― qui a voulu pallier ses défaillances chroniques par l’institution gaullienne d’une dictature plébiscitaire.

Cette dictature est nécessairement plus oppressive que l’Ancien Régime dans lequel des catégories de français structurées les (corps intermédiaires) gouvernant leurs intérêts catégoriels comme des corps sociaux organisés, concourraient presque toujours à l’intérêt général (au besoin avec l’arbitrage suprême du roi). Aujourd’hui, le pouvoir central se mêle de toutes choses, gouverne tout et tout seul, donc gouverne mal.

La légitimité politique se définit historiquement par le respect des lois fondamentales de France, le serment du Sacre, et l’application d’une politique légitime. Ainsi, Clovis devient en 496, le seul roi légitime parmi les rois barbares du fait de son baptême et non de sa force. Le baptême, la légitimité dynastique, ne suffisent pas : encore faut-il une politique légitime. C’est le grand message d’Henri V, qui n’a pas voulu être le souverain légitime de la Révolution (c’est le sens de son refus symbolique du drapeau tricolore).

La marque politique de l’Ancienne France, ce avec quoi la Révolution a opéré une rupture, c’est la conduite d’une politique dominée par le Droit naturel et chrétien. Si aujourd’hui, nous descendons dans l’arène politique comme royalistes, c’est pour faire triompher ce Droit naturel et chrétien, au sein du mouvement légitimiste et armés de l’immense héritage de la pensée de la monarchie traditionnelle française transmise par nos pères depuis Clovis.

Qu'est-ce que la royauté ?

armes_de_france.jpg

En France la royauté n'a jamais été imposée (Contrairement à la république). C'est une Monarchie Catholique, un régime stable permettant de se développer et d'assurer à l'ensemble de la population sécurité, justice, libertés en un mot tout ce qui fait que les hommes puissent vivre et s'épanouir sans avoir peur du lendemain tant pour eux que pour leurs enfants. Un régime garant de la Tradition.

Le tableau ci dessous résume les deux grands modèles, le contemporain et celui de la France royale qui a permis à notre pays de se développer durant plus de dix siècles en faisant rayonner sa civilisation ("le modèle français" ) sur toute l'Europe et une partie du monde

 

 

 

 Royauté française       

Transcendance, réalisme, être, sujet, droit naturel intangible, l'esprit domine la matière, le Droit objectif et  la Justice

Bien commun,

Inscription dans le temps

Pouvoir est un service dont le détenteur (le roi) est le gérant

Société ordonnée, hiérarchique, axée sur les fins dernières de l'homme

Economie ordonnée aux besoins de l'homme

 

Modèle post révolutionnaire

Immanence, idéalisme, avoir, objet, droits subjectifs sujet des contingences, la matière s'impose à l'homme, les droits subjectifs

Profit individuel

Présent

Toute puissance du pouvoir (du peuple) défini par la loi qui est variable

Désordre social égalitariste axé sur les satisfactions hédonistes

Primat de l'économie sur l'homme

 

14/08/2010

« Il y a de la mousse sur la route »

Bocage-vendeen_guid_fiche_width.jpg

 

Un dimanche après-midi en Bocage. Une promenade de plus et nous laissons la voiture à l’entrée d’un sombre et quelque peu inquiétant bois de chênes, châtaigniers et autres espèces si propre à notre région. Le pâle et froid soleil d’hiver s’en va doucement, vers là-bas, vers le pays de Charette… La carte de Cassini est formelle, c’est « par là » qu’ils sont passés… Mais comment les Vendéens ont-ils pu se battre ici ? Il n’y a rien, rien que des champs ou des arbres. Il n’y a rien non, mais attendez voir, ça y est le chemin est là ! Il faut donc prendre cette route de ferme dont le goudron s’effrite et dont le milieu est envahi d’herbe. Il y a de la mousse sur la route, signe que plus personne ne passe régulièrement ici depuis longtemps. Ce chemin, pourtant goudronné semble si abandonné, il n’y passe jamais personne faut-il croire. On y  avance, l’air est glacial, rien ne bouge, que quelques oiseaux apeurés. La carcasse d’une vieille auto des années 50 gît là parmi les broussailles, noyée dans la rouille et attaquée de toutes parts par les ronces. Comme le chemin lui-même, elle est le symbole d’un temps révolu tout comme un jour le nôtre le sera, révolu, oublié, méprisé quoi qu’on en dise. Il ne sert à rien de se gausser de modernité car nous serons toujours le passé de quelque chose…. Le chemin se poursuit, se rétrécissant de plus en plus, jusqu’à devenir boueux. Le goudron a disparu et fait place maintenant  à un bourbier glacé qui va se creusant  à mesure de la progression des promeneurs. Le chemin devient creux et de plus en plus sombre. Pas un bruit, le silence est sépulcral et c’est tout juste si la bise parvient à atteindre les branchages tristes qui recouvrent ce sentier lugubre et abandonné. Un élargissement vient, tout à coup perturber la douce continuité du chemin. Un autre chemin que nous n’aurions pas vu sur la carte ? Non, fausse alerte, ce n’est qu’un sentier menant à l’entrée d’un champ. Pas grand chose d’historique de ce côté…. Mais qu’est-ce donc là, derrière ces arbres ? Bon sang ! une croix ! Elle est toute petite, toute ronde, le granit est couvert d’un lichen gluant et froid. Le vieil homme rencontré avant la promenade avait raison. « En allant par là, vous verrez la croix des chouans » avait-il dit. Il n’en savait pas plus, ou peut-être s’était-il tu, volontairement, lassé d’être pris pour un vieux fou dont plus personne n’écoute les discours sur les vieilles histoires du pays. Ce vieil homme marchait péniblement en appelant un jeune chien particulièrement récalcitrant. Il devait être d’ici, de pas loin, de l’une de ces maisons en contre-bas de la colline, ces maisons si difficiles à dater aux tuiles rouges et aux fenêtres vermoulues et  à la peinture écaillée.

 

300px-Embuscade_de_chouans.jpg

 

Voici donc la « Croix des Chouans », des « Vendéens » plutôt non ? La grande histoire ici se confond avec la petite et le seul souvenir que l’on ait à l’esprit sont ces hommes déterminés avec leurs faux tournées à revers…. Et puis cette horreur, ce feu, ces crimes sans nom… Notre chemin continue et de plus en plus, une impression de paix se dégage. Le chemin nous protège, de quoi, nous n’en savons rien mais il semble moins sombre et moins sinistre au fur et à mesure que nous avançons. Cette impression de crainte du début de la promenade s’est estompée et nous voilà prêts pour des kilomètres, ce chemin nous a donné des ailes.. Se tortillant, tantôt s’élargissant tantôt se rétrécissant, montant, descendant, il nous plonge dans une atmosphère qui nous échappe. Serions-nous devenus insensibles au temps ? La carte nous indiquait un pont qui enjamberait une rivière anecdotique… Point de pont à l’horizon et la précision de ces vieilles données bicentenaires laisse sans doute à désirer. Il n’y a rien par ici et d’ailleurs la végétation est de plus en plus dense, tout à l’heure nous ne pourrons plus avancer. Il est là !!!!!!!!!! victoire !!!!!! Le « pont », le pont est là !!!!!! Il est d’une largeur impressionnante, le triple de celle du chemin ! Comment est-ce possible ? La « bataille » s’est donc déroulée là sur cet amas de pierres, sur ce chemin boueux, le long de ce ruisseau que l’on imaginait énorme. Les chevaux y étaient tombés, les caissons des républicains aussi, mais pourtant ce ruisseau est si petit ! C’est à peine s’il fait trente centimètres de profondeur. Allons ma bonne amie, franchissons le pont et allons voir si le chemin continue. Nous ne traînerons pas car le soir s’avance et le ciel menace de neige. Cet hiver est presque aussi rigoureux que celui de 1794. Mon Dieu, la panique nous prend tout à coup. Quelque chose nous dit de rebrousser chemin au plus vite. De toute façon nous venons de franchir  l’autre côté du pont. Il n’y a plus rien à voir. Une entrée de champ….. Le chemin s’arrête définitivement. La carte indiquait une route qui continuait jusqu’au village pris par les Vendéens mais non, le temps a passé et le chemin s’arrête…. Pour toujours…..

 

Pour toujours se sont arrêtés la vaillance et l’héroïsme de la Vendée, comme son chemin. Gardons l’enseignement de ces braves qui nous ont permis d’être des hommes libres, libres de croire, libres d’aimer. Tiens une cloche sonne dans le lointain…. Cinq heures du soir. Sommes-nous bêtes, c’est l’église du village voisin qui nous rappelle que l’heure de la fin de la balade a sonné et que nous devons rentrer au chaud. Pourtant dans le tintement de cette cloche du Bocage, il y avait comme un message, un ultime message secret, un message venu du tréfonds du passé, que seuls les hommes libres savent décoder. C’était une cloche, rien qu’une cloche, une cloche d’un clocher de…. Vendée…..

 

eglise_clocher.jpg

 

 

Le retour est épuisant, le froid dévore nos mains, la boue n’en finit pas, des ornières profondes voudraient nous retenir et nous empêcher de revenir à notre monde. Il monte ce chemin, j’imagine les cris de « Vive le Roi » derrière les buissons mais il n’y a rien…. Je me mets simplement à la place de ces pauvres femmes qui ont couru là pour sauver leur honneur et leur vie, un bébé malade dans les bras et un autre enfant haletant derrière sa mère. Sans doute qu’eux aussi craignaient la neige qui allait trahir leur passage et les mener à une mort atroce….. La « croix des chouans » est là, encore un bon quart d’heure et nous serons arrivés… La voiture est là, symbole de ce modernisme chaud où nous vivons au quotidien. La voiture n’a pas bougé, elle a attendu patiemment le retour de ces fous à l’insatiable appétit d’un passé révolu mais si beau. C’est promis nous irons offrir un cierge à « Notre-Dame de Beauchêne » pour la remercier de nous offrir son Bocage chaque dimanche.

 

Cette promenade achevée, cette promenade imaginaire qui n’est qu’une synthèse de tout ce que votre serviteur a pu vivre d’émotion en vingt ans d’intérêt pour la Vendée est dédiée à tous ceux qui ressentent l’envie, le besoin de s’évader de cet ennui perpétuel qui fait notre vie moderne. L’histoire n’est pas une contrainte, je ne suis pas certain que soit vraiment une libération, c’est juste un rêve tenace,  un voyage qu’il faut faire. L’avenir plonge ses racines dans l’histoire et comme nous le disions plus haut dans le texte : « Nous serons toujours le passé de quelque chose »…..

 

 

Richard LUEIL / Février 2010