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20/01/2011

Les Français et le rendez-vous du 21 janvier.

De nos jours les Français ont la mémoire courte et souvent ils apparaissent comme bien changeants. Pourtant force est de constater que dans leur mémoire, des permanences existent. Chaque année il en est une qui n’est pas sans étonner l’observateur, celle qui concerne les commémorations de la mort du roi Louis XVI, le 21 janvier 1793. Elles se comptent par centaines en France et même à l’étranger.Portrait_de_Louis_XVI.jpg L’essentiel de ces manifestations sont des messes. Mais il y a aussi des repas, des marches, des dépôts de gerbes. Cette date apparaît ainsi comme un rendez-vous annuel que les Français ont avec leur histoire. En dehors des anniversaires liées aux deux dernières guerres et aux évènements qui s’y rattachent, aucun autre évènement historique n’est solennisé si régulièrement et si nationalement.

Le plus remarquable est que ces manifestations sont spontanées. Les grandes villes, Paris, Lyon, Marseille, se permettent d’avoir plusieurs cérémonies. Des églises plus ou moins pleines en temps ordinaire, se retrouvent l’espace d’une messe remplies.

Le fait que cela soit spontané, mérite que l’on s’y arrête. Les commémorations ne peuvent s’imposer légalement. Le récent débat sur la mémoire officielle le montre bien. Elles ne se décrètent pas ou alors il faut les associer à des jours fériés…

En revanche, le souvenir de Louis XVI s’est imposé naturellement et cela dure depuis des décennies et des décennies. Sans doute parce qu’il est un symbole. A lui seul, il marque l’ancien régime et le synthétise. Les Français savent plus ou moins inconsciemment que toute leur histoire, leur culture, leurs institutions, leur langue se sont mises en place et se sont épanouies « à l’ombre des Lys » comme disent les poètes. Quant à la fin de Louis XVI, n’est-elle pas non plus le symbole de la dérive des hommes et du pouvoir. Plus personne ne reconnaît au roi une quelconque responsabilité ou une faute. Coupable de rien, si ce n’est d’avoir été là LOUIS XVI EN 1786.jpgau mauvais moment, sa mort correspond au premier procès politique. Il montre aussi les limites d’une telle justice, celle de l’arbitraire. En un mot, sa mort est le signal qu’il faut conserver et qui génération après génération, rappelle qu’en politique il faut savoir raison garder et ne pas aller trop loin. Le message vaut pour hier comme pour aujourd’hui. Pour aujourd’hui comme pour demain !

Cet instinct qui fait que les Français conservent pieusement les temps forts de leur histoire est le même que celui qui s’observe dés qu’un monument éponyme est atteint : ancien Parlement de Bretagne, Château de Lunéville, Versailles et les Trianons après les tempêtes de 1999, plus récemment le château du roi René à Angers. Chaque fois comme les messes pour le roi Louis XVI, les Français se mobilisent et envoient leurs dons pour maintenir cette part d’éternité que leur procure leur histoire. Ils savent que pour écrire demain il faut savoir lire le passé, c’est à dire conserver ses racines.

10/01/2011

La Basilique de Saint-Denis, Haut Lieu de la France

SAINT_DENIS-e59b0.jpgLa basilique royale de Saint Denis est surtout connue pour être le lieu où sont enterrés les rois de France et abriter un exceptionnel musée de sculptures, mais elle est plus que cela.

Il existe dans d'autres nations d'Europe des nécropoles royales : l'Escurial à Madrid, Westminster à Londres, la crypte des Capucins à Vienne. Mais l'abbatiale de Saint Denis, infiniment plus ancienne, est surtout bien autre chose que l’ultime tombeau des rois. Par son origine, son rayonnement et sa puissance dus à la renommée de ses reliques et des miracles qui s’y sont accomplis, à sa perfection architecturale, à son histoire, elle est le garant de toutes les légitimités royales et reste le témoin, depuis ses origines, de l’histoire de France.

Clovis et Saint-Denis

Le baptême de Clovis à Reims, en 496, est à l'origine de la christianisation de la France. Parmi différentes justifications c’est aussi en raison du rayonnement, déjà très important, du sanctuaire de Saint-Denis que Clovis a choisi Paris comme capitale de son royaume, sans doute sous l'influence de sainte Geneviève. Bapteme_de_Clovis_par_St_Remy.jpg

A sa suite, ses successeurs, les rois mérovingiens vouèrent un culte très important à ce lieu devenu prestigieux. Ils s'y faisaient enterrer "ad sanctos" (auprès et à l'ouest du tombeau sacré). Les fouilles ont confirmé que cette pratique existe depuis le Ve siècle, de même qu’elles ont permis de constater que l'église de Sainte Geneviève était beaucoup plus grande qu'on le supposait précédemment.

Dagobert, devenu roi en 622, entreprit, avec son ministre, l'évêque Saint Eloi, de reconstruire splendidement la basilique en l'élargissant par deux nefs latérales. C'est à Dagobert que l'on doit également la fondation de la première communauté monastique régulière destinée à assurer la permanence du service divin et la garde des reliques.

En 732, Charles Martel, fils de Pépin d'Héristal et Maire du Palais sauvait l'Occident à Poitiers.

Les derniers Mérovingiens étant en pleine décadence, Fulrad, élu abbé de Saint-Denis en 749, négocia avec le pape Zacharie Ier de leur substituer Pépin le Bref, fils de Charles Martel.

Premier sacre à Saint-Denis

Zacharie Ier étant mort, le pape Etienne II, son successeur, vint en 754 à Saint-Denis sacrer Pépin le Bref. Le roi avait entrepris la construction d’une seconde et plus grande église qu'acheva son fils Charles, dit Charlemagne.

Le sacre de Pépin a une portée historique dépassant de beaucoup le cadre de Pépin_le_bref.jpgl’histoire de France. Sa portée est européenne.

Le Pape Etienne II trouvait en Pépin le protecteur de l'Eglise que menaçaient les Lombards. Pépin descendit en Lombardie et, après la victoire, remit au Souverain Pontife les villes conquises. Ce fut l'origine du pouvoir temporel des Papes et de la reconnaissance pour son rôle de "La France fille aînée de l'Eglise".
L'Abbé Fulrad doit en être considéré comme le principal artisan.

Lors du sacre de Pépin, la nouvelle basilique était loin d'être achevée. C'est seulement le 24 février 775, dans la 7e année de son règne que l'empereur Charlemagne assistera à la dédicace de l'abbatiale carolingienne.

Dom Doublet donne un texte très précieux de la "charte de Charlemagne" car il est très caractéristique de la fusion de la fortune et de la gloire de Saint Denis avec le personnage idéalisé de Saint Charlemagne : "De Dieu seul et de Toi (Saint Denis) je tiens le royaume de France" dit le grand empereur qui fit solennellement l'abbé de Saint Denis le premier des prélats de France

Avec Charlemagne la reconnaissance européenne de Saint-Denis

Le rayonnement spirituel et artistique de l’Abbaye de Saint-Denis se répandit dans toute l'Europe et Charlemagne avait proclamé l'Abbatiale "Chef et maîtresse des églises du royaume". Ce rayonnement continua malgré le déclin de la dynastie carolingienne et les premiers capétiens purent le recueillir à leur profit. 20B8EF~1.JPG

Si Hugues Capet fut proclamé et sacré roi de France en 987 et triompha du dernier carolingien Charles de Lorraine ce fut, en grande partie, parce qu'il était abbé laïque de Saint-Denis dont la puissance et le prestige rayonnaient sur toute l’Europe.


Les temps capétiens

Les Français adoptèrent pour cri d'armes MONJOIE SAINT-DENYS et le rouge gonfanon de l'abbaye devint l'Oriflamme, le symbole de l'unité de la France, levé oriflamme_saint_denis_gr.jpgsolennellement dans la Basilique Royale à chaque occasion de grand péril extérieur. Il fut levé victorieusement en 1124 par Louis VI le Gros. En 1214, Philippe Auguste le lève et ce fut la bataille victorieuse de Bouvines où face à la coalition qui menaçait la France, le rassemblement des forces venues de tout le royaume, du nord au sud, de la fleur de la chevalerie française alliée aux milices populaires et bourgeoises, brisa l'effort des envahisseurs. L'Oriflamme a disparu à la bataille d'Azincourt, probablement détruit par ceux qui en avaient la garde, pour éviter qu'il ne tombe entre les mains de l’ennemi.

A Saint-Denis est né l'art gothique.

Suger, abbé de Saint-Denis (1081-1151), un des plus grands ministres de France, veut reconstruire l'église carolingienne qui tombe en ruine. Il commence par le narthex consacré en 1140 et l'abside consacrée en 1144. Il dote ces nouvelles constructions de merveilleux vitraux dont quelques uns subsistent encore.

BasiliqueSaintDenis400.jpgLe plan de cette église supérieure est l'archétype de celui de toutes les cathédrales qui vont fleurir en France et dans toute l’Europe

Saint Louis fait en partie réédifier l'église par Pierre de Montereau, l'architecte de la Sainte Chapelle, sur un plan plus grand et plus parfait que celui de Suger, l'art gothique ayant en un siècle fait des progrès. Le roi aménage l'ensemble des tombeaux de ses prédécesseurs des trois dynasties : "Saint Louis désirait que Saint Denis soit également un mausolée où les tombes de ses ancêtres royaux ou leurs monuments commémoratifs puissent être disposés avec honneur".

Saint-Denis, les Regalia, et le cœur symbolique de la France

Depuis au moins le douzième siècle, les insignes royaux sont déposés dans le Trésor : c'est de là qu'ils sont apportés à Reims pour chaque sacre : l'abbaye de Saint-Denis fait figure de centre moral de la France.

Philippe III le Hardi dépose à Saint-Denis le corps de son père Saint Louis mort à Tunis, et Charles V y fait ensevelir le connétable du Guesclin.

Le 8 septembre 1429, Jeanne d'Arc, blessée devant Paris, vint déposer son épée sur l'autel de Saint Denis peu de temps avant d'être faite prisonnière. Elle y eut connaissance de la fin de sa mission. jeannedarc1.jpg

La Renaissance élève à Saint-Denis de merveilleux monuments : tombeaux de Louis XII, de François Ier et de Henri II.

Henri IV embrasse à Saint-Denis la foi catholique en 1593 achevant ainsi la réconciliation des Français. 

Saint-Denis haut lieu de la royauté française 

Louis XIII et Richelieu réforment l’abbaye.
Bossuet y fit entendre trois de ses admirables oraisons funèbres.
Louis XIV fit élever un splendide tombeau à Turenne

Mais tout n'était pas que deuils ou gravités.
Que de sacres de reines, que d'illustres visites depuis celles des papes Etienne II, Adrien Ier, Léon III, etc. à tel point que l'abbaye fut appelée l'Hostellerie des Papes.
Les fastes des réceptions des empereurs Charles IV et Charles-Quint sont restés célèbres. 800px-Louis_XVI_et_Marie-Antoinette.jpg

La rupture de la Révolution

Les évènements de la fin du 18ème siècle amenèrent un changement aussi brutal que profond.
Le décret de l'Assemblée Nationale du 18 février 1790 supprimait les ordres monastiques.
Le 12 septembre 1792, les Bénédictins chantèrent leur dernier office.

Pour célébrer "le premier anniversaire de la victoire du peuple" Barrère proposa "de détruire tous les monuments de l'église de Saint-Denis, effrayants souvenirs des ci-devant rois ;". Les 6, 7 et 8 août 1793, 51 sépultures royales ainsi que 47 gisants furent détruits. Puis ce furent les effroyables profanations des tombes.
"Les fabuleuses richesses de l'ancien trésor de Saint-Denis accumulées par la piété royale depuis Dagobert jusqu'à Louis XVI, ont été à jamais anéanties par le vandalisme Jacobin, en 1793. Ses épaves sont dispersées entre la galerie d'Apollon au Louvre et le Cabinet des Médailles à la Bibliothèque Nationale " (Jean Feray ).
L'Abbatiale devint le Temple de la raison puis elle fut fermée et vouée à l’abandon.
Chateaubriand écrivit dans le Génie du Christianisme "Saint Denis est désert, l'oiseau l'a pris pour passage, l'herbe croît sur ses autels brisés ; au lieu du Cantique de la mort qui retentissait sous ses dômes, on n'entend plus que les gouttes de pluie qui tombent par son toit découvert, la chute de quelques pierres qui se détachent de ses murs en ruine ou le son de son horloge qui va roulant dans les tombeaux ouverts et les souterrains dévastés"...

19/12/2010

Aujourd'hui 19 décembre : date anniversaire de la naissance de Philippe de France, duc d'Anjou (Philippe V d'Espagne).

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Philippe de France, duc d'anjou.

Philippe de France est né le 19 décembre 1683 à Versailles. Deuxième fils du Grand Dauphin et petit-fils de Louis XIV, il est d'abord titré duc d'Anjou.

À la fin des années 1690 se pose le problème dit de la succession d'Espagne : Charles II d'Espagne, est malingre et contrefait, de santé très délicate et sans postérité. Avant même sa mort, les grandes puissances européennes tentent de s'entendre pour s'approprier son royaume. L'enjeu est important : si l'Espagne allait aux Bourbons, cela augmenterait l'influence déjà immense de Louis XIV. Si l'Espagne allait aux Habsbourg d'Autriche, l'empire de Charles Quint serait reconstitué. Finalement, pressé par le cardinal Portocarrero, son principal conseiller, Charles II choisit la solution française. Le 2 octobre 1700, il fait du jeune duc d'Anjou son légataire universel.

Versailles.JPGLa nouvelle arrive le 9 novembre suivant à Versailles. Le 16 novembre 1700, Louis XIV annonce à la cour qu'il accepte le testament de Charles II. Cette journée est restée célèbre. Le roi de France présente ainsi son petit-fils, âgé de dix-sept ans, qui ne parle pas un mot d'espagnol : « Messieurs, voici le roi d'Espagne ! ».

Puis il déclare à son petit-fils : :« Soyez bon Espagnol, c'est présentement votre premier devoir ; mais souvenez-vous que vous êtes né Français... »

29/11/2010

La Monarchie Traditionnelle Française

Les avantages de la monarchie catholique traditionnelle

La monarchie conférerait à l’Etat des qualités bénéfiques: 2217934523_small_1.jpg

  • unité,
  • continuité,
  • indépendance,
  • responsabilité,
  • légitimité.

Unité, mémoire et tradition

L'unité, sans laquelle il ne saurait y avoir d‘autorité véritable, est indispensable pour garantir l’indépendance nationale.

La démocratie républicaine divise les Français en entretetenant un état permanent de division et de guerre civile

Dans une démocratie les intérêts supérieurs du pays sont sacrifiés aux luttes partisanes.

"La véritable unité de la Nation française ne se fera que par un retour à la foi de ses ancêtres et à la royauté capétienne qui permettra le libre et authentique épanouissement des communautés composant le corps social" (Prince Jacques-Henri, dans sa déclaration du 19 novembre 1972 à l'occasion de son voyage dans l'Ouest)

 

princealphonse.jpg"Que chacun soit bien convaincu que l'aîné des Capétiens, fidèle à la tradition millénaire de sa famille, n'est pas là pour diviser mais pour unir et rassembler" (Alphonse duc d'Anjou et de Cadix, dans une allocution prononcée à Pau, le 29 Mmars 1987)

"Défendre la vérité ce n'est pas diviser mais unir (...). Ce n'est que sur la vérité que les choses valables peuvent s'édifier, ce n'est que par la vérité que les Français retrouveront cette unité patiemment construite et soudainement abolie voici deux siècles. (...) Puissent, par le triomphe de la vérité, les Français s'aimer de nouveau les uns les autres pour que vive la France !" (Alphonse duc d'Anjou et de Cadix, dans une allocution prononcée à Paris, le 22 janvier 1988).

"Ne l'oubliez pas ; c'est par le retour à ses traditions de Foi et d'honneur, que la grande nation (i.e. la France) un moment affaiblie, recouvrera sa puissance et sa gloire" (Le Comte de Chambord dans son manifeste du 9 octobre 1870).

Comment revenir au spectacle de nos divisions,... à l'unité nécessaire ?" par MGR Delassus

Mgr_Henri_Delassus_-1836-1921-.jpg"Il n'existe pas deux voies: c'est de revenir au principe qui, au cinquième siècle, a fait la France.

A un peuple précipité hors de sa voie, arraché à ses traditions et qui meurt, on ne peut rendre du sang, de la vie, du patriotisme, de l'élan, qu'en le ramenant, en le rattachant de nouveau à son principe. [...] Car où se trouve le principe générateur de l'unité, là se trouve le renouvellement de la patrie française !"

(Mgr Delassus, L'esprit familial, dans la famille)

Identité

"L'identité nationale passe aussi et sûrement par cette mémoire du temps passé, ponctuée par des anniversaires qu'il faudrait commémorer dignement" (Alphonse duc d'Anjou et de Cadix, dans une allocution prononcée à Paris, le 22 janvier 1989) 

La monarchie est le régime politique qu'il faut à la France parce que c'est son régime naturel.

Le roi fédère autour de sa personne et agrège des populations autour de ce qu'il représente: la nation et la patrie.

La France est née catholique et royaliste.

Ses ennemis pourront épiloguer et chicaner; ils ne pourront jamais effacer le baptême de Clovis.

C'est pourquoi par exemple, la mémoire de ce grand roi est oubliée, les livres le concernant, mis de côté, son histoire, passée à la trappe dans les manuels scolaires...

Mais la vérité ne change pas et les faits historiques sont tétus...

Continuité

Les successions paisibles, conséquences du principe héréditaire dans la dévolution du pouvoir, évitent à la France de connaître des révolutions meurtrières et des guerres fratricides...

Ainsi des objectifs à long terme peuvent-ils être atteints.

La continuité du pouvoir monarchique durant huit siècles contraste avec l’instabilité institutionnelle des deux derniers siècles.

Indépendance

La monarchie est la qualité d’un régime qui ne repose pas sur l’élection, laquelle lie le pouvoir à l’opinion publique, l’obligeant à pratiquer une démagogie éhontée pour recueillir des suffrages.

Le régime électif est ainsi obligé de centraliser l’administration du pays. Il détruit les libertés locales, municipales, régionales, professionnelles, les provinces à qui le roi permettait de vivre et de s’organiser librement.

Dégagé des soucis électoraux, le Roy serait en situation d'être un arbitre.

Responsabilité

Les intérêts dynastiques et personnels du Roi se confondent avec les intérêts nationaux, tandis que le pouvoir démocratique dilue la responsabilité dans les majorités et les scrutins.

Légitimité

La monarchie reconnaît Dieu comme la source du pouvoir.

C'est un régime politique sain qui s’exerce en vue du seul bien commun, indépendant des groupes d’intérêt et des puissances d’argent.

La monarchie diminue les risques de corruption du pouvoir du fait même que le roi est sûr de son pouvoir. Il n'a pas besoin de se corrompre dans de basses manigances pour l'obtenir...

L’Etat royal puise sa légitimité dans l’Histoire et les services qu’il a rendus au pays au cours des siècles.

Il n’y a pas de légitimité en démocratie puisque le pouvoir est le fruit des compétitions électorales et que les partis l’exercent selon les caprices de l’opinion...

Moralité

Dans la monarchie, les manoeuvres électorales que l'on rencontre dans la démocratie sont absentes. La moralité s'en trouve sauve.

Voici le programme gouvernemental que le comte de Chambord proposait aux Français : chambord2.jpg

"Pénétré des besoins de mon temps, toute mon ambition est de fonder avec vous (i.e. les Français), un gouvernement vraiment national, ayant le droit pour base, l'honnêteté pour moyen, la grandeur morale pour but" (Le Comte de Chambord dans son manifeste du 9 octobre 1870)

"Gouverner ne consiste pas à flatter les passions des peuples, mais à s'appuyer sur leurs vertus" (Le Comte de Chambord, dans son manifeste du 9 octobre 1870)

Représentation

La monarchie a historiquement conduit le Royaume de France à son plus haut degré de civilisation.

La Monarchie traditionnelle, héréditaire, décentralisée et représentative a fait la France et l’a conduite à son apogée.

Le monarque mieux que quiconque représente la France et la France de toujours...

L’histoire confirme ces simples vérités historiques :

Le bilan des régimes démocratiques, Républiques ou Empire, est autrement lourd : morts par milliers, cinq invasions depuis 1792 (1792,1813,1870,1914,1940), instabilité constitutionnelle, luttes intestines, révolutions, affaiblissement général de la France.

Les Légitimistes travaillent donc au juste retour du régime naturel de notre pays. Ayant condamné le régime politique républicain, et reconnaissant dans la Monarchie Catholique Traditionnelle la vérité historique de la France, ils s’efforcent de la restaurer.   

23/11/2010

Le Royaume de France et le Sacré-Coeur

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Le 19 mars 1682,

Les 72 membres du clergé présents à l'Assemblée adoptent la Déclaration des Quatre Articles ( ou Déclaration de l’assemblée du clergé de France) rédigée par Bossuet, qui rappelle les libertés de l’Eglise gallicane :

1. le pape n’a qu’une autorité spirituelle, il ne peut ni juger les rois, ni les déposer.

2. le concile œcuménique est supérieur au pape.

3. les libertés de l’Eglise gallicane sont inviolables.

4. le pape n’est infaillible qu’avec le consentement de l’Eglise universelle.

 

Voltaire écrit : "L'Assemblée de 1682 crut que le moment était venu d'établir en France une Eglise catholique, apostolique, mais qui ne serait point romaine".

Louis_XIV.jpgLouis XIV demande que les Quatre Articles soient publiés dans toute la France, et enseignés dans les séminaires. Protestation d'une partie du clergé français, ainsi que du pape Innocent XI, qui condamne officiellement la Déclaration le 11 avril. Il refuse l'investiture canonique à tous les évêques nommés par lui. En 1688, 35 évêchés seront ainsi vacants. Pour éviter le schisme, Louis XIV cédera en 1693, informant le pape que la Déclaration ne serait plus enseignée en France.

1683 : Le 18 octobre, à Fontainebleau, Louis XIV révoque l'édit de Nantes (1598).

 

Le 17 juin 1689 : Marguerite-Marie reçoit les Demandes du Sacré-Cœur à la France.

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Marguerite-Marie écrivit une première lettre à la Mère de Saumaise, son ancienne supérieure, en date du 23 février de la même année, afin de la remercier de tout ce qu'elle a fait dans le but de promouvoir le Message du Sacré-Cœur :

« Ah ! que de bonheur pour vous et pour ceux qui y contribuent ! car ils s'attirent par là l'amitié et les bénédictions éternelles de cet aimable Cœur, et un puissant protecteur pour notre patrie ...
Il ne veut établir Son règne parmi nous que pour nous accorder plus abondamment ses précieuses grâces de sanctification et de salut. »

Une seconde lettre, envoyée le 17 juin 1689, est beaucoup plus explicite :

« ... Il me semble que Notre-Seigneur désire entrer avec pompe et magnificence dans la maison des princes et des rois, pour y être honoré autant qu'il y a été outragé, méprisé et humilié en sa Passion, et qu'Il reçoive autant de plaisir de voir les grands de la terre abaissés et humiliés devant Lui, comme Il a senti d'amertume de se voir anéanti à leurs pieds.
Et voici les paroles que j'entendis sur ce sujet : "Fais savoir au Fils aîné de mon Sacré-Cœur, (parlant du Roi de France) que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par la consécration à mon Cœur adorable, qui veut triompher du sien, et, par son entremise, de celui des grands de la terre. Il veut régner dans son palais, être peint dans ses étendards et gravé dans ses armes, pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Eglise. Mon Père veut se servir du roi pour l'exécution de Son dessein, qui est la consécration d'un édifice public où serait placé le tableau de mon Cœur pour y recevoir les hommes de toute la France." »

Cette lettre, qui contient ce qu'on appelle le "Message du Sacré Cœur à la France", a été bien souvent discutée et diversement interprétée. Il est certain que les demandes du Sacré Cœur ne furent pas réalisées par Louis XIV, soit parce qu'elles ne lui parvinrent pas, soit parce qu'il ne se crût pas obligé de s'y conformer. Le Message valait-il pour la France, que le Roi incarnait en 1689 ? Beaucoup de fidèles n'en ont jamais douté.

Sainte Marguerite-Marie ne parle que du roi, car le roi et la France ne font qu'un. Le roi, c'était toutes les âmes de la France réunies en une seule âme. Notre-Seigneur Jésus-Christ l'appelle, Lui : le fils aîné de mon Sacré-Cœur.

 
Quant à l'étendard, pour bien comprendre ce que Dieu veut, il faut savoir que, depuis les temps les plus reculés, la France avait toujours eu un étendard sacré ; un étendard qui reposait dans le sanctuaire de Saint-Denis, à l'ombre des saints protecteurs de la France,2ayl5bdg.gif qui n'en sortait quand quand le roi se mettait à la tête de l'armée, et que l'on allait chercher solennellement à l'heure des périls suprêmes. L'étendard représentait l'âme religieuse de la France, et il flottait au milieu des bannières comme une prière.

C'est un étendard de ce genre que Dieu avait donné à Jeanne d'Arc. Il en avait prescrit la forme et les emblèmes, et Il lui avait ainsi communiqué des vertus qui conduisait la France épuisée à des triomphes inespérés. En 1689, Dieu demandait donc au Roi de France, par l'intermédiaire de Marguerite-Marie, quelque chose de semblable : un étendard sacré qui fût un acte de foi, et qui, indiquerait que, plus haut que la proverbiale bravoure de ses enfants, la France mettait l'appui et la bénédiction de Dieu.

 

Le 15 septembre 1693

Les évêques de France désavouent les quatre articles de la Déclaration de Bossuet, sur la demande d’Innocent XII et avec l’approbation de Louis XIV. Celui-ci informe le pape que la Déclaration ne sera plus enseignée en France. En retour, Innocent XII accepte l'extension du droit de régale à tous les diocèses et investit les évêques nommés depuis 1682.

 

Le 17 Juin 1789 Début de la Révolution Française

Soit 100 ans jour pour jour après la demande de consécration au Sacré Coeur

5 mai 1789, Louis XVI ouvrit officiellement la réunion des Etats généraux dans l’hôtel des Menus Plaisirs à Versailles (aujourd'hui un terrain vague). Dès le 6 mai, les députés du tiers état changèrent de nom, se faisant appeler « députés des Communes » à l'instar du Parlement britannique. L'usage voulait qu'il faille commencer par vérifier les pouvoirs des députés et les députés des communes proposèrent que tout cela fût fait en commun ce que refusèrent le clergé et la noblesse. Au bout d'un mois et ne cédant pas sur leurs exigences, les députés du tiers-état prirent la décision de tout vérifier eux-mêmes le 12 juin avec l'appui de quelques curés. Le 17 juin 1789, sur proposition de l'abbé Sieyès, les députés du tiers-état, considérant qu'ils représentaient les 9/6mes de la Nation, rejetèrent les trois ordres et se proclamèrent Assemblée Nationale. Ainsi, ils décidèrent de s'autoriser à percevoir des impôts et réfléchirent au fait d'écrire noir sur blanc les règles de gouvernement, les attributions de chacun (roi, la_Bastille.jpgministres, députés...) devant être clairement définies dans une Constitution. Il faut dire que cette méthode était déjà employée aux Amériques... Louis XVI se sentit bafoué. Très en colère et sur les conseils de son entourage, il fit fermer la salle de réunion des députés. Cela ne les découragea pas. Trois jours plus tard, ils se réunirent le 20 juin 1789 dans la salle du Jeu de Paume à Versailles. Ils proclamèrent le serment « de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeraient, jusqu'à ce que la Constitution du royaume fût établie et affermie par des fondements solides ». Ce fut le début de la Révolution...

Le 12 Juillet 1790 Début de la Persécution des prêtres

Le projet de constitution civile du clergé fut adopté par la Constituante le 12 juillet 1790.

D'inspiration gallicane, la constitution civile du clergé souhaitait établir l'indépendance totale (sauf en matière doctrinale) de l'Église de France à l'égard de la papauté. Son organisation se calquait sur l'administration civile, les évêchés correspondant aux 83 départements. Les évêques et les prêtres sont élus par les fidèles, constitués en corps électoraux locaux.

Les prêtres se divisent en deux groupes : Les jureurs qui prêtent serment à la constitution, et les réfractaires qui vivent et officient dans la clandestinité, protègés par les populations des Campagnes. Devant l'impossibilité d'imposer la Contitution civile du clergé, l'Assemblée aboli la liberté de culte, et instaure le culte de l'être suprême. Les français, très proches de leurs prêtres, se révoltent dans plusieurs endroits. Le soulèvement le plus connu est celui de Vendée qui a donné lieu à de fortes persécutions. De nombreuses régions se sont soulevées pour protèger leurs prêtres : la Bretagne, Lyon, Toulouse, la Provence ...

 Louis XVI

 Ce fut alors que l'infortuné Louis XVI se décida, mais trop tardivement, à un acte qui eût peut-être conjuré le danger s'il avait été fait à temps. Tombé du trône dans une prison, accablé des malheurs de la France, voyant qu'il n'y avait de ressources nulle part, il se souvint de Marguerite-Marie, du secret qui avait été confié à son aïeul, et il se décida à accomplir enfin cette consécration de la France au Cœur de Jésus, que Dieu avait demandé à ses pères et qui n'avait pas été réalisée.
Cet appel au secours sous forme de vœu, plus qu'une consécration, était-elle pourlouis16-testa.jpg autant conforme aux vœux de Notre-Seigneur ? Lorsqu'il prit cet engagement solennel, Louis XVI n'était plus roi que de nom. Hors, Notre-Seigneur voulait que la France soit consacrée à Son divin-Cœur par un Souverain en fonction, et non pas en roi dépouillé, recourant en dernier recours à Jésus-Christ, au fond d'une cellule, aux Tuileries...

Les Chouans et Vendéens

 Il nous faut rappeler que, durant la Révolution et les années qui suivirent, les Vendéens, révoltés face au régime anticlérical et antichrétien, et autres chouans prirent pour insigne le Sacré-Coeur surmonté d'une Croix, tous deux rouges sur fond blanc, avec cette devise : " Dieu et le Roy ". Ce culte prit alors une signification politique contre-révolutionnaire.

 

 

14/10/2010

29 Septembre 1886 à Sainte Anne d'Auray.

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Discours prononcé par le général de Cathelineau le 29 Septembre 1886 à Sainte-Anne d'Auray 

Mesdames et Messieurs,

C'est le souvenir du passé, le souvenir de nos ancêtres qui nous réunit... Comme eux nous voulons rester fidèles à cette magique devise qu'ils avaient adoptée et défendue et qu'ils nous ont laissée comme un héritage sacré : Dieu et le Roi ! Voilà notre patrimoine. Allons, debout ! pour le défendre : noblesse oblige...

Peuple français, peuple breton réveillez-vous; sortez de votre léthargie ; levez-vous il faut combattre l'usurpation...  Comptez, si vous le pouvez, les héros qui sont sortis de vos rangs ; les martyrs qui se sont fait immoler pour défendre et venger le Christ attaqué, pour défendre et venger la patrie.

Et toi, peuple breton, as-tu oublié le sang qu'il t'a fallu répandre pour conserver ton sol et ta liberté contre le léopard anglais. Tu fus invincible et tu devins si terrible, qu'il suffisait qu'on apprît que tu entrais dans un camp pour que l'adversaire déposât les armes et demandât immédiatement la paix. Telles furent ta puissance et ta gloire ! Plus indomptable et plus résistant que le roc de granit qui borde tes rivages tu avais la fierté du vieux lion dans le désert.

Pourtant un jour, épris des charmes du beau pays de France, subjugué par la grandeur et l'héroïsme de ses rois, tu le respectes et tu te prends à l'aimer... Ton chef, la grande-duchesse de Bretagne, épouse deux de ses Rois ; ta fierté ton ambition sont dépassées ; tu donnes ton coeur à la France ; tu lui jures fidélité... et tes serments tu les as gardés et tu les garderas à la vie, à la mort, à cette France qui t'avait séduit, à ces souverains qui t'avaient entraîné... Aussi, c'est chez toi que nous sommes tous, aujourd'hui, venus nous retremper dans la fidélité...

Oui ! c'est devant les saints que tu invoques que nous venons par la prière ranimer notre foi et grandir nos espérances...  C'est devant " la grande Dame Sainte Anne » comme tu l'appelles, devant Saint Michel, le chef de la milice céleste, dont l'épée est invincible, que nous crions sus à la félonie et à l'usurpation...

Mais pour anéantir la Révolution, source de la félonie et de l'usurpation, pour prier à notre aise, pour élever nos enfants comme nous le voulons et le devons, pour gagner avec fruit nôtre pain quotidien, en un mot pour vivre heureux et dans la paix... Il nous faut, de par Dieu et par la loi, notre roi légitime et chrétien, l'aîné des princes d'Anjou, le plus près du sang de notre magnanime Henri; il nous faut son drapeau, le drapeau sauveur de Jeanne d'Arc, le drapeau blanc.

Vous les voyez ici, nombreux, ils nous entourent -, que de victoires ils nous rappellent ! que de serments gardés ! que de sacrifices et d'héroïsme n'ont-ils pas enfantés!...

Vive le drapeau blanc, vive le Roy !! 

Oui, dans les tristesses de l'attente, répétons, comme nos pères ; vive le roi quand même ! La nuit est sombre et nous enveloppe, mais courage ! après la nuit vient l'aurore, je la vois poindre à votre horizon ; et bientôt, je l'espère, cette réunion, m'en donne la foi   avec le sergent du Christ, notre roi, et la protection du Sacré Coeur de Jésus, nous aurons le triomphe ; l'Eglise sera écoutée, vénérée et défendue ; la France, notre chère patrie, sera ressuscitée.

04/09/2010

La Troupe des Coeurs de Chouans bientôt en Lorraine !

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Le Cercle Légitimiste Robert de Baudricourt en partenariat avec la Troupe des Coeurs de Chouans. Envisage pour l'an prochain la venue en Lorraine de la Troupe costumée composée de combattants des guerres de l'Ouest !

 

Ceci afin de rendre hommage sur les terres de Sainte Jehanne d'Arc, à la mémoire des Vendéens et Chouans qui se sont levés voilà plus de deux cent ans pour défendre l'alliance du Trône et de l'Autel.

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Vous résidez en Lorraine. Vous souhaitez nous aider pour faire en sorte que ce projet devienne une réalité ? 

N'hésitez plus ! Contactez nous rapidement

au 06-46-77-66-85.  

14/08/2010

« Il y a de la mousse sur la route »

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Un dimanche après-midi en Bocage. Une promenade de plus et nous laissons la voiture à l’entrée d’un sombre et quelque peu inquiétant bois de chênes, châtaigniers et autres espèces si propre à notre région. Le pâle et froid soleil d’hiver s’en va doucement, vers là-bas, vers le pays de Charette… La carte de Cassini est formelle, c’est « par là » qu’ils sont passés… Mais comment les Vendéens ont-ils pu se battre ici ? Il n’y a rien, rien que des champs ou des arbres. Il n’y a rien non, mais attendez voir, ça y est le chemin est là ! Il faut donc prendre cette route de ferme dont le goudron s’effrite et dont le milieu est envahi d’herbe. Il y a de la mousse sur la route, signe que plus personne ne passe régulièrement ici depuis longtemps. Ce chemin, pourtant goudronné semble si abandonné, il n’y passe jamais personne faut-il croire. On y  avance, l’air est glacial, rien ne bouge, que quelques oiseaux apeurés. La carcasse d’une vieille auto des années 50 gît là parmi les broussailles, noyée dans la rouille et attaquée de toutes parts par les ronces. Comme le chemin lui-même, elle est le symbole d’un temps révolu tout comme un jour le nôtre le sera, révolu, oublié, méprisé quoi qu’on en dise. Il ne sert à rien de se gausser de modernité car nous serons toujours le passé de quelque chose…. Le chemin se poursuit, se rétrécissant de plus en plus, jusqu’à devenir boueux. Le goudron a disparu et fait place maintenant  à un bourbier glacé qui va se creusant  à mesure de la progression des promeneurs. Le chemin devient creux et de plus en plus sombre. Pas un bruit, le silence est sépulcral et c’est tout juste si la bise parvient à atteindre les branchages tristes qui recouvrent ce sentier lugubre et abandonné. Un élargissement vient, tout à coup perturber la douce continuité du chemin. Un autre chemin que nous n’aurions pas vu sur la carte ? Non, fausse alerte, ce n’est qu’un sentier menant à l’entrée d’un champ. Pas grand chose d’historique de ce côté…. Mais qu’est-ce donc là, derrière ces arbres ? Bon sang ! une croix ! Elle est toute petite, toute ronde, le granit est couvert d’un lichen gluant et froid. Le vieil homme rencontré avant la promenade avait raison. « En allant par là, vous verrez la croix des chouans » avait-il dit. Il n’en savait pas plus, ou peut-être s’était-il tu, volontairement, lassé d’être pris pour un vieux fou dont plus personne n’écoute les discours sur les vieilles histoires du pays. Ce vieil homme marchait péniblement en appelant un jeune chien particulièrement récalcitrant. Il devait être d’ici, de pas loin, de l’une de ces maisons en contre-bas de la colline, ces maisons si difficiles à dater aux tuiles rouges et aux fenêtres vermoulues et  à la peinture écaillée.

 

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Voici donc la « Croix des Chouans », des « Vendéens » plutôt non ? La grande histoire ici se confond avec la petite et le seul souvenir que l’on ait à l’esprit sont ces hommes déterminés avec leurs faux tournées à revers…. Et puis cette horreur, ce feu, ces crimes sans nom… Notre chemin continue et de plus en plus, une impression de paix se dégage. Le chemin nous protège, de quoi, nous n’en savons rien mais il semble moins sombre et moins sinistre au fur et à mesure que nous avançons. Cette impression de crainte du début de la promenade s’est estompée et nous voilà prêts pour des kilomètres, ce chemin nous a donné des ailes.. Se tortillant, tantôt s’élargissant tantôt se rétrécissant, montant, descendant, il nous plonge dans une atmosphère qui nous échappe. Serions-nous devenus insensibles au temps ? La carte nous indiquait un pont qui enjamberait une rivière anecdotique… Point de pont à l’horizon et la précision de ces vieilles données bicentenaires laisse sans doute à désirer. Il n’y a rien par ici et d’ailleurs la végétation est de plus en plus dense, tout à l’heure nous ne pourrons plus avancer. Il est là !!!!!!!!!! victoire !!!!!! Le « pont », le pont est là !!!!!! Il est d’une largeur impressionnante, le triple de celle du chemin ! Comment est-ce possible ? La « bataille » s’est donc déroulée là sur cet amas de pierres, sur ce chemin boueux, le long de ce ruisseau que l’on imaginait énorme. Les chevaux y étaient tombés, les caissons des républicains aussi, mais pourtant ce ruisseau est si petit ! C’est à peine s’il fait trente centimètres de profondeur. Allons ma bonne amie, franchissons le pont et allons voir si le chemin continue. Nous ne traînerons pas car le soir s’avance et le ciel menace de neige. Cet hiver est presque aussi rigoureux que celui de 1794. Mon Dieu, la panique nous prend tout à coup. Quelque chose nous dit de rebrousser chemin au plus vite. De toute façon nous venons de franchir  l’autre côté du pont. Il n’y a plus rien à voir. Une entrée de champ….. Le chemin s’arrête définitivement. La carte indiquait une route qui continuait jusqu’au village pris par les Vendéens mais non, le temps a passé et le chemin s’arrête…. Pour toujours…..

 

Pour toujours se sont arrêtés la vaillance et l’héroïsme de la Vendée, comme son chemin. Gardons l’enseignement de ces braves qui nous ont permis d’être des hommes libres, libres de croire, libres d’aimer. Tiens une cloche sonne dans le lointain…. Cinq heures du soir. Sommes-nous bêtes, c’est l’église du village voisin qui nous rappelle que l’heure de la fin de la balade a sonné et que nous devons rentrer au chaud. Pourtant dans le tintement de cette cloche du Bocage, il y avait comme un message, un ultime message secret, un message venu du tréfonds du passé, que seuls les hommes libres savent décoder. C’était une cloche, rien qu’une cloche, une cloche d’un clocher de…. Vendée…..

 

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Le retour est épuisant, le froid dévore nos mains, la boue n’en finit pas, des ornières profondes voudraient nous retenir et nous empêcher de revenir à notre monde. Il monte ce chemin, j’imagine les cris de « Vive le Roi » derrière les buissons mais il n’y a rien…. Je me mets simplement à la place de ces pauvres femmes qui ont couru là pour sauver leur honneur et leur vie, un bébé malade dans les bras et un autre enfant haletant derrière sa mère. Sans doute qu’eux aussi craignaient la neige qui allait trahir leur passage et les mener à une mort atroce….. La « croix des chouans » est là, encore un bon quart d’heure et nous serons arrivés… La voiture est là, symbole de ce modernisme chaud où nous vivons au quotidien. La voiture n’a pas bougé, elle a attendu patiemment le retour de ces fous à l’insatiable appétit d’un passé révolu mais si beau. C’est promis nous irons offrir un cierge à « Notre-Dame de Beauchêne » pour la remercier de nous offrir son Bocage chaque dimanche.

 

Cette promenade achevée, cette promenade imaginaire qui n’est qu’une synthèse de tout ce que votre serviteur a pu vivre d’émotion en vingt ans d’intérêt pour la Vendée est dédiée à tous ceux qui ressentent l’envie, le besoin de s’évader de cet ennui perpétuel qui fait notre vie moderne. L’histoire n’est pas une contrainte, je ne suis pas certain que soit vraiment une libération, c’est juste un rêve tenace,  un voyage qu’il faut faire. L’avenir plonge ses racines dans l’histoire et comme nous le disions plus haut dans le texte : « Nous serons toujours le passé de quelque chose »…..

 

 

Richard LUEIL / Février 2010