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28/06/2011

ABUS DE FAIBLESSE

 justice,droit,idéologie,pensée révolutionnaire,histoire,démagogie,pierre valanconyNotre arsenal juridique renferme une disposition spécifiquement destinée en certaines occasions, à protéger les contractants les plus vulnérables. Il s'agit de l'abus de faiblesse. A y regarder de près, cette notion pourrait être étendue à de nombreux domaines, en particulier celui des "affaires étrangères". Les Etats et les institutions d'audience internationale sont en effet fréquemment l'objet de mises en cause variées destinées à les déstabiliser et à les déconsidérer aux yeux d'une large frange de l'opinion. En la matière, tous les moyens sont bons.

 Le plus souvent, les pays visés, pour s'en tenir à eux, par le verbe, la plume ou la subversion brutale sont des terres de vieille civilisation ayant joué dans le passé un rôle dominant. Il ne se passe pas un mois sans qu'un accusateur étranger ne se lève, s'érigeant en porte-parole d'un groupe ou de son propre gouvernement. Ceci d'autant qu'en politique, rien n'est mieux venu que le choix d'un bouc émissaire surgi d'ailleurs pour faire oublier au peuple les défaillances de ses propres dirigeants.

Généralement, la victime désignée se tait par peur de la polémique ou persuadée que, dans le contexte actuel, sa voix ne sera pas entendue. D'autant que, souvent, une partie de sa population se rangera, pour des raisons idéologiques ou culturelles, sous le drapeau de l'adversaire. On ne peut oublier ici, pour l'exemple, la fascination qu'exerça sur la noblesse de 1789, la pensée révolutionnaire. Au point que beaucoup abandonnèrent la défense de leurs propres valeurs pour voler au secours des nouveaux dogmes. Ceci, sans prendre conscience qu'ils couraient au désastre. Il faut admettre enfin, que beaucoup d'Etats mis en accusation souscrivent à l'idéologie dominante. Ils se privent de la sorte de tout moyen de riposte.

La France se trouve actuellement sur la ligne de front. Les attaques se multiplient, son passé est revisité, non pour y rechercher la vérité mais afin d'y découvrir des motifs de contestation. L'Histoire est instrumentalisée, utilisée comme une arme plutôt que comme un moyen de connaissance. Voici peu, l'attitude des responsables algériens touchant à la présence française sur la terre africaine nous éclaire sur cet état d'esprit.

Il ne s'agit nullement de nier la violence de certains épisodes historiques. Le passé de l'humanité n'a rien d'un "long fleuve tranquille" et l'actualité immédiate non plus. Tous les peuples, à un moment ou un autre ont légitimé la force et la conquête, chacun à sa mesure. Et si les accusateurs parlent si haut, c'est sans doute pour couvrir le murmure de leur conscience.

Il reste, pour revenir à l'essentiel, à s'interroger sur le fait que la France est appelée, peut-être plus que d'autres, régulièrement à la repentance et à la réparation sonnante et trébuchante du préjudice supposé. Un journaliste connu déclarait l'autre jour, avec humour, que nous devrions demander une indemnisation aux Italiens pour les exactions perpétrées sur le sol de la Gaule par les légions romaines. En l'espèce, les crimes imprescriptibles ne manquèrent pas et pourtant nous sommes, aujourd'hui encore, les héritiers de cette exceptionnelle civilisation. Quoi qu'il en soit, notre pays se voit cloué au pilori essentiellement à cause de sa faiblesse. On ne tient pas semblables discours aux forts.

Certes, le monde actuel n'est pas favorable, la démagogie aidant, aux anciennes nations dominantes. Les hommes qui, dans l'ombre, dirigent les affaires de la planète, tentent de mettre sur pied de nouveaux équilibres, essentiellement économiques, où les Etats traditionnels n'ont plus leur place. Cela provoque un affaiblissement des valeurs communautaires et du sens du bien commun. La mondialisation va dans ce sens et ce courant est en voie de briser toutes les résistances ; de même que la démocratie universelle.

Par ailleurs, dans le même ordre d'idée, nous voyons notre pays se désintégrer moralement, perdre peu à peu son identité et la réalité de son existence. Nous n'avons plus de repères, sinon l'illusion de quelques fausses valeurs empreintes d'hédonisme et de matérialisme. Notre environnement s'est sécularisé, évacuant toute dimension spirituelle. On rend un culte au Père Noël mais on ignore l'Enfant de la Crèche. Nous dilapidons, jour après jour, l'héritage des siècles. Et l'on abuse de notre faiblesse présente. Il est temps de réagir !

PIERRE VALANCONY

(Article paru dans "La blanche hermine")

18/06/2011

Les Croisades : Hugues Ier de Vaudémont

31 mars 1146

Saint Bernard prêche la IIe croisade à Vézelay

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L'appel de Saint Bernard survient un demi-siècle après celui du pape Urbain II à Clermont (1095).

Bernard de Clairvaux songe à la Palestine et l'idée lui vient de proclamer une nouvelle croisade comme le pape Urbain II, en 1095, avec cette fois-ci la participation des souverains et du plus puissant d'entre eux : le roi capétien. Il fait part de son projet à Louis VII qui l'accepte d'emblée.

À la demande de Saint Bernard, le roi convoque toute la noblesse de France à Vézelay pour le jour de Pâques 1146. Sur le parvis de l'église, au sommet de la prestigieuse colline, Saint Bernard prononce une vigoureuse allocution puis fixe une croix de drap rouge sur la poitrine du roi. La préparation de l'expédition prend du temps.

croisésEnfin, à la Pentecôte 1147, l'armée royale s'achemine vers Metz. Elle est rejointe à Worms par les Anglais. Au total plusieurs milliers de combattants et leurs suites. Un certain nombre de Seigneurs de Lorraine répondirent à l'appel de Saint Bernard : l'évêque de Metz Etienne de Bar, l'évêque de Toul Henri de Lorraine, Simon de Parroy, le comte de Vaudémont Hugues Ier...

Le comte de Vaudémont

vaudémont armesPendant six ans, Hugues de Vaudémont, parti en croisade, fut attendu par sa femme Anne de Bourgogne. Hugues Ier est un de ces nombreux nobles de lorraine qui partirent combattre en Terre Sainte. Son aventure dura bien plus longtemps qu'il ne devait l'escompter.

La deuxième croisade qui se déroula de 1147 à 1149, regroupa au final plus de 200 000 croisés. Comme les dates l'indiquent, cette croisade (il y en eut neuf au total s'étalant de 1095 à 1272) ne dura que deux ans. Or, Hugues de Vaudémont resta six ans en Palestine.

De cet homme les textes ne racontent que peu de choses sinon qu'il fut effectivement comte de Vaudémont (aujourd'hui dans l'actuel département de Meurthe et Moselle) de 1108 à 1155. Il épousa Anne de Bourgogne en 1130. Parti donc en 1147, Hugues ne revint sur ses terres qu'en 1153. Sans doute fut-il fait prisonnier lors de la croisade. Quoiqu'il en soit, tout un chacun pensait qu'il était mort, tous sauf sa femme qui aurait résisté à toutes les sollicitations de mariage espérant et attendant le retour de son mari.

Anne de Bourgogne attendit donc durant six longues années le retour de son aimé et l'histoire lui donna raison. Elle le retrouva. Malheureusement, le destin voulut qu'Anne ne puisse profiter du retour de son mari que deux petites années car celui-ci mourut en 1155.

La sculpture de l'église des Cordeliers à Nancy

Cette histoire qui peut ressembler en tout point à un roman de chevalerie, a été immortalisée par une sculpture visible encore aujourd'hui en l'église des Cordeliers à Nancy. Elle représente Hugues de Vaudémont de retour de Terre Sainte, habilé en haillon, accueillie par sa femme.

14/04/2011

14 avril 1711 : décès de Louis de France, le Grand Dauphin

Louis_de_France_1661_1711.jpgLouis de France, dit « Le Grand Dauphin » ou « Monseigneur », n’a jamais régné. Bien qu’il soit l’héritier de la Couronne, il meurt prématurément, avant Louis XIV. Pourtant, son père le prépare à devenir roi. Le Grand Dauphin occupe des postes tant politiques que militaires tout en conservant son goût pour l’art.

Marie-Thérèse d’Autriche, épouse de Louis XIV, donne naissance à Louis de France, en 1661, au Château de Fontainebleau. Dauphin durant sa vie, il reçoit le titre de Grand Dauphin à sa mort.

Le Grand Dauphin, éduqué par Bossuet, jouit d’une bonne réputation auprès de la Cour comme du peuple de Paris. Doté d’une solide culture, passionné par l’art et l’opéra, le fils du Roi, installé dans un appartement à Versailles, témoin de son âme de collectionneur, se rend régulièrement au Palais-Royal  pour y voir un nouveau spectacle. Fidèle à la tradition, le Grand Dauphin chasse régulièrement.

Dans les années 1680, le Roi l’invite à s’investir dans les affaires politiques du royaume. Entré au Conseil des dépêches et à celui des finances en 1682, il obtient même en 1688 le droit d’opiner. A la même époque, il assure ses premières campagnes militaires dont il sort victorieux et admiré de ses troupes.

histoire,grand dauphin,louis de francfe,versailles,chateau de meudon,philippe v,roi d'espagneLe Grand Dauphin partage son temps entre le Château de Versailles et sa propriété de Meudon qui concurrence par son somptueux décor le palais de Louis XIV.  Ce fervent collectionneur y a rassemblé des tapisseries des Gobelins, des tableaux de Poussin ainsi que du mobilier rare.

chateau de meudonPeu de temps avant la mort de son père, il meurt dans son Château de Meudon, le 14 avril 1711 à l'âge de quarante-neuf ans, dans la chambre de son Grand Appartement Frais.  On lui avait prédit « fils de roi, père de roi et jamais roi », prédiction qui se réalisa puisque le Grand Dauphin, fils de Louis XIV fut le père du roi d’Espagne Philippe V

29/03/2011

La Couronne d'épines acquise par Saint Louis

couronne d'épines,sainte chapelle,saint louis,histoire,reliquesLe 23 mars 1237 Baudouin II, prince français de la maison de Courtenay, devint empereur de l'empire latin de Constantinople qui se survivait péniblement. Baudouin alla en Occident à diverses reprises quémander des secours aliénant, à cet effet, les reliques de ses églises. Dans la situation obérée où il se trouva il engagea, contre une forte somme, par un acte du 4 septembre 1238 qui est conservé, la Couronne d'épines à Nicolo Quirino, marchand vénitien.

Saint Louis apprenant cette véritable simonie s'en indigna et se substitua à Quirino. Il envoya aussitôt deux dominicains, Jacques et André de Longjumeau, à Constantinople puis à Venise chercher la relique, accompagnés par les ambassadeurs chargés de régler les questions pécuniaires. Au retour une troupe de gens d'armes, prêtée par l'empereur d'Allemagne Frédéric II, protégeait le convoi. Quand le cortège fut arrivé à Troyes on prévint le Roi ; il quitta Paris pour Sens avec sa mère, ses frères, des prélats de sa maison et de nombreux religieux et seigneurs de la Cour. 

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Chapelle du Sacré-Cœur
Tableau «Saint Louis recevant la couronne d'épines des mains du Christ»
de Michel Ier Corneille l'Ancien (1601-1664) 

La rencontre eut lieu le 10 août 1239 à Villeneuve-l'Archevêque, petite bourgade à six lieues au-delà de Sens. Immédiatement on montre au Roi le coffre en bois dans lequel on transportait le trésor ; mais la curiosité de saint Louis était trop vive pour se satisfaire de si peu. On lui présente les actes établissant l'authenticité de l'envoi ; il vérifie les sceaux intacts et les fait briser. Le coffre ouvert, il voit une châsse en argent d'où l'on retire un vase d'or renfermant la sainte Couronne. Il la prend avec un précieux respect ; puis, s'agenouillant, il la considère longuement et la montre à tous les assistants émus, après quoi le Roi la replace dans le reliquaire et l'on se met en route.

couronne d'épines, sainte chapelle, saint louis, histoire, reliquesLe lendemain, 11 août, on arrive à Sens. Aux portes de la ville Louis IX, son frère Robert comte d'Artois, couverts d'une simple cotte, nu pieds, prennent la châsse d'argent sur leurs épaules. Précédés du clergé de la région avec les reliques de toutes les églises, accompagnés des prélats et seigneurs, suivis d'un immense concours du peuple, ils portent la Couronne d'épines jusqu'à l'église métropolitaine de Sens (dont dépendait alors Paris, érigé en archevêché seulement le 20 octobre 1622 par une bulle de Grégoire XV) où elle reste exposée tout le jour.

Le 12 août le Roi repart pour Paris où, huit jours plus tard, la relique est reçue solennellement. En dehors de la ville (entendons en face de l'île de la Cité), on avait dressé une haute estrade sur laquelle on éleva la châsse afin que tout le monde pût la voir. Avec le même cérémonial qu'à Sens, mais au milieu d'une foule beaucoup plus considérable, le Roi et son frère transportèrent la Couronne d'épines à la cathédrale puis, après l'office, à la chapelle du Palais. ce n'était évidemment pas l'édifice actuel, mais sur le même emplacement, une chapelle fondée par Louis VI le Gros, vers 1020, sous le vocable de saint Nicolas. Après avoir acquis une portion considérable de la Vraie Croix, saint Louis fit bâtir, pour abriter toutes les reliques de la Passion, l'actuelle Sainte-Chapelle, véritable châsse monumentale, dont la dédicace sous le titre de Sainte Couronne d'épines de Notre-Seigneur fut célébrée le 26 avril 1248 par Eudes de Châteauroux, officiant en qualité de légat du Saint-Siège. 

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Chapelle Saint-Louis, bas-côté gauche

 La chapelle fut tout de suite dotée d'un clergé particulier, étant à la fois reliquaire et chapelle privée pour la famille royale qui pouvait y accéder directement du palais. En 1306 Philippe le Bel y faisait transférer, de l'abbatiale de Saint-Denis où il était conservé, le chef de saint Louis, son aieul, pour lequel il avait commandé un buste reliquaire en argent doré rehaussé de pierres précieuses ; et qui portait des trente deux rois depuis Clovis à Philippe le Bel, sur le modèle de la châsse de Charlemagne (canonisé en 1165), que Frédéric II de Hohenstaufen avait fait faire, et qui était flanquée des effigies des empereurs qui lui avaient succédé jusqu'au donateur inclus.

couronne d'épines,sainte chapelle,saint louis,histoire,reliquesLa Couronne d'épines fut conservée à la Sainte-Chapelle jusqu'à la révolution dans une "grande châsse" placée sous une voûte en arrière du maître-autel et plus haut que lui. Cette châsse en bronze doré se fermait par deux portes munies de six serrures différentes et doublées, à l'intérieur, par deux battants en treillies doré avec quatre autres serrures, également différentes. Selon le traditionnel principe médiéval de contrôle, le Roi ne possédait pas seul les cléfs : elles étaient réparties entre le souverain pour les quatre serrures intérieures, et le trésorier de la Sainte-Chapelle pour l'ouverture des deux volets extérieurs. Comme son nom l'indique, ce dernier était en effet responsable du contenu du trésor. ces dispositions firent l'objet de précieux inventaires à chacune des prises de possession de cette dignité ; ils furent publiés de 1907 à 1909 par Vidier.

En 1656 s'opéra un changement dans la répartition des clefs, qui dura jusqu'à la Révolution, en substituant au trésorier de la Sainte-Chapelle le premier Président de la Cour des comptes.

Tous les ans, le Vendredi Saint, et parfois à l'occasion d'autres solennités, le Roi se rendait à la Sainte-Chapelle et exposait lui-même les reliques à la vénération des fidèles.

22/03/2011

Les devoirs du Roi envers Dieu et l'Eglise

gregoire-le-grand.jpg« Le pouvoir a été donné d'En-Haut aux empereurs sur tous les hommes, pour aider ceux qui veulent faire le bien, pour ouvrir plus largement la voie qui mène au Ciel, pour que le royaume terrestre soit au service du Royaume des Cieux ».C'est en ces termes et dans une perspective éminemment Catholique que s'adresse le pape saint Grégoire le Grand (540 - 604) à l'Empereur Maurice.

Patricien, ancien Préfet de Rome, saint Grégoire a un sens élevé de sa mission de pontife ; c'est à la fois un religieux car il est moine du Mont Coelius et un ancien administrateur de haut niveau qui se substitue aux autorités de Constantinople qui gouverne la péninsule de la future Italie. Sujet de l'Empire, le pape fait preuve de loyauté envers le souverain, mais il lui rappelle ses devoirs envers Dieu, envers ses sujets, et à l'égard de l'Eglise, étant entendu que César, reste soumis à Dieu et à l'Eglise y compris dans sa façon de gouverner : en d'autres termes, il ne peut s'affranchir de la loi divine.

histoire,état,église,roi,pape,royauté,catholiqueSaint Grégoire s'inspire de la pensée de saint Augustin pour qui les « royaumes sans justice ne sont que de vastes brigandages » ; aussi insiste-t-il sur le fait que cette justice humaine doit être le reflet de celle de Dieu et que les empereurs et les rois doivent faire règner cette justice : « être roi, cela n'a rien en soi de merveilleux, puisque d'autres le sont. Ce qui importe, c'est d'être un Roi catholique » écrit saint Grégoire à Childebert

Mais qui pourrait dépeindre les vertus sublimes qui firent de Grégoire un prodige de sainteté ?   Durant les treize années qu'il tint la place de Pierre, le monde chrétien sembla, de l'Orient à l'Occident, ému de respect et d'admiration pour les vertus de ce chef incomparable, et le nom de Grégoire fut grand parmi les peuples. Le Royaume de France a le devoir de lui garder un fidèle souvenir ; car il aima nos pères, et prophétisa la grandeur future de notre nation par la foi.

15/03/2011

De la naissance de l'Enfant du miracle, au Château de Frohsdorf

duc de berryQuel beau jour que ce 8 juillet 1815 : Louis XVIII rentrait dans son royaume et la nation acclamait son nom comme l'espoir d'un meilleur avenir. Rien n'était perdu; le Roi était là et le Roi, c'était tout. En quelques années, l'étranger était payé et quittait le territoire, la prospérité renaissait, le commerce et l'industrie prenaient un nouvel essor.
Tout semblait promettre un long avenir de bonheur; soudain, un crime affreux jette la consternation dans le pays; le 13 janvier 1820, le Duc de Berry, fils du futur Roi Charles X, et héritier de la famille royale, venait d'être assassiné par Louis Louvel un fanatique Bonapartiste.
La descendance de Louis XV était-elle destinée à s'éteindre ? Du sein du tombeau brillait une espérance: "Mon amie, avait dit l'infortuné prince à son épouse en larmes, ménagez-vous pour l'enfant que vous portez dans votre sein." Faible rayon au milieu des ténèbres, dernier espoir de la société française ! Dieu permit qu'il ne fut pas déçu, et le 29 septembre 1820, Henri - Charles Ferdinand Marie Dieudonné d'Artois, Duc de Bordeaux, naissait aux Tuileries, les poètes chantaient l'Enfant du miracle.
l'enfant du miracleLa veille au soir, la duchesse de Berry, ne croyant pas que l'évènement fût si proche, avait fait coucher toutes les personnes de son service. Mais, à peine étaient-elles endormies, qu'elles sont réveillées par ces mots prononcés par la princesse: "Allons, vite, vite! Il n'y a pas un moment à perdre." Elles accourent et l'une d'elle, Mme Bourgeois reçoit l'enfant. " Quel bonheur! s'écrie l'heureuse mère, c'est un garçon, c'est Dieu qui nous l'envoie."

A cinq heures du matin, le canon retentit. On devait tirer douze coups pour la naissance d'une princesse et vingt quatre pour celle d'un prince. En un clin d'œil, malgré l'heure matinale, Paris est sur pied. Royalistes et révolutionnaires, tous écoutent, les uns avec l'espoir du dévouement, les autres avec les appréhensions de la haine. L'intervalle entre le douzième et treizième coup ayant été plus long que les autres, beaucoup de personnes furent saisies d'un effroi qui se changea bientôt en joie.

Le 1 er mai 1821 fut le jour choisi pour le baptême de l’enfant du miracle en l'église Notre- Dame. L'éducation de Henri V commença presque au sortir du berceau, on en surveilla jusqu'au moindres détails. Pas un de ses caprices qui ne fût réprimé, par un de ses défauts naissants qui ne fût corrigé; on avait trop à cœur de le voir, un jour, rappeler sur le trône les vertus de Saint Louis, de Louis XII et de Henri IV. Quand le cours de son éducation classique fut achevé, le Prince entreprit une série de voyages qui devaient compléter son éducation militaire et ses études politiques et lui faciliter l'usage des langues étrangères...

château de frohsdorfFrohsdorf :

C’est en 1839 que Jean-Casimir, duc de Blacas d’Aulps, homme de confiance du roi Charles X, fit l’acquisition pour la somme de 175.000 florins sur sa cassette personnelle du château et des terres de Frohsdorf et Pitten situées en Basse Autriche. Par testament, ce dernier laissera le domaine de Frohsdorf et ses terres à « Madame la Comtesse de Marnes, Marie-Thérèse de France, comme une partie de ce que j’ai eu du roi Louis XVIII ».

Ce n’est qu’en 1844, peu de temps après la mort de son oncle le duc d’Angoulême (Louis XIX - roi de France durant vingt minutes très exactement), que le duc de Bordeaux, qui était alors devenu chef de la maison de Bourbon, prenait officiellement le titre de comte de Chambord.

comte de chambordC’est à Frohsdorf que la famille royale, proscrite de France par Louis-Philippe, allait vivre pendant près de 40 ans, de 1844 à 1883, date de la mort du comte de Chambord. Dans cette demeure où « la Cour » allait, pour la première fois, pouvoir pleinement s’installer, le jeune prince, sa soeur la princesse Louise-Marie, future duchesse de Parme et sa tante la duchesse d’Angoulême que tout le monde appelait « La Reine » purent alors faire placer les souvenirs historiques et reliques royales miraculeusement rescapés des Tuileries, qui avaient pu les accompagner dans leur exil et auxquels s’étaient joint les nombreux cadeaux qu’avaient fait de fidèles serviteurs de la monarchie légitime. 

La façade d’entrée du château se déploie sur 9 travées, elle est surmontée d’un important fronton, qui a conservé les grandes armes de France que le prince y fit apposer dès son arrivée, supporté par dix pilastres coiffés de chapiteaux d’ordre composite. Franchissant le porche d’entrée, le visiteur était accuelli par une imposante statue de Jeanne d’Arc, toujours aujourd’hui conservée dans une niche. Puis, il était reçu dans un vestibule ouvrant sur les salons de réception qui se succédaient en enfilade tout au long du rez-de-chaussée de l’aile du midi donnant sur un parc à la française.

château de frohsdorfLe grand salon ou salon rouge qui tirait son nom d’un ensemble de sièges précieusement garnis de tapisseries au petit point sur fond rouge exécutées par la duchesse d’Angoulême. C’est là qu’avaient été regroupés différents portraits historiques dont certains provenaient des collections de la duchesse de Berry.

histoire,l'enfant du miracle,louvel,château de frohsdorf,légitimité,comte de chambord,louis xix,charles x,duc de berryL’enfilade des salons se terminait par le salon gris, celui-là même où s’éteignit Henri V le 24 août 1883. Après la mort du prince, la pièce avait été transformée en sanctuaire par la comtesse de Chambord. C’est dans ces salons que vivaient le comte et la comtesse de Chambord entourés de leurs neveux Bourbon-Parme qui à partir de 1864, date de la mort de leur mère, vinrent vivre le plus souvent à Frohsdorf. La pièce la plus émouvante du château de Frohsdorf était sans conteste la chambre où s’éteignit la duchesse d’Angoulême en 1851. La princesse y conservait dans une armoire reliquaire toute une série de pieux souvenirs lui rappelant la douleur de sa captivité au Temple.

chapelleSituée dans l’aile Nord du château, la chapelle du château, qui était dédiée à Saint Jean, avait été transformée par le comte de Chambord en 1859 avec un décor de pilastres de marbre veiné rouge et de frises de stuc blanc et or mêlant fleurs-de-lys et croix de Saint Esprit tandis qu’au centre du plafond, une importante peinture figurait l’apothéose de l’empereur Saint Henri sous les traits du comte de Chambord en manteau royal.

30.jpgLa deuxième guerre mondiale n’épargnera pas le château de Frohsdorf. Il sera d’abord réquisitionné en 1941 par l’occupant allemand qui le transformera en hôpital militaire avant d’être contraint de le quitter en 1945 face à l’avancée des armées soviétiques. Ce sont les soldats russes qui vandalisèrent alors de nombreux tableaux de taille importante qui étaient restés dans la demeure tandis qu’ils brûlèrent ou pillèrent. Le château fut ensuite abandonné et fermé pendant dix ans avant d’être finalement récupéré en 1955 par les Postes autrichiennes. Il fera ensuite l’objet d’un programme complet de restauration qui sera effectué entre 1961 et 1968 pour un montant total de 72 millions de schillings autrichiens, avant d’être transformé en centre de formation des télécommunications. Les décors des salons de réception seront soigneusement reconstitués, la chapelle fera l’objet d’une restauration exemplaire mais les appartements des étages seront, eux, irrémédiablement détruits et cloisonnés pour être convertis en salles de réunion et chambres.

En 2005, les Postes autrichiennes ont revendu le château de Frohsdorf à un promoteur immobilier qui souhaitait transformer la demeure en appartements de luxe mais les travaux semblent aujourd’hui stoppés et le devenir de cette demeure chargée d’histoire semble aujourd’hui très incertain.

  

10/03/2011

La main de justice

Main_Justice_Louvre_2.jpgLa main de justice est un insigne du pouvoir royal en France qui indique que le Roy peut rendre la justice.

Cette main de justice en ivoire richement décorée a servi lors du sacre des rois capétiens. Les trois doigts sont le symbole de la Sainte Trinité qui confirme le pouvoir religieux du roi, notament le pouvoir de guérir des écrouelles. La main de justice réunit donc la puissance justicière du roi à sa puissance religieuse.

Peu de récits du sacre des roi capétiens existent, ce qui rend difficile l'établissement d'une chronologie de l'apparition de la main de justice. De retour de croisade contre les Albigeois, Louis VIII meurt lors de l'année 1226. L'héritier du trône, Louis IX (Saint Louis) n'a alors que douze ans. Blanche de Castille s'empresse alors dem071404_0000061_p.jpg procéder au sacre de son fils. Lors de la cérémonie il reçoit, des éperons d'or, une épée, un anneau et un bâton qui se termine par une main d'ivoire ouverte ayant trois doigts étendus. Il semblerait que ce soit pour la première fois de l'histoire que cet objet apparaisse. Lors de son serment, il s'engage à faire régner la paix et la justice, et tel Dieu à être miséricordieux. Louis IX attache une importance particulière à ce que justice soit rendue. Ainsi l'imagerie populaire n'hésitera pas à représenter Saint Louis à l'ombre d'un chêne n'hésitant pas à régler de par sa personne les différends entre ses sujets. De par sa justice il contribue au renforcement du pouvoir royal.

Lors de la cérémonie du sacre, la main de justice est remise après le sceptre, dans la main gauche du souverain. Après la cérémonie, elle est confiée au trésor de l'abbaye royale de Saint-Denis avant d'être ressortie pour le prochain sacre.

21/02/2011

HISTOIRE ET NATURE DE LA RÉVOLUTION « FRANÇAISE »

louis-xvi-execution.jpgLes origines de la France contemporaine, l'arrachement de notre pays à l'Église et à sa monarchie, et sa remise à un État républicain, laïque et libertaire, sont rationalistes et maçonniques.

Au XVIIIe siècle, les « philosophes des Lumières » et les « sociétés de pensée » travaillent à émanciper le peuple de l'Église à laquelle il est profondément attaché. Mais ils se heurtent à l'obstacle formidable de la monarchie très chrétienne qui leur fait barrage en interdisant la franc-maçonnerie. Renonçant à la gagner et à la dominer, les adeptes de la secte se jureront de la renverser ; Dieu et le roi ont partie liée. L'aide de l'étranger, de l'Anglais ennemi, jaloux de la France, y est nécessaire. Et voilà le beau complot anticatholique et antimonarchiste, qui exacerbe les mécontentements, suscite des troubles dans le royaume, soudoie des agitateurs à Paris, puis déclenche enfin la Révolution de 1789.

Le but est atteint le jour où la Convention prononce la déchéance du roi Louis XVI, ordonne l'ouverture de son procès et enfin le conduit à la guillotine. Ce martyre, histoire,révolution,contre-révolution,franc-maçonnerie,louis xvi,convention,terreur,france catholique et royalevoulu par les loges en haine de la foi, décrété au nom du peuple français, brise l'alliance millénaire de la nation avec son roi, et, plus haut que lui, avec « Jésus-Christ, qui est vrai Roi de France » (Sainte Jeanne d'Arc). C'était le 21 Janvier 1793, et le crime moral en sera renouvelé le 29 Juillet 1830.

Tous les pères de famille, tous les patrons, furent ce jour-là guillotinés en effigie, car le roi était leur vivante image et le garant de leur autorité naturelle. Dieu est détrôné avec le roi. La déesse Raison est adorée siégeant sur l'autel de la cathédrale de Paris ; elle représente l'homme qui se fait dieu comme déjà il s'est fait roi. La République proclame la souveraineté du peuple et l'instaure dans le sang de la famille royale, des prêtres, des nobles et d'innombrables gens du peuple, bons catholiques ou simples mécontents. Déjà, quelles hécatombes au nom de la Liberté ! La Terreur, qui présage les horreurs des États totalitaires modernes, a commencé l'année de la mort du roi.

Les principes de 1789 conduisent mécaniquement à la recherche de la destruction totale du christianisme. Le principe comme le but de la révolution est d’éliminer le christianisme tout entier, la révélation divine et l’ordre surnaturel, pour s’en tenir uniquement à ce que ses théoriciens appellent les données de la nature et de la raison. Lisez la « Déclaration des droits de l’homme » soit de 89, soit de 93, voyez quelle idée l’on se forme, à ce moment-là, des pouvoirs publics, de la famille, du mariage, de l’enseignement, de la justice et des lois : à lire tous ces documents, à voir toutes ces institutions nouvelles, on dirait que pour cette nation chrétienne depuis quatorze siècles, le christianisme n’a jamais existé et qu’il n’y a pas lieu d’en tenir le moindre compte. C’est le règne social de Jésus-Christ qu’il s’agit de détruire et d’effacer jusqu’au moindre vestige. La Révolution, c’est la nation chrétienne débaptisée, répudiant sa foi catholique traditionnelle, et cherchant à se reconstruire, en dehors de l’Évangile, sur les bases de la raison pure.

Sous l’excitation de diatribes furieuses et de calomnies atroces, on vit surgir en France en 1789 une bande de scélérats tel qu'il ne s'en était jamais vu sur la scène du monde. Auprès de ces forcenés, les Césars païens les plus cruels pouvaient passer pour des hommes modérés ; et c’est avec raison que Macaulay a pu appeler ces massacres à froid « le plus horrible événement que raconte l’histoire ». Tant il est vrai que l’idée de Dieu une fois disparue, il fait nuit dans l’âme humaine, et qu’on peut y prendre au hasard le vice pour la vertu, et le crime pour la légalité !

C’est bien en 1789 que la France a reçu la blessure profonde dont elle souffre depuis lors, et qui pourra causer sa mort si une réaction Légitimiste, Contre-révolutionnaire forte et vigoureuse ne parvient pas à la ramener dans les voies d’une guérison complète...

 

08/02/2011

L'obélisque de Stofflet à Maulévrier (Anjou)

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Un curieux monument se dresse près de l'entrée du château Colbert à Maulévrier. Caché par un bouquet d'arbres, cet obélisque couronné d'une fleur de lys perpétue la mémoire d'un valeureux général de l'armée catholique et Royale, Jean-Nicolas Stofflet.


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  C'est sous la Restauration que furent érigés nombre de monuments en l'honneur des chefs vendéens : les statues de Cathelineau au Pin-en-Mauges et de Charette à Legé, le tombeau de Bonchamps à Saint-Florent-le-Vieil, etc.


Stofflet n'eut pas les honneurs d'une statue, mais d'un obélisque offert par le comte de Colbert-Maulévrier à son ancien garde-chasse. Le monument fut dignement fêté par une foule venue nombreuse, le 20 juin 1826. 
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On lit sur le côté orienté vers le château l'inscription suivante : À la mémoire de Jean-Nicole Stofflet, né le 3 février 1753 à Barthellemont*, arrondissement de Lunéville, général en chef de l'armée royale du Bas-Anjou, mort à Angers le 26 février 1796. Toujours fidèle à Dieu et au Roi, il mourut en obéissant. Et au dos : Ce monument fut érigé par Édouard Victurnien Charles René de Colbert comte de Maulévrier 1820. 


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La duchesse de Berry vint s'incliner devant ce monument, lors de son passage à Maulévrier, le 8 juillet 1828.

(* Bathelémont-lès-Bauzemont)

 

 

 Vu sur le site Vendéens et Chouans :

http://guerredevendee.canalblog.com/archives/2011/02/04/2...  

 

26/01/2011

Mise au point sur les Croisades

croisade1.jpgLes Croisades ont une image très négative dans l'opinion publique des sociétés occidentales contemporaines. Cela provient d'une désinformation systématique qui a été relayée par les révolutionnaires marxistes et tiers-mondistes. Elle permet de culpabiliser les Occidentaux et de miner les fondements des sociétés européennes ainsi que d'exonérer le monde arabo-musulman de ses responsabilités, de ses blocages et de ses insuffisances. Les arguments habituellement présentés sont simplistes et souvent contradictoires.


On veut absolument nous faire croire que les Croisades furent une agression contre le monde musulman. Cette affirmation fait fi de la chronologie et de la réalité historique. C'est l'Islam, à la suite de la prédication du prophète Mahomet, qui s'est étendu au moyen de la conquête militaire. Cette conquête, trop souvent pudiquement appelée "expansion musulmane", a été jalonnée de nombreuses exactions et massacres. Des communautés chrétiennes, parmi les plus anciennes n'ont eu d'autre choix que la conversion ou le statut d'inférieurs ou "dhimmis" que l'Islam reconnaît aux "gens du livre". Ce statut de "protégés" est en fait totalement discriminatoire et comporte un certain nombre d'obligations comme le paiement d'un impôt et le port d'un vêtement ou de signes spéciaux. Les communautés chrétiennes ont, dans un certain nombre de cas, pu survivre à la conquête musulmane comme en Egypte et en Syrie, mais le nombre de leurs fidèles a considérablement baissé au cours des siècles et de nombreux lieux de culte ont été confisqués par les autorités musulmanes pour être transformés en mosquées. Dans d'autres régions, comme en Afrique du Nord, les communautés chrétiennes ont simplement totalement disparu au bout de quelques siècles. Les terres reprises aux arabo-musulmans et aux Turcs n'étaient pour certaines que passées depuis fort peu de temps à l'Islam. Antioche, prise par les croisés, n'était que depuis douze ans aux mains des Turcs.

Les croisades sont donc une "reconquête", à l'image de la Reconquista espagnole menée pendant plusieurs siècles par les royaumes chrétiens du nord pour libérer le pays de l'Islam et qui ne s'achèvera qu'en 1492, avec la prise de Grenade. Les Croisades furent également uneleee.JPG entreprise de libération des chrétiens d'Orient, un motif invoqué par le Pape Urbain II quand il prêcha la première croisade à Clermont en 1095.

 

Ceux qui ont en charge l'éducation de la jeunesse aujourd'hui (L'école de la république), enseignent de manière scandaleuse et mensongère à nos enfants que les Croisades étaient l'expression du fanatisme et de l'intolérance de la religion chrétienne. Cet argument reflète les préjugés de notre époque matérialiste et athée à l'encontre de toute affirmation de la foi religieuse.

Il faut à cet égard rappeler la cause immédiate de la première croisade. La ville sainte de Jérusalem occupait une place centrale dans l'imagination médiévale. Mais le calife musulman Al-Hakim entreprit de détruire le Saint-Sépulcre et d'interdire l'accès des Lieux Saints. Les Chrétiens ne voulaient pas au départ s'emparer militairement des Lieux Saints. Ce n'est que lorsqu'il s'avéra impossible d'aller s'y recueillir que germa l'idée de Croisade. Dès que l'accès aux Lieux Saints redevint possible, les Croisades s'arrêtèrent.


Les Croisades sont souvent qualifiées volontairement par les "bien-pensants" de "guerre sainte". Afin d'être mises en parallèle avec la guerre sainte musulmane ou Djihad. Le Djihad est un devoir pour tout bon musulman qui doit répandre par les armes la religion de Mahomet. Le monde est un vaste champ de bataille et le but final est la conversion de tous à la foi du Prophète.

Ce parallèle des idéologues des droits de l'homme avec la croisade est fallacieux et malhonnête. Le Christ n'a jamais été un chef politique et militaire alors que Mahomet a encouragé la conquête violente et s'est présenté comme le chef d'une communauté autant religieuse que politique qui s'appelle l'Umma. Le monde païen antique est passé à la nouvelle religion du Christ pacifiquement par la prédication.

La Croisade fut une institution temporaire, fruit de circonstances particulières et née de la nécessité de défendre la Chrétienté tandis que le Djihad est une institution permanente créée dans un but évident de conquête religieuse. Les Croisades, plutôt que des "guerres saintes", sont des "guerres justes" qui sont à distinguer des guerres privées. La Croisade fut avant tout un pèlerinage armé. La prise de la croix ressemble au voeu du Pèlerin. La croisade est ponctuée de messes, de jeûnes, de processions. 

 

Autre argument qui revient souvent, on nous rabâche que les Croisades ont obéi à des motivations purement économique... Cette affirmation a été sans cesse répétée à des générations d'élèves et d'étudiants par des professeurs d'obédience marxiste pour lesquels tous les faits historiques s'expliquent par des raisons économiques. Il s'agit de réduire les Croisades à de vulgaires pillages organisés dans le but de s'emparer de nouvelles terres.
Il est exact que l'Occident connaissait depuis l'an mille une forte poussée démographique. Les défrichements nombreux des forêts en sont une preuve. Cependant, les terres disponibles sont encore très nombreuses en Occident. On ne voit pas bien l'intérêt des paysans d'Occident d'entreprendre un périlleux et long voyage pour un résultat très aléatoire. Les terres de Syrie et de Palestine n'étaient pas très fertiles et on y pratiquait un élevage dans le cadre du nomadisme.

180px-Chatillon_Urbain2.jpgLes Croisades ne sont en aucun cas une "colonisation" de peuplement. Les Croisés ne furent en Terre sainte qu'une minorité noyée. Les rois francs de Jérusalem ne disposeront pour se défendre que d'un peu plus d'un millier de chevaliers. Le même argument vaut pour les chefs croisés qui avaient dans l'aventure tout à perdre et rien à gagner : Raymond de Saint-Gilles, le comte de Toulouse, était un des plus grands princes d'Occident. Godefroy de Bouillon, duc de Basse Lorraine, refusera le titre de "roi de Jérusalem", préférant le titre d'avoué du Saint-Sépulcre et se retrouvera à la tête d'un modeste Etat. Certains chefs croisés se sont même endettés personnellement pour partir en croisade.

 

Les dates clés

 
1095-1099 : Première croisade.

 1095 : La première croisade est prêchée par Urbain II à Clermont.

 1096 : les croisades populaires sont conduites par Pierre l'Ermite.

 1099 : Prise de Jérusalem par les croisés. Fondation du royaume franc de Jérusalem.

 1147-1149 : Deuxième croisade.

 1187 : Les croisés défaits à la bataille d'Hattin.

 1189-1192 : Troisième croisade.

 1202-1204 : Quatrième croisade.

 1204 : Les Croisés prennent Constantinople.

 1248-1254 : Septième croisade conduite par Saint Louis.Hdf1960_19CSaintLouis_WEB.jpg

 1270 : Huitième croisade.

 1270 : Saint Louis meurt devant Tunis.

 

A noter


"L'idée de la croisade fut bien l'oeuvre propre du pape Urbain II. Il en garda longtemps le secret et ne révéla son projet que soigneusement mûri, dans un manifeste solennel, au concile de Clermont-Ferrand, le 27 novembre 1095. Ce jour-là il appela la chrétienté aux armes pour la délivrance du Saint-Sépulcre, pour la délivrance aussi des chrétiens opprimés par l'Islam (...).

 

La perle du siècle dernier !

Le maire socialiste de Clermont a patronné lors de l'anniversaire du début de la première Croisade en 1995 un voyage de jeunes de sa municipalité. Il s'agissait de demander pardon aux Musulmans pour les horreurs commises par les Croisés...

Les Chrétiens d'Orient victimes de la montée quotidienne du fanatisme islamiste, comme nous l'avons vu dernièrement en Irak et plus récemment encore en Egypte doivent sans aucun doute apprécier ce genre d'initiative de la politique républicaine de la "lâche repentance"... !